LIVRE SBPTiàHS
k duc les a expulsés du comté de PenlMèvre et
des autres terres qu'ils possédaient. Comme ils né soutpas assez puissants, par eux-mêmes, pour recouvrer la Bretagne, ils cèdent tous les droits qu'ils ont sur cette souveraineté au roi Louis XI et à ses successeurs sur . le trône de France. En retour, le roi promet d'acquitter, pour Jean de Brosse et Nicole , deux dettes , montant ensemble à 5o,ooo livres tournois , mais seulement quand il sera en possession de la Bretagne ; et si, par <{nelque caùse ou à quelque titre que ce soit, ce duché tombait entre ses mains ou dans celles de ses successeurs, il s'engage, pour lui et ses héritiers, à Êdre rentier Jean de Brosse et Nicole dans la possession du comté de Penthièvre et de leurs autres seigneuries.
Cette acquisition n'annonçait pas l'intention de garder des ménagements. Il 'fiiut convenir que Louis en était dispensé par les fréquentes infidélités du duc ; mais cette démonstration hostile l exposa à l iiuiuiliation de recevoir de la part de l'archiduc d'Autriche une sommation par laquelle il lui était intimé de s'abstenir de fidre la guerre au duc de Bretagne (^i). Celui-ci, juste-
(i) Louis XI fit consigner cette sommation sur les' registres du pariement, le ii décembre 1480. On peut la voir
58 HISTOIEB DB BBSTAGITE.
ment alarmé, chercha un appui dms une alliance de fiuniBe. Enuiçois II n'atait que deux fiHes, et âe proposait de laisser son duché à Tamée^ Une telle dd; devait aâanrar à la prineesse la maiii d*aB prince en état de la protéger ; mais Anne ^ née k a6 janTier i477y ^'^ pouvait être enocnre qae promise*
Elle fut recherchée d'abord par on prétesidant qui , bien loin de pouT<|ir offrir des secôiM^ en avait besoin lui-même, pour monter sur 1^ trône de ses pères. Ge prétendant était le codite de Michemont) dernier débris de la maison de Lan- CBsiie; itiais il eot ponu* csenéiutetit le ffls nséme de celui qu'il voyait en possession de sa couronne. Édotiard I? envoya demander la main de la Jeune princesse pour leprince deGaUeâ^quld'a^taloiii que onze ans, et elle lui fut promise en ]4Bi. Les conditions du tuaité (i) furent une promésse dV mitié perpétuelle entre les deux maisons ( t une al- ^Uanceofifensiveetdéfeasiyecontre laFrance(a). Ce
dans un msc. de la bibUotbèque du roi^ 3oi de la coUectjgn de Bneniw.
(i) Actes de Bretagne, t. m , p. 394. * .
(a) Lettre missive , en parchemin , du roi Édouard , en date du ao février 1482 , par laquelle il mande qu'il envoie au duc quatre mille archers, soudoyés à ses dépens, pour trois mois qu'il lui planm* ( Arohives de Nantes 9 atmoive B, cassette A. )
Traité de paix et oeseatîon de guerre entre le duc et le foi
projet de Muriage airait quehpie chose àe tàsûM^
S, d'un côté, il faisait entrevoir Funion de la Bre* tagnè el ée 1' Angk^e^ i de ÏMirey il riE^peiait auft %mofm ë& qà^Û lefti^eii «fiih ecélé M xi siècle pour avoir impk^é le secours des Anglais : leur pays éifÉÊtéi hà émmBLÛim d«#e éos Pbntage-^ nets, l'oppression violente exercée par Henri 11, pÉi" RiéiialtK;di«ÉMte^<ltt, k c&ptitité de la duchesse Cotistance, le meurtre du jeune Artur, et le souvenir in^&çable des cnJttutés des pii^ces norttfnâds et de lètti^ préteMkHis s«ir Ifl Èmapte. 11 ne Êdiail piaa moins que k crftiitte qu'inspirait Louis XI pour eonMiir iiii motiient «eCle faune héréditaire que la nation portait aux Anglais. Mais le mariage wtsvean ne se révisa pa». Èàmmrd étant mort en i483, le jeune prince fiit exclu du troue 9 et assassiné deux ans après par le duc de OlwéMei», son Mfte.
perte d'ui| pareil appui rendait encore plus redomiMe l'm^ge qtA se formait du oàté de la
France^ et qui ïie pouvait iiianquer de fondre in-
ceMaMtMlit smr ki Bretagtn. €e n'était pas d'une confédération formée à cette époque ( i483 )
d'Anglelem, leurs Tassam» hcnÉnet et sujets, et penaission am marchands de tnfiquer sar mer ^ ]Mur terre, airèo pAu* mins autres poiats et ooaditixnis rappatté» audit tiailé. Daté
àu 7 septenibie 1482. ( Jbid., armoire O, cassette D, )
6o HISTOIRS DE BRETAGNE.
avec les villes anséatiques (i), qu'on pouvait attendre des secours efficaces pour conjurer un paieii danger. Depuis que Louis XI avait acquis les droits de la maison de Blois, on ne pouvait se faire illusion sur ses projets, et il ne lui aurait plus été possible à lui-même de les couvrir du voile de la dissimulation.
