LIVRE DlXltME
ment («) ; et elle préféra de laisser la place vacante plutôt que de l'aire tomber son choix sur un autre: devenue libre enfin par la mort de M. de Harlay, elle déféra le titre de consen'ateur de ses privilèges à Bossuet, par une délibération du i4 décembre 1695 , dans une assemblée générale présidée par le célèbre Rollin , alors recteur de l'Université. Bossuet retenu à Meaux pour les affaires de soa diocèse , ne put prendre possession lui-même de cette dignité. Il se fit représenter par l'abbé Bossuet son neveu, qui fut reçu au nom de son oncle dans une assemblée générale encore présidée par Kollin, le 1 janvier 16963 et on lut dans cette assemblée la lettre où Bossuet exprimoit sa reconnoissauce et ses regrets. Ce titre de conservateur des -privilèges de V Université de Paris donnoit des fonctions, et une autorité assez étendues dans des temps plus anciens. Mais il n'étoit plus qu'un titre honorifique, presque toujours déféré à quelque prélat distingué; et comme Fénélon l'écrivoit ifi) avec sa grâce accoutumée à Bossuet lui-même, à loccasion de sa nomination à cette place : Ces sortes de titres dorment sur cei^aines têtes ; et sur d'autres ^ ils peuvent servir à redresser les lettres.
XXM. — Bossuet est nomme conseiller d'Etat (1697) eE premier aumônier de M™"? la duchesse de Bolrgogne.
Le 29 juin 1G97, Louis XIV nomma Bossueé conseiller d'Etat; et il prit place au conseil le 3 juillet suivant.
Enfin, le 28 octobre 1697, Bossuet fut nommé premier aumônier de M™'^ la duchesse de Bour-
{") Mts. de Ledieu. ~ 'J') Lettre du 18 décembre 1695.
GOGNE. Il en reçut la nouvelle le 3o octobre, élaDt à Vareddes ^ paroisse de son diocèse, où il étoit occupe' à faire la visite de la maison des Sœurs de la charité qu'il venoit d'y établir. « Il reçut cette » nouvelle j écrit l'abbé Ledieu , qui étoit auprès » de lui , simplement , sans aucune démonstra- » tion de joie, sans aucune affectation d'insensibi- » lité. »
Bossuet n'a pas cependant dissimulé qu'il avoit désiré cette place , et qu'il l'avoit même demandée dès 1696. On lit dans une de ses lettres àTévéque de Mirepoix (M. de la Broue) : a Vous aurez su la » nomination des dames et de quelques autres pour » la future duchesse de Bourgogne. On n'a point » parlé des charges d'Eghse. Je vous avoue sans hé- » siter,que j'ai fait ma demande (delà place de » premier aumônier )^ elle a été aussi bien reçue » qu'il se pouvoit ; et les apparences sont bonnes » de tous côtés. Dieu sait ce qu'il veut; et pour moi, » je suis bien près de l'indifférence. »
(") Lorsqu'il fut question de faire prêter le serment aux nouveaux officiers de la maison de la princesse, il survint une difficulté inattendue. Le Roi avoit fixé le 3i décembre (1697) po"r cette cérémonie. Le marquis de Daiigeau , nommé chevalier d'honneur, prétendit prêter le serment le premier. Louis XIV ne voulut point prononcer sans entendre Bossuet , qui se borna à rapj^eler au lloi, que lorsqu'il avoit été nommé premier aumônier de Madame la Dauphine, il avoit été admis sans difficulté à prêter serment avant tous les autres officiers de la maison; que dans tous
(") Mis. de Ledieu.