‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et son époqueChapitre 290 sur 291 · Auj. MontreuilIoD, Nièvre, arr. et c. Chàteau-Cbinon · texte numérisé non relu

Auj. MontreuilIoD, Nièvre, arr. et c. Chàteau-Cbinon

BBRTRAXD DU GOISCLlIf. I — 39

du dit Rolierl, par lesquelx semblanz il esloit avis à ycellui Robert la dite femme devoir estre legierement meue de consentir à sa volenté, feust aie après jour failli, avecques lui lez diz deux compaignons, en Tostel où demeure le dit Billart ; lequel, quant il les senti venir, s'en ala et parti de son hostel, sanz ce que les diz exposanz le touchassent. Et sa dite femme s'en ala et destourna chiez un de ses voisins où les diz exposanz la prindrent et emmenèrent, non obstant qu'il lui en despleust. Et par force le dit escuier la détint avecques lui, d^un lundi jusques à Tautre, et la cognut charnelment. Après lequel fait, la dite femme fu interroguée par le prevost de Montruillon dequelle prevosté elle est ; et afferma que le dit escuier et autres devant diz ne li ûrent onques chose par quoy elle se deust doloir d'eulx, et que elle ne s'en plaignoit en riens, et ne leur demandoit riens ne entendoit à demander. Neantmoins, depuis ces choses, le mari et le père de la ditte femme ou autres, par leur conseil et ennortement, ont fait plaindre la ditte femme et denoncier à justice que elle a esté par le dit escuier violée et efforcée, par quoy justice s'efforce de procéder contre les diz exposanz et fait pour ce empeschier leurs terres, possessions et biens, en nous humblement suppliant que, comme yceulx exposanz aient esté tout leur temps de bonne vie et renommée, non diffamez de villain blasme, sur ce leur vueillions impartir nostre grâce. Pour quoy nous, ces choses considérées, aus diz Robert de Varigny, Phelippe de Poissons et Jehan de la Rivière, autrement d'Yonne, et à chascun d^eulx, ou cas dessuz dit, avons remis, quittié et pardonné, quittons, remettons et pardonnons, de nostre auctorité royal, plain povoir et grâce especial, par ces présentes, le crime du dit fait, avecques toute peinne, amende et offense corporelle et criminelle en quoy eulx pevent avoir encouru, pour ce, et les restituons à leur bonne renommée, au pais et à touz leurs biens, en imposant silence perpétuel à nostre procureur et à touz justiciers, quant à poursuir les dessuz diz criminelment, parmi ce que satisfaccion sera faite à partie d'amende civile, et que la dite Jehanne et sa postérité sera mainmise par le dit escuier, en tant qu'il regarde le loyer de servitute dont elle est loyée envers lui, et qu'il puet ou pourroit touchier ycellui escuier ou ses hoirs, premièrement et avant toute ouvre. Si donnons en mandement au bailli de Saint Pierre le Mousticr et à touz nos justiciers ou à leurs lieuxtenans et à chascun d'eulx, si comme à lui appartendra, que les diz supplianz et chascun

d*eulx facent et lessent joir et user de nostre présente grâce et remission paisiblement, sanz Ics^molester ou souffrir molester en corps ne en biens au contraire ; mais, se leurs corps ou leurs biens estoient pour ce pris, saisiz ou arrestez, leur mettent ou facent mettre au délivre. Et pour ce que ce soit ferme et establo chose à tousjours, nous avons fait mettre nostre seel à ces présentes, sauf en autres choses nostre droft et Tautrui en toutes. Donné à Paris, Tan de grâce mccclxxtiii, et de nostre règne le xv», ou moys de may.

Es requestes tenues par vous (Pierre d'Orgemont, chancelier de France), du commandement du roy.

J. Yvon. F. de Métis.

(Arch. Nat., sect. hist., JJ112, n» 240, f» 132 v.)

1379 (n. st.), Ik marSf Sentis. Chartes V confirme tes statuts d'une confrérie de charité fondée naguère à Châtons-sur^ Marne, par Jean de Châteauvillain, évêque de celte ville.