STayan t plus de ménagements à garcter, ces deux princes se livrèrent Fun contre l'autre aux imputations les plus injurieuses. Un marchand de Paris, qui était venu vendre des bonnets de cotxm en Bretagne, et qui en avait livré quelques-uns à un employé de la garde -robe du duc, fut spup<^ çonné , on ne sait sur quel fondemement, d'avoir empoisonné ces bonnets pour Êdre mourir le prince. On le mit en prison, on le chargea de chaînes , on lui rasa la téte , on lui Ht essayer tous ses bonnets Fun après Tautre, sans qu'il en résultât aucun efTet sur sa santé, si ce n'est une peur effroyable, car ce malheureux croyait aussi qu'on avait imaginé ce moyen pour le Êdre mourir. Ne pouvant tirer aucune preuve de cette expérience , on employa les promesses et les menaces pour
(i) Confédération et continuatLoa de trêve d'entre le duc et ceux de la Ugae et Hanse d'AUemagney en la ville de Bourges ( Bruges ) , en date du 28 septembre li^SZ. ( Archives de Kantes, armoire B ^ cassette A. )
* LIVRE SEPTIEME. 6l
Fobliger à confesser qu'il était venu en Bretagne dans le dessein de tuer le duc, et que c'était à l'instigation du roi. Il ne sut que répéter qu'il n'était point un empoisonneur, et qu'il n'avait vu le roi de sa vie. On finit par le relâcher; mais quoi* qu'on lui eût fait jurer de ne pas ouvrir la bouche sur ce qui lui était arrivé en Bretagne , la première chose qu'il fit, en mettant le pied sur les terres de France, fut une déclaration juridique à laquelle la coar donna la plus grande publicité , et il ne manqua pas d'y articuler que le grand-trésorier de Bretagne était an sorcier et un empoisonneur (i). .
La méfiance de Louis n'était pas moins éclatante que celle du duc. Un nommé Antoine Deshâjes avait déclaré devant le juge de Poitiers (2) que le duc avait donné à un de ses affidés la commission d'empoisonner le roi. Toutes ces accusations réciproques étaient probablement dénuées de fondement; mais les deux princes n'en vivaient pas moins dam les alarmes, surtout Louis XI. Sa méfiance finit par s'étendre jusque sur ses serviteurs, sur ses proches, sur sa iamiile. On fouillait les princes et le dauphin lui-^mâme, lorsqu'ils se
' i) Actes de Bretagne, t. m, p. 4i7' (1) Jbid*f L HI9 p. 3^8.
6a HlSTOtR£: DE BKMTAGNE.
pféseol^jeiil:, pour y^r h rpi^ aux portes do€||à<^ teau du Ples^i^lèatToui s.
Ea gacam arec rhévitier de la nmiam d'Autriche, en guerre avec le duc de Bourgogne, en état d'inimitié déclarée avec le duc de JBoeiagiia, menacé dausaon royaume par les facdoBs que sa cruauté avait irritées, averti des approchas de la mort par toutes les infimuliés de la ^dllssse, privé fréquemment de sa raison par des attai^ues d'apoplexie et d'épîlepsiev absoibé pav des pra-» tiques superstitieuses qui trahissaient ses ter-? renra, enfermé dans un château inacœssîUe^ ré* dmt à de terrAks et merveilleuses médecines y dkt une chronique ( i ) , qui n'me pas expriiaer qu'on lui faàeaix hoire du sang humain, le tjncaii de la France expiait un règne odieux et n'était plus en état d'enyahir lea posBeamos de ais wisina. 9 mourut enfin peu de mois après Edouard V. Cette mort permettait au duç de Bretagne de resfùcer, ainec d*autant plus de séoBfité, que le taftnè de France ailait se tmuver occupé par un j^niaiit, dont Anne de Beaujeu, le duc d'Oriéana et le duc de Bourbon se disputaient ia tutelle. Jusquelà le di|e François n'avait pas joui d'un moment
( I ) Histoire de Louis XI et des choses mémorables advenues à son règne y par un greflkr de l'Hotel-de- Ville de Paris.