‹ Histoire de Bretagne. Tome secondChapitre 390 sur 392 · IV. — Minez Morvan, résidence du roi Morvan en 818 (p · texte numérisé non relu

IV. — Minez Morvan, résidence du roi Morvan en 818 (p

V. — Abbaye de Redon fondée en 832, et bataille de Ballon en 845 (p. 38).

Pour qu’on puisse tirer plus facilement parti de ces cartes quelques explications sont nécessaires.

I. — Limites successives de la Bretagne du V/« au /X® siècle (p. 64).

Au moyen de lignes-frontières marquées par des signes conventionnels faciles à distinguer entre eux, cette carte représente l’étendue de la Bretagne à trois époques :

1® Du V/® siècle jusqu*à la fin du 7///®. — C’est le territoire occupé par l’action spontanée et le développement naturel de l’émigration bretonne en Armorique à l’époque mérovingienne. Ce territoire se partage en quatre divisions principales : le Bro-Weroc ou Vannetais breton, — la Cornouaille, — la Domnonée, — le Léon qui, malgré son union à la Domnonée vers 530, continua de former un diocèse distinct. La limite de

cette Bretagne primitive est ainsi marquée - A cette époque, les comtés de

Rennes et de Nantes, la ville de Vannes et la partie orientale de son diocèse, ou Vannetais gallo-frank, restaient en dehors de la Bretagne sous l’autorité des Franks et formaient la Marche franko-bretonne.

2® A la mort de Nominoë, en 851. — Par suite des conquêtes de ce prince dans les dernières années de éon règne, le royaume breton — outre la Bretagne ci-dessus décrite — s’annexe toute la Marche franko-bretonne , c’est-à-dire, les comtés de Rennes et de Nantes, le Vannetais gallo-frank et le pays de Retz. Cet accroissement considérable est représenté sur notre carte par la seconde limite de la Bretagne figurée ainsi + +•+•+.

3® Sous le roi Salomon en 867, — la Bretagne ou plutôt le royaume breton atteint son dernier accroissement marqué sur notre carte par la troisième limite ainsi figurée ++++, embrassant, à l’Est de la Marche franko-bretonne, une longue et large bande de territoire bornée par la Loire, la Sarlhe, la Mayenne et la Vire, comprenant le Cotentin, l’Avran-

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OBSERVATIONS SUR LES CARTES GÉOGRAPHIQUES

chin, la zone occidentale du Maine et de l’Anjou. Cet accroissement se produisit partie sous Erispoé (en 851, 852), partie sous Salomon (863 , 867); sur les circonstances dans lesquelles les princes bretons l’obtinrent, voir ci-dessus p. 72, 74, 86, 89, 90.

Entre ces divers territoires il y a une distinction essentielle à faire.

En 846, Charles le Chauve avait reconnu sans aucune condition l’indépendance de la Bretagne proprement dite possédée alors par Nominoë, comprenant le Léon et la Domnonée, la Cornouaille, le Bro-Weroc et le Vannetais oriental. Quand il céda à Erispoé et à Salomon, la Marche franko-bretonne (p. 72), puis le territoire à l’Est de cette Marche borné par la Sarthe et la Mayenne (p. 74, 86) et enfin le Cotentin (p. 89-90), ce roi leur donna ces divers territoires à titre de bénéfice, et à cause de ce bénéfice ils devinrent les fidèles de Charles le Chauve. Mais la Bretagne proprement dite n’était point un bénéfice; sa possession n’entraînait aucune obligation de fidélité, aucune sujétion des princes bretons à l’égard du roi des Franks.

Cette carte peut servir aussi à suivre la marche de Nominoë dans sa dernière campagne en 851. Après avoir pris Angers, dévasté les environs, il continua le ravage de l’Anjou en suivant le cours du Loir, et toujours remontant cette rivière il maltraita la frontière méridionale du Maine, puis arriva à Vendôme où il mit son quartier général, laissant à ses troupes le temps de courir la Beauce. Mais bientôt il les rappelle pour continuer sa marche en avant et aller attaquer Chartres. Au moment de partir, il est frappé par la mort. Voir ci-dessus p. 63, 64, 65.

II. — La Bretagne aux TX® et X® siècles (à la fin du volume).

Dans cette carte est représentée la Bretagne telle qu’elle était à la mort de Nominoë. Nous n’y avons pas joint le dernier accroissement compris entre la Marche frankobretonne, la Mayenne et la Vire, parce que ce territoire, qui ne fut pas sérieusement bretonisé, se détacha promptement de la Bretagne, tandis que la limite atteinte par les conquêtes de Nominoë est restée jusqu’à nos jours la limite bretonne.