Charles, par la graco de Dieu roy de France, savoir faisons à touz presens et avenir que, nous, aians affeccion et désir de acrois* tre et augmenter le service de Nostre Seigneur et nous libéralment condescendre à toutes euvres de pitié et de devocion qui pevent estre à la louange de Nostre Sauveur et au prouGt et salut des âmes de nos subgiez, considerans aussi les aumosnes et autres biens qui ont esté faiz et seront d'ores en avant en la confrarie de charité ja pieça encommencée et ordenée en nostre ville et cité de Chaalons ainsi que par inspiracion divine et le conseil de feu Jehan de Chastelvilain', lors evesque de Chaalons, si comme Ten nous a donné à entendre, ycelle confrarie avons aggreable et de nostre auctorité royal, certaine science et graco especial, par ces présentes approuvons et voulons estre maintenue et gardée selon les ordenances et en la manière qui s'ensuivent.

1. Jean de Ghâteauvillain, éTéque do Chàloos-sur-Blarne, de 1284 à

Premièrement, que ceulz et celles qui sont et seront en la dite confrarie seront tenuz de mettre peine et diligence à faire et acomplir les dittes ordenances, selon leur devocion et Taisement que Dieu leur aura donné.

Item, il y aura trois personnes qui gouverneront la ditte contrarie, lesquelz ne pourront ne devront recevoir en ycelle personnes aucunes, senon qu'il soient de bonne famé et renommée, ne estre à aucun accort ou assemblée contre noz droiz et le bien commun, et que ceulz qui y seront mis et retenuz ne seront en sentence d^escommeniement et promettront de non estre dès lors en avant à leur povoir, ne vendre ou acheter le jour de dymencbe fors que en cas de nécessité, et se devront garder à leur povoir de dire paroles deshonnestes, de jurer vilainement, de dire mal d^autruy et tenir autrui cbatel, senon par le gré des personnes à qui le dit cbatel appartendroit, et par especial de faire et dire cbose qui soit contre leur sauvement et dont esclande puist venir à la ditte confrarie.

Item, pour acquérir et avoir la grâce du Saint Esperit,cbascun de la dite confrarie dira touz les jours sept foiz Pater noster et sept fois le AveMaria^ en Fonneur des sept dons du Saint Esperit. Et, quant il vouldront mengier à table comme à disner et à soupper, touz ceulz qui ne sauront dire grâces diront une foiz PcUer noster et le Ave Maria devant mengier et semblablement après, afîn que Dieux leur doint si deuement prandre leur refeccion corporèle que il en puissent venir à la espirituèle.

Item, se mettront en bon estât pour recevoir leur Sauveur, trois foiz chascun an au mains, c'est assavoir à Noël, Pasques et Penthecouste. Et, pour acomplir les ouvres de miséricorde qui sont faittes en la ditte confrarie, chascune personne décolle y devra donner chascune sepmaine un denier et le bailler à certaines personnes qui sont ordenées et commises par les parroisses de Chaalons pour le recevoir, et lesquèles en rendent compte aus diz trois gouverneurs, une foiz le mois.

Item, semblablement les diz trois gouverneurs rendront compte à toute la compaignie de la ditte confrarie, deux foiz Tan, de tout ce qu'il recevront et de l'usaige où il l'auront emploie : desquelz deux comptes l'un sera rendu le jour de Saint Nicolas d'yver et Tautre le prochain dymencbe de devant l'Ascension ; auquel dymencbe seront muez les diz gouverneurs, se mestiers est, ou retenuz en leurs offices.

Item, les diz trois gouverneurs feront chanter cbascune sepmai ne quinze messes pour les âmes de touz ceulz et celles qui ont esté, sont et seront de la ditte confrarie et qui y ont donné et donrront de leurs biens ou Tont aidié.ou aideront à maintenir et avancier, lesquèles quinze messes seront célébrées en certaines églises de Chaalons, selon Vordenance des diz gouverneurs. Toutes voies, par le conseil des plus sages et nobles personnes dMcelle confrarie, une des dittes quinze messes sera ditte continuelment touz les jours en Teglise de Nostre Dame de Chaalons par propre chapellain lequel ne sera tenuz à dire autre messe que celle tant seulement. Et aussi feront les diz gouverneurs chanter chascun an quatre messes solennelles, là où il les vouldront ordener, desquèles la première qui sera du Saint Esperit sera chantée le prochain dymenche après PAscension, la seconde de Nostre Dame le dymenche prochain ensuivant après la feste Nostre Dame de mi aoust, la tierce des Mors le prochain dymenche devant la Toussaint, et la quarte qui est aussi des Trespassez le prochain dymenche après les Brandons. Et à ch^Bcune d'icelles messes Ten fera un sermon, et y seront leues les ordenances de la ditte confrarie. Et feront les diz gouverneurs guérir aus despens de la ditte confrarie povres enfans orphenins et autres malades de leurs chiefs, se il n^ont de quoy le faire du leur.

