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LE CHATEAU FORT DE CASTEL-CRAN

Lis Ros (la Cour du Tertre), en Motoriac (Medréac), mentionnée en 841-851 {Ibid., p. 145, cf. p. 18).

Lis Wern (la Cour de T Aune), en Cornou, livrée, de 841 à 851, à Nominoë par Tiarnan et Tutworet (probablement raachtierns de Cornou) en paiement de la rente fraudée à ce prince {Ibid., p. 82 ; cf. ci-dessus p. 179 et 186).

Lis Visonn ou Lis Bison, en Augan, résidence vers 850 de Riwalt, chef de ce plou {Ibid., p. 92 et 362).

Ces manoirs ou résidences des machtiems consistaient probablement en édifices de bois défendus par des enceintes formées de fossés et de gros retranchements de terre, avec une sorte de tour de bois sur une butte factice, comme les forteresses primitives dont nous avons parlé dans ce volume et dans notre tome I®** (1). Toutefois les constructions de pierre, les fortifications en maçonnerie, quoique rares, n’étaient pas entièrement inusitées. Il en reste même encore un spécimen curieux, la forteresse de Castel-Cran, dont les ruines qui existent dans le bois de Goarec, commune de Plélauf (2), sur la rive droite du Blavet, au confluent de ce fleuve et du petit ruisseau de Cavern, ont été ces temps derniers l’objet d’une fouille très intelligente et d’une très soigneuse exploration (3).

Le ruisseau de Cavern, courant du Sud au Nord, rencontre en face de lui le Blavet qui coule de l’Ouest à l’Est : le Castel-Cran se trouve dans l’angle formé par cette rencontre, à l’Ouest du ruisseau, au Sud du fleuve. Là, un promontoire i> rocheux, aux pentes abruptes, d’une centaine de pieds d’élévation, s’avance de » 130 mètres dans la vallée du Blavet, attaché aux crêtes de sa rive droite par un t isthme de 30® seulement de largeur. ï Ce promontoire porte le nom populaire de montagne du Bonnet-Rouge. La forteresse dont on y a retrouvé les restes, mentionnée dans une charte du roi de Bretagne Salomon de l’an 871 (4), appartient certainement au IX® siècle. M. Charles de Keranflec’h, qui en 1890 et 1891 l’a exhumée, délivrée de la couche épaisse de végétation parasite, de détritus herbacés et ligneux sous laquelle elle gisait ensevelie, la. décrit ainsi :

« Son plan (dit-il) est d’une extrême simplicité. Au sommet du promontoire, une plate-forme naturelle de 15 ares de superficie a été isolée des hauteurs voisines par un fossé sec à fond de cuve de^l2“ de largeur et de 4® de profondeur, creusé dans la roche de schiste. » Ce fossé borde le côté Sud de la plate-forme, laquelle figure un pentagone irrégulier dont les quatre autres côtés sont défendus par ces pentes abruptes d’une centaine de pieds, dont on a parlé plus haut. Cette forme pentagonale s’imposait à la forteresse : « elle fut évidemment déterminée par la préoccupation d’asseoir le rempart en suivant au plus près les contours des crêtes des versants, de façon à ne laisser extérieurement aucun retrait où il fût possible de poser le pied d’échelles d’escalade, seul mode d’attaque praticable

(1) Voir tome p. 360, 481, 483, et le présent volume, p. 13, 19 note 1, et p. 108.

(2) Plélauff, auj. com°* du can^>* de Goarec, arrond. de Loudéac, G0tes>da-Nord.

(3) Les résultats de cette fouille et de cette exploration sont exposés dans le savant et très intéressant mémoire de M. de Keranflec’h, intitulé Castel-Cran, publié par le Bulletin archéol. de V Association Bretonne, Congrès de Saint-Seroan en 1891, p. 111 à 144. — Sur la carte de France de rÉtat-Major (f 74) figure le manoir de Caoern, d’où part le ruisseau du même nom ; en suivant ce ruisseau jusqu’à sa rencontre avec le Blavet, on reconnaîtra aisément l’emplacement de Castel-Cran, dont le nom n’est pas sur la carte.

(4) Cartul. de Redon, n* 247, p. 198.

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