Cette carte présente la division de la Bretagne en comtés, savoir : Rennes, Nantes, Vannes ou Bro-Werec, Cornouaille, Poher, Léon, Goëlo, Pentevr; sur cette division voir ci-dessus p. 137-141 et 411-412. Au centre de la péninsule bretonne figure une circonscription qui n’est point un comté, c’est le Poutrocoèt; il représente l’étendue de l’ancienne forêt centrale armoricaine nommée ensuite Brecilien, au IX® siècle en partie détruite, envahie par la culture et la colonisation, et dont les comtés voisins s’étaient partagé le territoire. Le comté de Rennes s’était adjugé la région Nord-Est, le comté de Vannes ou Bro-Werec le Sud, le comté de Poher l’extrémité Ouest. Notre carte montre, dans l’intérieur du Poutrocoèt, les limites respectives et le résultat de ce partage.

Pour éviter la surcharge, nous n’avons inscrit presque aucune localité particulière dans l’intérieur du Poutrocoèt ; comme une de nos cartes est uniquement consacrée à cette dernière région, rien de plus aisé que d’y recourir pour le détail de cette circonscription.

Dans cette Bretagne des TX® et X® siècles on ne trouvera point le nom de Domnonée. Ce nom probablement n’avait pas complètement disparu, mais il ne désignait plus une unité politique, comté ou principauté. L’ancien royaume domnonéen s’était brisé en plusieurs morceaux, dits alors comtés de Léon, de Goëlo, de Pentevr, région septentrionale du comté de Rennes, et partie du Poutrocoèt. Nous verrons plus tard, au XI® siècle, une tentative faite pour rétablir l’unité de la principauté domnonéenne.

OBSERVATIONS SUR LES CARTES GÉOGRAPHIQUES

Sur cette carte de la Bretagne aux /X® et X® siècles nous avons inscrit seulement les localités dont les noms figurent dans les documents et Thistoire de ces deux siècles. Si on la compare à la carte de la Bretagne à Vépoque mérovingienne de notre tome !«*■, on trouvera dans cette dernière des lieux non portés sur celle de la Bretagne aux /X® et X® siècles : ce qui veut dire, non pas que ces lieux habités eussent disparu depuis l’époque mérovingienne, mais seulement que dans les documents et l’histoire des IX® et X® siècles on ne rencontre pas leurs noms.

III. — Le Poutrocoët aux /X® et X® siècles (à la fin du volume).

Pou-tro-Coët, Pays à travers Bois, pays sous bois. Voir ci-dessus p. 172-173 pourquoi la forme Pou-tro-Coët est préférable à Pou-tré-Coët. Ce pays représente l’étendue de terrain couverte originairement par la grande forêt centrale de la péninsule armoricaine, dite ensuite forêt de Brecelien ou Brecilien, qui est figurée sur les cartes de l’époque gallo-romaine et de l’époque mérovingienne, jointe à notre tome I®r.

Le but de cette carte est de montrer à quel point, aux IX® et X® siècles, la grande forêt était déjà percée, ajourée, disloquée, surtout dans la région Sud-Est, par les colonies et les établissements de divers genres qui s’y étaient installés. Nous n’avons pu porter sur notre carte que les plous, les monastères, les châteaux,* nous avons dû renoncer à y inscrire, faute de place, les nombreux villages mentionnés dans le Cartulaire de Redon. Il serait bien désirable d’avoir des cartes représentant cette topographie du Cartulaire, mais il faudrait pour cela une échelle très supérieure à la nôtre.

Sur la nomenclature des plous et autres établissements du Poutrocoët et leur répartition entre les bassins des divers cours d’eau de cette région, voir ce qui a été dit ci-dessus p. 230 à 233.

Sur le rôle et le caractère spécial du plateau désigné dans notre carte sous le nom de Lanvas saltus, voir notre tome I®»*, p. 29-30.

Il doit être d’ailleurs bien entendu que, sauf les terrains dépendant des plous, des monastères, des châteaux, en un mot des divers établissements figurés sur notre carte, tout le reste du sol du Poutrocoët était encore, aux IX® et X® siècles, couvert de forêts mêlées çà et là de landes arides. Dans la crainte d’obscurcir cette carte et d’en rendre la lecture difficile, nous n’avons pas figuré les bois immenses qui couvraient encore ce territoire et dans lesquels les plous et autres établissements se trouvaient comme enclavés, mais il faut considérer ces bois comme existants. — Nous nous sommes borné à indiquer les seuls débris importants qui en subsistent encore aujourd’hui, savoir, les forêts de Penpont, de Lanouée, de Quénécan, de la Hardouinaie, de Loudéac et de Coêtrach ou Coêtraz, nom ancien de la forêt de Quintin dite aujourd’hui forêt de Lorge. — La forêt de Penpont, qui de ces débris est le plus considérable, a porté jusqu’à la Révolution le nom de Brecilien jadis donné à toute la forêt et que l’on trouve encore maintenant (sous la forme Brecilien ou Brecelien) à l’autre extrémité (Ouest et Sud-Ouest) du Poutrocoët dans un vieux château à motte féodale de la paroisse de Paul et dans un village voisin du bourg de Priziac : nous avons eu soin d’inscrire sur notre carte ces deux localités.

La plupart des lieux qui y figurent sont marqués de deux noms : l’un , en caractère romain, qui est le nom ancien du IX® siècle ; l’autre, le nom moderne et actuel, en italique.

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