Il Ic-et- Vilaine, arr, Montfort -8ur~Meu, c. Plélan
2. Sorte de bouclier de forme oblongue que l'on portait parfois accroché à la ceinture. Cuvelier nous représente ici du Guesclin dans le plus pauvre équipage, car la taloche était une armure défensivQ4out à fait primitive. Au quatorzième siècle, les marchands eux-mêmes ne voyageaient guère
qu'un valet nommé Orris, grand et hardi gaillard, qui court essoufflé derrière la monture de son maître. Quand ils ont fourni une longue traite : « Sire, dit le valet tout hors d'haleine, j'en ai assez de ce métier, je ne puis aller à pied plus longtemps. Si vous ne me donnez mulet ou jument, je vais prendre congé devons, bien le bonsoir. » — « Paix ! répond Bertrand qui vient d'entendre retentir au loin le galop d'un cheval et le cliquetis d'une armure. Dans un instant, si je ne suis pas mort, tu seras bien monté, je te le promets. » Bientôt apparaît, dans le sentier, un chevalier anglais armé de toutes pièces, monté sur un destrier de prix, le bassinet en tête, la lance au poing, au bras un écu étincelant. Suivi de deux hommes bien armés et montés, un écuyer et un valet portant en trousse les bagages, ce chevalier se rend au château du Fougeray* occupé par une garnison de quatre-vingts ou cent soudoyers de sa nation. A certains détails de l'équipement, Bertrand reconnaît de suite un ennemi. La lutte a beau être inégale, son parti est bientôt pris. En quelques coups de hache, il fait voler en éclats la lance du chevalier, Tépieu de l'écuyer et les étend tous deux raide morts par terre ; puis , enfourchant le destrier de l'Anglais, il rattrape le valet qui s'enfuyait sous bois avec le sommier chargé d'or et lui fend la tête. Le pauvre écuyer des marches ' bretonnes
sans porter sous leur manteau un badelaire ou grand couteau, et une Uloche. JJ108, n- 177, 202; JJ120, n- 325.
1. Le Grand-Fougeray, Ille-el-Vilaine, arr. Redon. Le chevalier qui figure dans l'anecdote racontée par Guvelier venait peut-être de Ploërmel occupé aussi à cette époque par les Anglais ; et la route qu'il devait suivre pour se rendre au Grand-Fougeray est à peu de distance de la lisière méridionale de la forêt de Paimpont.