Côtes-du-Nord, arr. Lannion
3. « Ex cujus consilio, dit Jean de Venette mentionnant en 1362 la mort
de vains efforts pour donner le change à Topinion ; les contemporains ne s'y trompèrent pas , et le vainqueur d'Auberoche perdit en réalité, dans cette entreprise, une partie du prestige dont sa glorieuse campagne de Guyenne, en 1345, l'avait entouré*. La France au contraire trouva dans la levée du siège de Rennes une sorte de revanche de la terrible catastrophe de Tannée précédente. A un peuple vaincu, mais dont la défaite tient plutôt à rinfériorité de son organisation militaire qu'au défaut de courage, et tellement écrasé qu'il ne peut plus lutter en rase campagne contre l'ennemi, il ne reste que les sièges pour prouver qu'au fond il n'a point dégénéré, et, dans l'effondrement de tous les autres biens, pour sauver du moins l'honneur. Après le désastre de Crécy, la belle défense de Calais avait relevé les courages. De môme, l'héroïque résistance des habitants de Rennes consola un peu notre malheureux pays, dont la cause se confondait avec celle de Charles de Blois, de l'humiliation de Poitiers. Cela explique la faveur universelle qui s'attacha à ce fait de guerre, et du Guesclin y avait figuré avec trop d'éclat pour ne pas participer en première ligne à cette popularité. Les prouesses de notre héros au siège de Rennes étendirent sa réputation, qui n'avait pas dépassé jusqu'alors les limites de la Bretagne, à la France entière ; et c'est probablemen à l'occasion de ce siège que le dauphin, depuis Charles V, entendit pour la première fois prononcer le nom de celui qu'il devait appeler un jour â la plus haute dignité militaire de son royaume.
du duc de Lancastre, rcx Angliœ hucusque duxeral contra Franciam guerras suas. » Conl. Chron. G. de NangiacOj éd. Géraud, t. II, 322. 1. Chron i(j lies de J. FroissQrty t. III, p. xn à xviu.
DU aXJBSOLIN, CAPITAINB DB P0NT0B80N.
Voyage du dauphin à Metz ] traité d*alliance offensive et défensive entre le roi de France et Tempereur Charles IV. — Médiation du pape Innocent VI ; trêve conclue à Bordeaux entre les rois de France et d'Angleterre. — Omnipotence des États généraux ; mise en liberté du roi de Navarre. — Pierre de Villiers est appelé à Paris comme chevalier du guet, et duGuescIin lui succède dans la capitainerie de Pontorson, du Mont-Saint* Michel, des manoirs de Montagu et de Sacey. — Oppression de l'Avranchin et du Gotentin par les garnisons anglaises, navarraises, françaises et par les tuchins ou brigands de bois ; misère effroyable de la population des campagnes. — Alerte donnée à la garnison de Pontorson par le Bascon de Mareuil. — Causes de la popularité de Bertrand ; soa voyage à la cour du régent (décembre 1356 — juin 1358).
Nous avons vu que du Guesclin , lorsque le duc de- Lancastre opéra rinvestissement de Rennes, servait sousles ordres de Pierre de Villiers, capitaine de Pontorson. Il alla sans doute, aussitôt que le prince anglais eut levé son camp, se poster de nouveau sur les frontières de TAvranchin et de la Bretagne gallot. Comme c'est main-tenant en Normandie que Bertrand va déployer son activité guerrière, il importe de retracer sommairement les principaux événements militaires dont cette province-
i3i CHAPITRE Vin.
avait ôlt^ le Ibéèire pendant la durée du siège de Rennes, f t au^ lo$ grands faits de politique générale survenus dans le cours de la même période, en tant du moins qu'ils purent influer sur la défense du royaume, et par- Uculi^rvmont do la région oii il nous faudra suivre tout A rheurv nolr^ hèrvx?.
l%akNis ViswDti. écrivant, un mois environ après la dj^tc de PVntter^ une lettre de condoléance au dau- |luu À Ivwdsioa de la captivité de son père, lui disait que s^'u luR^rtune était supérieure à son âge, mais non j^ s<i cdi^victte et i sa force d'âme ^ il y a dans cette anlitbéQ^. où lou a cru nx\>onaitn^ la plume du plus grand lettre du vjujitv^r«iéme siècle, de Pétrarque qui était alors ThOte do* \isc\^nti. autre chose qu'une figure de rhétorique et un emprunt à la prose cicéronienne. Le daul^iu, À |Hnne jI^^ de vingt ans, ne tarda pas à prouver que lUU\is ^^^1 plutiM Pétrarque qui le fait parler, avait él^ Ihui pr\>phète, IVvile aux conseils du pape Innoc^ul \l« au lieu de s abandonner à la douleur, de se laisser aller au déses^xn^ le jeune duc de Normandie se raidil en quelque si^rte c\^ntro ladversité, et s^appliqua a\«v autant de saug-fW^d que de constance à fermer les |Jai«^ saignantes du r\^yauuH\
La Krance était lonibèe de si haut, qu'on la pouvait civire hlensée à n\ort ; s^ni prenùer besoin était de trouver un allié puissant qui lui tendit la main pour Taider A 110 iviever, l^e ll^^ne inqH^rial était alors occupé par
tikMi^lli, >\k) Ml 1^- ^T^ IVU^' Mliv ^ tUkm». «lui e«l dat«« da U odo- Itn» IHtSti, Hk ol^ |mblK\' |Kmr l« |yr«*4Mi<^rt' fM« en IT>^ par le père Lazeri, «|ui l'MlIviIkUt» à IV4v«r\|ue. v,HH<4v|ue )l. VW*»«elli ail émis des doutes sar «^»M«» aUriUuliiOi^ U i\M\i\H^\uiv du |«^re Laien n»le aa moins Traisem-
Charles lY, oncle du dauphin Charles, qui avait conclu è Trente, en mai 1347, lorsqu'il n'était encore que roi de Bohême, une alliance offensive et défensive avec Jean duc de Normandie, son beau-frère, et avec les quatre fils dudit Jean, Charles, Louis, Jean et Philippe, ses neveux*. Sans doute, vers le milieu du quatorzième siècle, l'Empire était bien déchu de son ancienne gloire, et le prince entre les mains de qui se trouvait alors le sceptre de Frédéric Barberousse, loin d'en relever le prestige, ne pouvait que Tamoindrir. Sauf l'amour qu'il portait comme ses ancêtres à la France, le prosaïque Charles IV ne ressemblait en rien à son père Jean de Bohême, l'héroïque aveugle qui avait trouvé sur le champ de bataille de Crécy une mort si chevaleresque. Toutefois l'Empereur n'en exerçait pas moins toujours, sur les autres souverains de la chrétienté, une sorte de magistrature suprême à laquelle le superbe Edouard III lui-même avait rendu hommage en obtenant naguère, à force d'intrigues, le titre de vicaire impérial. Que Charles IV voulût bien confirmer le traité d alliance de 1347, et la France obtenait une sorte de revanche morale de l'échec essuyé à Poitiers. C'est pour obtenir cette confirmation que le dauphin Charles entreprit, à la fin de décembre, un voyage en Lorraine où son oncle lui avait donné rendez-vous. L'entrevue porta tous les fruits qu'en attendait le jeune prince. Par acte daté de Metz le 28 décembre, en présence des archevêques de Trêves, de Mayence et de Cologne, des ducs de Bavière et de Saxe, du roi des Romains, du marquis de Brandebourg, des évêques de Strasbourg, de Metz, de Toul et de Verdun, l'empereur Charles IV ratifia solennellement l'alliance offensive et défensive conclue neuf