Item, aura en la ditte confrarie vingt six liz gamiz de draps et couvertures, dont il en aura deux à Tospital de Saint Lyenart pour couchier les pauvres trespassans ; et les autres vingt quatre seront ordenez pour prester aus povres femmes gisans et à povres escoliers. Et visiteront les diz gouverneurs, touz les mois, soixante dix povres neccessiteux, lesquels il auront escript par noms et s3urnoms; et lors leur porteront en leurs maisons et donneront des biens do la ditte confrarie, à chascun d'iceulz povres selon leurs neccessitez. Et s^il avient que aucuns d'iceulz povres voisent de vie à trespassement, il en prandront et mettront un autre en son lieu, pour touz jours avoir le dit nombre acompli.

Item, cbascune religion des mendiens de Chaalons aura, chascun dymenche, des biens de la ditte confrarie, dix pains blans tels comme l'en a accoustumé de faire en la ditte ville. Et avec ce en donrra Pen, chascun an, grant quantité aus povres malades des hospitaulz et aus povres prisonniers.

Item, achèteront les diz gouverneurs, touz les ans, grant quan-

iité de pourpoins et de soulers, lesquelz il donrront, à rentrée d^yrer, là où il sauront qu'il seront bien emploiez.

Item, feront chascun an une donnée de pain, generalment par toute la ditte ville de Cbaalons, à touz povres qui en rouldront prandre, laquèle se fera continuelment es festes do Noël, pour ce que povres genz ont lors plus grant neccessité que il n'ont en autre temps. Et montera la ditte donnée communément à soixante

sextiers de blé.

Item, quant aucune personne de la ditte confrarie sera malade, il pourra mander les diz gouverneurs lesquelz devront aler devers elle, pour la aidier à conseillera leur povoir; et se elle estoit en* combrée d'autrui chatel, dont elle ne peust finer, il le devront paier pour elle jusques à la value de dix solz, si elle le requiert.

Item, quant aucune personne de la ditte confrarie sera alée de vie à trespassement, les diz gouverneurs ausquelz Ten le fera savoir y devront estre, quel jour que ce soit. Et, le corps mis en terre, il regarderont le plus prochain jour de la sépulture après feste ou dymenche auquel Ten fera lire le psaultier et dire vigiles des mors et chanter une messe de Hequiem solennèle là où il plaira aus diz gouverneurs, à laquèle on fera offrande de pain, de vin et chandelle aus despens de la ditte confrarie, et savoir et signiûer à ceulz et celles de la ditte confrarie, pour y estre, se il en ont l'aisement et devocion. Et combien que il y soient ou non, se devra dire chascun les sept psaulmes ; et ceulz qui ne les sau* .ront, quarante foiz le Paier nostcTj et autant VAve Maria pour Tame du dit trespassé. Et aussi, quant deux personnes seront en .mariage, et Tun dUceulz qui ne sera pas de la confrarie yra de vie à trespassement, mais que Tautre en soit, pour ce que il aura aidié à gaigner le denier que son compaignon aura donné, chascun •et chascune de la ditte confrarie devra dire les sept psaulmes ou quarante foiz le Pater noster et le Ave Maria, par la manière •que dit est; et les diz gouverneurs en feront dire une simple messe là où il leur plaira. Et se il a aucune personne, de quelque «stat que elle soit, en la ditte confrarie, qui bien et honnestement ne se maintiengne, selon la bonne ordenancede la ditte confrarie, ou qui face ou die contre son honneur ou en la deshonneur et osclande d'icelle confrarie, mais qu'il soit sceu, les gouverneurs dessus diz le lui devront moustrer ou faire dire secrètement ; et, se amender ne se vouloit, yceulz gouverneurs, par le conseil de

quatre ou cinq des plus souffisans et nobles de la ditte confrarie, le porront mettre hors et rabaire son nom du livre d'icelle.

