‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 24 sur 127 · PABTAGB DB LA POLOGNE · texte numérisé non relu

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•cfcMyr k eoBStitalioD : daix partis surgirent, opposés Tun et Vmm à rnanimilé du vote, et voulaiit y substituer la simple Mjorité. L*«n, dirigé par Potoeki, craignait que Ton n'accrât le poavdr du roi, qui oonféraît les emplois; il voulait en y. obvier en attribuant les nominations à un conet souverain : du reste, il remettait les réfer* ■Naa procbain interrègne. Les Gzartoryski, descendants des mmm dues de lithuanie , dont la clientèle était nombreuse te je pays, auraient désiré une monarchie forte et héréditaire, pert^tee parée qulla y aspiraient ; ils auraient voulu par ce ■olif diflunoer Tantorité des grandes charges et des grandes Mlles , et aeeroftre celle des tribunaux. Dans ce but, ils se inatiss appuis de la eour, et ils attirèrent dans leur parti les pwwsijM les plus marquants. Mais Jean Branicki , grand ■aédial de la couronne, dévoila leurs intentions, et se fit le éd d*uB autr» parti qui s*appuya sur la France. 11 ne restait an ûnrtoiysiLi qu*à se ménager des ressources sous main. Lew neveu Stanislas Poniatowski , qui se trouvait à Saint- Ktoibourg, était à même de connaître les sentiments de ceobineL Dénué de courage el d'instruction ■, mais insinuant (t gneieux , avec une belle figure, il élevait ses espérances JHfu^an trône, se fiant à cet égard aux prédictions des astrologMs, et plus encore à la promesse que Catlierine, qui Paimait, Wanit ûiitede le faire élire roi de Pologne.

( 1763) Lorsque Auguste IH, qui avait toujours vécu dans la dépendance de la Bussie, abandonna la malheureuse Pologne poar aller mourir en Saxe, un déplorable interrègne commença te le pays. Les Czartoryski, se hâtant d'opérer des réformes hi vacance do trône , abolirent les grandes charges , les familles puissantes, affaiblirent les seigneurs en liaitaDl leur pouvoir sur les serfs, supprimèrentles privilèges des

' QeiBt ao manque d^lnstruction, ce jngement est inadaiiflsible : Sta- >te ponédait non-ieuleroent beaucoup dlostrirctiou et dMlofyience , ■di il releva , il protégea à tel poiat les sciences, les lettres et les 'odeit qae son règne Ait une sorte de renaissance sous ce rapport, et ¥^ QNHerve le Bom de iiècle de Sianislas-Àuguste. ( An. R. )

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grandes villes et de pcovinees eotières. Les r^iments de la garde furent placés sous la dépendance entière du roi , comme aussi riidtel des monnaies et les postes; on mit à la dispositioD de la couronne quatre domaines des plus riches. Les Czartoryski tentèrent surtout d'abolir le Liberum reto.«Tout cela, ils le firent en quelques semaines , sans chercher d*appui dans la volonté de la nation , pendant que la Prusse et la Russie, intéressées à prolonger le désordre , voyaient toute réforme de mauvais œil'.

Chacun d<« deux partis , d*aocord pour repousser un roi ét^ranger, mettait en avant sa créature. Mais comment espérer que plus do mille électeurs arriveraient à un vote unanime aa mîLeu de tant de passions? Après tout, que servait>il dediseater, lorsque Catherine avait déjà résolu? Soixante mille Russes aux frontières, dix mille aux portes de Varsovie , devaient assurer la libre élection de son amant ( 1764) : des Turcs, des janissaires , des Hongrois , des Prussiens , remplissaient la ville et jusqu'aux galeries de la salle. Stanislas fut donc élu. Issu d*iuie famille italienne très-noble , mais peu puissante >, recommaadable seulement par ses manières et sa beauté, les malheurs dont il eut à payer la couronne lui ont rendu la postérité indulgente ^. 11 mécontenta les Polonais le jour même de son

■ Non-seiilement la Prusse et la Russie ne voyaient pas de maofab <eil ces réformes , mais elles poussaient sous main les Ciartory^i à les faire , d'abord comme moyen dejalousie et d^envie entre les partis , et puis ponr prouver l'influence de la Prusse et de la Russie , dans h facilité avec laquelle elles ont aboli ces réformes par les mains des Ciartoryski eux-mêmes. (An. R. )

