‹ Histoire de Braine et de ses environsChapitre 32 sur 63 · PI · texte numérisé non relu

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ean de Dreux et de Braine, fils aîné de Robert III et d'Aènor de Sainl-Valery, succéda à son père au comté de Braine. Quand Hjjce seigneur eut atteint l'âge de majorité, il conclut avec Aénor, sa mûre, et Hugues de Sully, son beau-père, en présence du roi saint Louis, un traité dans lequel il était dit qu'Aënor conserverait pour sou douaire la moitié des biens que Robert , son mari , possédait avant sa mort, et que l'autre moitié serait partagée entre ses frères et lui. Cependant il se réserva la terre de Braine, la maison de Neelle et son étang, les forêts de Itaulc et de Crotoy. Le panage, l'herbage et la chasse do

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ces forêts devaient rester en communauté entre les trois frères. Il'était aussi arrêté dans le traité que la comtesse et Sully, son second mari, ne seraient pas tenus de rendre aux mineurs les revenus qu'ils avaient touchés des terres de Dreux, de Bonncuil et de Haute-Fontaine.

En 4240, Jean contracta un mariage avec Marie de Bourbon, tille d'Archambaud-le-Grand. L'année suivante, il fut fait chevalier par saint Louis, lorsque ce monarque fit un voyage en Poitou pour installer son frère, Alphonse de France, dans le comté de Poitiers. Joinville, qui était présent à celte nomination, la rapporte ainsi dans son histoire : « Après ces choses , le roy » tint une grant court et maison ouuerte à Saumur en » Aniou, et ce que i'en diray c'est pource que ie y estoie. » Et vous certifie que ce fut la nompareille chose que ie » visse oncques, et la mieux aournée et apprestée. A hi »» table du roi mengeoient le comte de Poitiers, lequel il » auait fait nouuellement cheualicr le iour d'une Saint- ►» lean, qui n'aguere estoit passée; le comte Iean de ». Dreux (ou de Braine), qu'il avait fait aussi nouuel che- ». valier; le comte de la Marche; le comte Pierre de Bre- » tagne. »

En 1242, Jean fut un de ceux qui prirent les armes contre Hugues de Lusignan, comte de la Marche, qui s'était ligué avec le roi d'Angleterre. Ensuite il accompagna Louis IX dans une croisade que celui-ci entreprit

à la Terre-Sainte contre les infidèles (1247). Etant à Nicosie, capitale de l'île de Chypre, il fut attaqué d'une maladie cruelle qui le mit au tombeau. Son corps fut inhumé dans la cathédrale de cette ville (1248). Son cœur fut apporté à Braine et déposé dans un tombeau magnifique, qui fut enlevé par les Espagnols en 1650.

A sa mort, Jean laissa une veuve, Marie de Bourbon, avec deux fils, Robert et Jean , et une fille nommée Yolande. Robert recueillit la plus grande partie des biens de son père, et Jean entra dans l'ordre des chevaliers du Temple. Ce dernier fonda un anniversaire dans l'église de Braine, et mourut après l'an 1274.

Yolande épousa Amaury de Craon, à qui elle apporta en dot 400 livres de rente et la forôt de Crotoy, qui lui avait é:é cédée par ses frères. Son mari étant mort, elle contracta un second mariage, en 1270, avec Jean de Trie , comte de Dammartin, qui plus tard* fut tué à la bataille de Mons-en-Puelle. Cette comtesse fonda une chapelle dans l'église Saint-Yved de Braine.

Après un veuvage de vingt-six ans, Marie de Bourbon mourut à Braine (23 août 1274). Son cœur fut transporté à Dreux, dans l'église Saint-Etienne, et son corps fut inhumé dans la chapelle Saint -Sébastien de l'abbaye de Saint-Yved. Sa tombe, une des plus belles et des plus rares de celles construites au Xlll 0 siècle, était de cuivre doré et représentait son effigie, sculptée dans un style gothique et mal dessiné. Lue bordure de pierres

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précieuses et trente-six ligures en relief, d'environ un pied de haut, entouraient ce monument. On remarquait au dessus de chaque figure un écusson en or-émail et une inscription en lettres d'or, émaillée aussi, portant les noms des princes et princesses alliés à la comtesse Marie.

Il était dit dans le nécrologe de Braine que, le 29 août, on devait prier pour cette dame en mémoire des présens qu'elle avait faits à l'église de Braine. Ces présens consistaient on cinq arpens de terre et une renie de quinze livres pour fonder une chapelle.

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