Si donnons en mandement au bailli de Vermendois' et à touz nos autres justiciers ou à leurs lieuxtenans presens et avenir et à chascun d'eulz, si comme à lui appartendra, que contre la teneur de ces présentes il ne facent ou attemptent ou seuffrent estre fait ou attempté ores ne ou temps avenir en aucune manière, mais de nostre présente grâce facent et laissent joir les personnes do la ditte confrarie et touz autres dont il appartendra, sanz contredit ou empeschement aucun. Et aûn que ce soit ferme chose et estable perpetuelment, nous avons fait mettre nostre seel à ces lettres, sauf en autres choses nostre droit. Donné à Senliz le ximejour de mars, l'an de grâce milccLXXviii,et le xv« de nostre règne.

Par le roy,

J. Tabari.

(Arch. Nat., sect. hist., JJ114, n« 251, f»» 129 v<> et 130.)

1. Chàlons-sar-Marne et Reims ne faisaient pas partie de la Champagoe comtale el ressortaientj au moyen âge, au bailliage de Ycrmandois.

l'enfance de du GUESCLIN.

Lieu natalj famille de Bertrand et date approximative de sa naissance. — Prétentions généalogiques. — Branches diverses des du Guesclin. — Les nourrices au moyen Age. — Légende des premières années. — Laideur. — Rudesse^ impétuosité, Oerté. — Prédiction d'une religieuse. — Instruction primaire au quatorzième siècle; clercs mariés. — Amusements guerriers en compagnie de petits paysans. — Double caractère de la société à l'époque féodale : inégalité des conditions; communauté des habitudes et familiarité des mœurs. — Fuite de la maison paternelle et séjour à Rennes. — Lutte victorieuse contre un paysan breton. — Retour à la Molte-Broons. — Habitudes de générosité; largesse envers les pauvres. — Triomphe au tournoi de Rennes (1320-1341). . . . 1 à 29

Charles de Blois et Jean de Montfort. '— Situation des deux partis en présence. — Qualités et défauts des Bretons. — Caractère de Charles de Blois. — R61e des principaux membres de la famille do Guesclin dans la guerre de la succession. — Ouverture des hostilités. — Captivité de

Jean de Monlforl ; Jeanne de Flandre, sa femme, appelle le roi d'Angleterre à «)n secours. — Arrivée en Bretagne de Gautier de Masny, de Robert d'Artois, d'Edouard III. — Bertrand du Gucsclin, écuyer au service de Cliarles de Blois, figure |>armi les défenseurs de Bennes contre les Anglais. — Trêve de Maleslroil. — Violences arbitraires de Pbilipiw de Valois ; exécution du sire de Clisson, de six chevaliers et de quatre écu>ers bretons. — Beprise des hostilités; succès de Charles de Blois et fuite en Angleterre de Jeanne de Montfort ; prise de QuiniiHir et siège de Guérande. — Nouvelles violences de Philippe d« Valois. — Évasion et mort de Jean de Montfort. — Affaire de Cadoret. — Bataille de la Roche-Derrien; le mari de Jeanne de Tenthièvre, battu et fait prisonnier par Thomas de Bag^orth, est emmené captif en Angleterre. — Ruine complète du parti de Charles de Blois (1341-1347) 31 à b3

Accroissement de la population. — Aisance générale. — Uabilation. — Ameublement. — Argenterie. — Itnentaire d'un paysan. — Mobilier d'une ferme. — Gages des domestiques et salaires des journaliers. — Alimentation. — Cuisine. — Boissons. — Mœurs gaies et libérales : banquets, fêtes, réjouissances, danses. — Établissements de bains dans les campagnes comme dans les villes. — Médecins et chirurgiens jurés. — Vogue de la médecine arabe. •— Crédit médical des juifs. — Coût des opérations chirurgicales. — Traitement de certaines maladies. — Aliénation mentale. ^ Barbiers. — Luxe de l'habillement. — Fourrures. — Literie. — Usage universel de la chemise on linge de corps. — Apparition et emploi fréquent du Ipapier de chiffe. — Le siècle du linge et du papier de chiffe pré|)are le siècle de l'imprimerie. — Exemples de barbarie et d^immoralité de la justice, tant royale que seigneuriale. — Épanouissement de l'esprit chrétien dans les confréries So à 83

