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vant la plupart des historiens, à Fan 383 (i) : un an s'était à peine écoulé que Conan se trouvait réduit à ses propres forces. Il devait lui être facile de repasser la mer et d'aller chercher sa sûreté dans son pays : il ne le fit point : plusieurs de ses compatriotes , au contraire , vinrent s'étabUr sur le continent. On ne peut s'expliquer cette sécurité que par les forces qui restaient à Conan, par la bonne intelligence qui régnait entre lui et les anciens habitants de la presqu'île , et par les désordres de l'empire.
On a vu qu'un grand nombre de Bretons insulaires s'étaient attachés à la fortune de Maxime. Beaucoup devaient être restés auprès de Conan , lorsque ces deux chefs se séparèrent ; plusieurs le rejoignirent, sans doute, après le désastre de l'empereur. L'histoire atteste qu'on n'en vit revenir aucun dans la Grande-Bretagne. Ces étrangers n'avaient point abordé les côtes de FArmorique en ennemis de la population indigène. Ils y avaient trouvé les familles de leurs compatriotes émigrés un siècle auparavant, à qui on avait assigné des terres sur la côte septentrionale. Ceux-ci purent servir de conciliateurs entre leurs anciens et leurs nouveaux concitoyens.
(i) Le Baud dit en 386. Voyez les Mémoires de Gallet sur l'origine des Bretons armoricains, rh. i , §. 19.
5o HISTOIRC D£ BKEtAGNE.
Les Armoricains , d'ailleurs , accoutumés depuis quatre cents ans à être gouvernés par un étranger au nom de Tempire , n'araient vu dans la révolte de Maxime contre Gratien , qu'un de ces événements dont il y avait déjà tant d'eitemples , et il n'y avait point de raison pour qu'ils refusassent leur obéissance à Conan , qui avait soin de les ménager.
Les notions qui nous restent ne suffisent pas pour expliquer nettement comment les Romains avaient jusque-là gouverné ce pays. On voit cependant que leur joug devenait plus léger à mesure que leur puissance s'afi&iblissait ; et il le fallait bien, puisque la puissance militaire des empereurs ne suffisait plus aux guerres civiles et à la police des provinces. Ils n'entretenaient dans les Çaules que huit légions , ou environ cinquante mille hommes, et ces forces étaient presque toutes placées sur le Rhin. On ne comptait pas plus de douze cents hommes dans l'intérieur.
Tout cela explique comment Conan put se maintenir après la défaite de Maxime : mais ce ne fut pas sans conserver avec l'empire quelques rapports de subordination.
La politique de Théodose traita avec douceur les soldats de Maxime, après les avoir vaincus ; il leur permit de retourner dans leur nouvelle de-