DE RELIGION -J
EX BovRGOGSE. 1^ 17 mars lo62, 1 hôtel du premier président du Parlement, Claude Lefèvre, malade au lit; ils l'avaient menacé de mort, et ne parlaient de rien moins que de pendre Tavanes. A Mâcon, les images saintes avaient été brisées; la basilique de Cluny, la Madeleine de Vézclay avaient été saccagées. Le lieutenant général interdit les rassemblements pendant la nuit, sous peine de mort. Jacques Bretagne, désavoué par ses compatriotes, s'enfuit. A Is-sur- Tille, 400 protestants de toute condition furent expulsés, 40 exécutés en effigie, 160 incarcérés, une femme fouettée; cinq ou six personnes, parmi lesquelles une jeune tille de seize ans, furent exécutées. Une armée protestante, commandée par un des chefs de la réforme dans le Dauphiné, le fameux Montbrun, et par le seigneur d'Entragues, ayant occupé Mâcon et Chalon, Tavanes vendit l'argenterie des églises pour se procurer des ressources, rassembla 600 chevaux, 200 arquebusiers, et reprit ces deux places. Le marquis de Saint-Point, nommé gouverneur de Mâcon, obligea plusieurs réformés à se jeter dans la Saône (sauteries de Mâcon). La Chambre de vacations, convoquée pour juger les complices de Montbrun, condamna les principaux d'entre eux
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à « avoir leurs têtes tranchées et leurs corps mis en quatre parties ». L'édit d'Amboise de 1563 ayant garanti aux réformés la liberté de conscience et, sous certaines réserves, la liberté du culte, Tavanes n osa s y opposer ouvertement, et même il afTecta dy « tenir la main, plus raide que jamais » ; mais il n'en fut pas de même du Parlement, de la Chambre de ville de Dijon et des Étals. Ils protestèrent unanimement contre cet acte qui venait troubler le pays, alors que, « par la bonté de Dieu et la conduite du sieur de Tavanes, il était à présent un et tranquille en la religion ancienne, ci-devant observée ». Une députa tion, conduite par le président Bégat, un éminent jurisconsulte doublé dun orateur, porta des remontrances au roi. Bégat prononça, à cette occasion, un discours resté célèbre, où il prétendait combattre, dans l'intérêt de l'État, le principe de la coexistence des deux religions'.
La cour passa outre, et l'enregistrement de l'édit eut lieu « du très exprès commandement du roi et de la reine sa mère par plusieurs et réitérées fois » ; mais la guerre reprit entre catholiques et protestants. Ceux-ci enlevèrent Mâcon, traitèrent Auxerre si durement que la ville « semblable à une nouvelle Jérusalem, aurait eu besoin dun Jérémie pour pleurer ses malheurs >, ; ils dévastèrent aussi plusieurs églises et châteaux dans l'Auxois, leChâtillonnais, l'Avallonnais. Tavanes les refoula et chassa leurs corréligionnaires de Dijon, d'Auxerre, de Chalon, de Beaune (1567). A son instigation, des confréries se formèrent pour combattre l'hérésie : à Dijon, la Confrérie du Saint-Esprit, dont le chef, qui était le lieutenant général, avait à sa disposition 200 chevaux et 250 hommes de pied; à Semur, Y Association des catholiques de rAuxois; à Chalon-sur-Saône, la Fraternité des Catholiques, dirigée par des prieurs et sous-prieurs. Il y eut aussi les Sociétés catholiques de Beaune et de Cravant, la Confrérie de rAutunois, créée par l'avocat Déchevannes sous l'invocation de la Sainte-Croix. Quand l'édit de Longjumeau du
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La Bourgogne Monarchique. chapitre
23 mars 1568 eut renouvelé celui d'Amboise, Tavanes put écrire à Catherine de Médicis : « Pour ne vous rien cacher, tout exclame contre la paix, contre le roi et contre vous ».
Les paroles de Tavanes étaient encore plus INVASIONS vraies qu'il ne le supposait. Par sa position DES ALLEMANDS, frontière, la Bourgogne était « la vraie descendante et avenue de tous les pays de lAlIemagne et des autres frontières du royaume' ». Après Talliance conclue entre les réformés français et les réformés allemands, elle servit de passage à ces derniers. Au mois d'avril 1569, Wolfgang, duc des Deux-Ponts, se rendant dans le Limousin, arrive en Bourgogne avec 7 000 reîtres et 6000 lansquenets; il traverse le Dijonnais, le Nuiton, et sort par La Rochepot, les Chaumes d'Avenay, Arnay-le-Duc, Avallon, sans que Claude de Saulx-Vantoux, chargé de la lieutenance générale en l'absence de Gaspard de Tavanes mandé à l'armée de l'ouest, ail fait aucun effort sérieux pour l'arrêter. Un an après, une colonne de 8000 protestants français, commandée par Coligny, débouche par le Brionnais et la vallée de la Grosne. Elle menace Beaune du haut du faubourg Bretenièrcs et fait grand'peur aux Dijonnais. Le maréchal de Cossé-Brissac, envoyé contre elle, la rencontre près d'Arnay-le-Duc. « Là se firent de rudes charges et recharges de cavalerie, où les uns et les autres furent relancés à leur tour », mais les calvinistes ayant l'avantage du terrain repoussèrent leurs adversaires (27 juin 1570). La paix de Saint -Germain interrompt les hostilités. Elles reprennent en 1576, avec l'arrivée de Jean-Casimir, fds de l'électeur palatin Frédéric lll. Tandis que le duc de Mayenne, qui a succédé à d'Aumale comme gouverneur de Bourgogne, se tient en observation à Châtillon et à Montbard, les Allemands envahissent la province par Fontaine-Française, Selongey, Is-sur-Tille, Til-Châlel. Reçus par les Dijonnais « à grands coups d'artillerie », ils se dédommagent sur le