Formation des premières Compagnies en Limousin et en Bretagne. — Edouard III afferme la Bretagne à ses lieutenants qui afferment euxmêmes & leurs capitaines les forteresses et les ch&tellcnies; conséquences de ce système mercantile. ^ Marché passé entre le roi d'Angleterre et Raoul de Caours. — Da GoescUn et ses gars; la guerre de partisans;

la forêt de raimpont j une riche capture. — Raoul de Caours abandonne le parti anglais pour se rallier au roi de France et à Charles de Blois. — Cause de cette défection : monopole de la vente du sel en Poitou concédé par Edouard au comte de Lancastre ; dommage porté à Raoul do CaourSj possesseur des salines de Bouin et de Beauvoir. ~ Combat d'Auray; mort de Thomas de Dag^orth. — Du Guesclin prend par surprise le château du Fougeray. — Date approximative de ce fait d'armes (1347-1350) 85 à 111

aiAPITRE V.

DU OUESCLIN FAIT CHEVALIER A MO.NTMURAN.

Avènement du roi Jean et reprise des hostilités en Bretagne. — Du Guesclin, enrôlé au service de la France, quitte les vallées de la Vilaine supérieure et vient guerroyer dans la région de Pontorson. — Mort de Jeanne Malemains. — Combat des Trente. — Défaite des Français à Mauron. — Mort de Robert du Guesclin. — Voyage en Bretagne de Charles de Blois, prisonnier des Anglais. — Arrivée à Pontorson d'Arnoul, sire dAudrehem, en qualité de lieutenant du roi de France sur les [frontières de Bretagne et de Normandie. — Pierre de Villiers, capitaine de Pontorson ; joutes organisées dans cette ville par du ^Guesclin et Baudouin dAnnequin. — Expédition dArnoul d'Audrehem en Bretagne. — Affaire du château de Montmuran; Bertrand est fait chevalier par Eslatre des Mares, capitaine de Caen. — Voyage en Angleterre de du Guesclin, otage pour Charles de Blois (1350-1354) 113 à 141

La défaite de Crécy et le désastre de Poitiers; étonnement général en Europe à la nouvelle de la victoire des Anglais. — Causes de la supériorité de l'Angleterre : Edouard III, créateur de Tinfanterie moderne; applical ion du principe de la nation armée ; — service militaire et instruction obligatoires: — interdiction des tournois et de tous jeux autres que le tir de Tare; — enrôlement forcé d'une élite d'archers et de coutilliers qui forment les quatre cinquièmes de refleclif ; — avantages des arcs anglais sur les arbalètes génoises ou françaises, et défense d'exporter ces arcs sur le continent. Causes de la décadence militaire

de la France : préventions aveugles de Philippe de Valois, de Jean et de leur entourage contre remploi des vilains à la guerre; — appel illu-

soirc ou trop tardif de Tarriëre-tMin rendu inutile par le défaut de préparation des milices communales; — intrusion de troupes mercenaires;

— mauvais armement; — mœurs et toilette efféminées; — chevalerie de parade ; — application à la guerre des us et coutumes des tournois ;

— cartels adressés par Philippe de Valois et Jean à leurs adversaires avant les batailles; — absence complète d'un service d'éclaireurs. — La stratégie et la tactique anglaises comparées à la stratégie et à la tactique françaises à la bataille de Poitiers 143 à 183

DU 6UESCLIN AU SIÉGB DE BENNES.

Mi^e en liberté de Charles de Blois et retour de ce prince en Bretagne. — Domination des Anglais dans la plus grande partie du duché. — Siège de Rennes par le duc de Lancastre. — Noms des principaux défenseurs de cotte place. — Séjour de Charles de Blois à la cour du régent ; envoi do secours aux habitants de Rennes. — R6le de du Gucsclin pendant la première période du siège. — Tentative des Anglais contre Dinan; combat ù outrance entre du Guesclin et Thomas de Canterbury; prédiction de Tliiphaine Raguenel. — Ruses de guerre du capitaine de Rennes. — Du Guesclin réussit à s'introduire dans la place assiégée et à la ravitailler; son entrevue avec le duc de Lancastre. — Duel avec Guillaume de Bramborc. — Joute avec Nicolas de Dagworth. — Duel entre Olivier de Mauny et Jean de Bolleton à l'occasion de six perdrix. — Trêve de Bordeaux; versions diverses sur la levée du siège de Rennes; contribution de guerre payée par les habitants; échec relatif du duc de Lanca.'ïtre. — Commencement de la popularité do du Guesclin en France (octobre 13ô6-juillet 1357) 18o à 229

Vo)*age du dauphin & .Metz; traité d*alliance offensive et défensive entre le roi de France et l'empereur Charles IV. ~ Médiation du pape Innocent VI; trêve conclue à Bordeaux entre les rois de France et d'Angleterre. — Omnipotence des ÉtaU généraux; mise en liberté du roi de Navarre. — Pierre de Villiers est appelé à Paris comme chevalier du puot, et du Guesclin lui succède dans la capitainerie de Pontorson, du Nont>$aint-.Michel, des manoirs de Montagu et de Sacey. — Oppression d« rAvrinchin et du Cotentin par les garnisons anglaises^ navarraises,

françaises et par les tuchins ou brigands de bois; misère effroyable de la population des campagnes. — Alerte donnée à la garnison de Pontorson par le Bascon de fiilareuil. — Causes de la popularité de Bertrand ; son voyage & la cour du régent (décembre 1356-juin 1358)... 231 à 284

DU OUBSCLIN AU SIÈGE D2 ICBLUN.

Attitude d'Edouard III vis-à-vis de la révolution parisienne dirigée par Etienne Marcel. — Traité secret entre les rois d'Angleterre et de Navarre. — Ravages des compagnies anglo-navarraiscs. — Traité de Londres; le régent et les États refusent de le raliûer. — Expiration do la trêve et rupture des négociations entre la France et PAngleterre. — Siège de Mclun par le régent; exploits de du Guesclin. — Traité de paix conclu à Ponloisc entre le régent et le roi de Navarre. — Invasion de la France par Edouard III; échec du roi anglais devant Reims et insuccès général de cette expédition. — Descente des Parisiens, des Picards et des Normands à Winchelsea. ^ Du Guesclin est battu et fait prisonnier au Pas d'Évran ; il bat à son tour les Anglais à Saint-Meen de Gueel Guin 1358-mai 1360) 286 à 314.

Traité de Brétigny. — Rançons subsidiaires levées par les Compagnies. — Explication d'un passage de Pétrarque; rançon payée aux brigands des environs de Paris. — Du Guesclin lieutenant en Basse-Normandie^ dans le comté d'Alençon, le Maine et l'Anjou. — La Compagnie au quatorzième et la Commune au dix-neuvième siècle. — Caractère international et cosmopolite de la Compagnie. — Basse extraction de plusieurs chefs de bande. — Rapports des gens des Compagnies avec les prêtres, les femmes, les enfants. — Chiffre des rançons. — Traitement des prisonniers. — Frénésie de luxe. — Train de mai^cn. — Écuries. — Vaisselle. — Cuisine. — Toilette. — Fortunes insolentes de certains capitaines de Compagnies : Arnaud de Cervolle, dit r.\rchiprêtre, lieutenant en Nivernais, et Lyon du Val, huissier d'armes du régent. — De l'influence anglaise dans l'organisation des Compagnies. — Ruses de guerre. — Absence de l'idée de patrie. — Abus commis par les garnisons françaises. — Détresse de la population des campagnes 315 à 342

CHAPITUE \l.

Guerre incessante faite par du Guesclin aux Compagnies dans le comté d'AIençon, le Perche, le Maine, TAnjou et la Normandie. — Efforts impuissants et mort de Thomas de Rolland, chargé de faire évacuer les forteresses occupées par les Anglo-Navarrais dans ces provinces. ~ Jeanne de Kent. — Campagne dans le Maine; prise de Sablé et de Saint-Brice. — Du Guesclin battu et fait prisonnier par Hugh de Calverly au pont de Juigné. — Voyage à Paris et en Angleterre. — Entrevue de Chandos et du roi Jean. — Campagne dans le Perche; combat de Briouze; reddition de Brezolles, de Fresnay-le-Samson ; prise de Pirmil. — Du Guesclin, seigneur de la Roche-Tesson, conseiller du roi et chevalier banneret. — Combat aux environs de Mortain. — Reddition de Saint-Martin de Séez et de Saint-Remy. — Siège de la Vignée. ^ Les Compagnies au delà de la Loire; prise du Pont-Saint-Esprit; bataille de Briguais; Robert de Tiennes rappelé de Normandie et envoyé en Bourgogne. — Siège de Livarot. — Reddition de Cormeilles. — Combat du Pas-du-Breuil. ~ Popularité légendaire de du Guesclin (1360-1362) 343à 374

Page 1