^ L'origine des Pouiatowski est toute polonaise , selon les aotorités polonaises les plus authentiques. Le premier Poniatowski , père du roi Stanislas, était fils naturel du prince Sapiegha* grand générai de Litliuanie. ( Ah. R. )

^ La postérité est indulgente pour les rois malheureux qui clierdieil à remplir leur devoir, qui montrent du courage , du dévouement , de la vertu , et qui succorolxînt dans des luttes réelles ; tandis que Stanislas- Auguste cédait à tout, pleurait et rusait constamment. Il fut témoiu des trots portages de la Pologne, et son seul courage fut de régner misérablement durant trente et un ans. (Ax. R. )

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, en ne se roontraot pas avec l'habit national et la tête me; aar il n*a?ait pu se décider à sacrifier sa belle chefrise. Pnis, lié d'un oot^ la Russie, de Tautre aux Czaitoi]fAi, qui exerçaient une puissance absolue, il reconnut bientôt a feiMe nullité sur le trône où il était assis; car il s'y trouvait à b iDod du prince Repnin , Tambassadeur russe , naguère tOB compagnon de débauches , devenu alors pour lui un contEdicteor violent, prompt à lui faire sentir Téperon dès qu*il m BMiBtrait récalcitrant.

Le pays tout entier était alors divisé en confédérations de Mbks , résolus à maintenir leurs droits par les armes ; la lidHHiie seule en comptait quatorze, qui prétendaient, sous bpDéBdenee deRadziwill, rafitermir la république et peut-être éHtàon Stanislas. Les dissidents ( 1767 ) avaicfnt eu recours à la toiae, qui , charmée d'une occasion de se montrer philosophe CB répwUant une intolérance qu'elle-même avait provoquée ,. ki^ sons sa protection. Mais la diète, où dominaient les RpoUicainB (on appelait ainsi les adversaires des dissidents ) , loio de consentir à la liberté du culte , confirma les ordonnances NBètes contre eux.

Stanislas cherchait des expédients pour conserver au moins qMiqoes-unes des prérogatives royales, et s*épuisaiten condescendance envers Tambassadeur russe , qui menaçait de la Sbérie les patriotes , et Braoicki leur chef.

D'une part donc, anarchie, corruption, incertitude, inimitié an dedans , faiblesse au dehors ; de Tautre , une volonté opiniâtre, un dessein arrêté et constant d'écraser les Polonais. Le résultat pouvait-il être douteux ? Déjà tant de misères, ag- Rnvées par la famine et par la pesto , avaient fait naître Tidée ^ partager la Pologne. Mais qui le premier osa proposer de porter le coup qui était dans la pensée de tous > ? C'est là ce qui

* Os poarrait répondre, après avoir interrogé les documents les plus *^fcfitiqiiC8 , que les cabinets de Péterebourg, de Berlin et de Vienne «■t^ea tout temps, en tous lieux, dans les circonstances les plus "Vpniu CB apparence, coupables au même degré visà^vis la Pologne. <^^>caB d'eux pris séparémeat, ou tous agissant collectivement, ont

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0*681 pas éclalrd : « Cefot,dtt Thistoriendela maiaood'Aiitndie, une action si odieuse , que chacune des trois ipiissances Mforça d*eQ rejeter la honte sur lesHeux autres. » La propoi* tioQ en a été attribuée ie |4us généralenient à Frédéric ; ma» il le nia , et les découvertes successiTes paraissent Ten diseslper. Le prince de Kaunitz et Joseph II , qui aspiraient à Tagrandtssement de l' Autriche, espéraient y arriver aux dépens de U Turquie, disposée qu*elle était à payer de quelques proviaos les secours dont elle avait besoin contre la Russie; mais lorsque la paix fut conclue entre ces puissances, Joseph et son nmiistre virent avec peine des arrangements qui renversaient leuis projets. Us envoyèrent donc ( 1770) des troupes occuper co^ taines portions de la Pologne qui appartenaient , selon eux , au royaume de Hongrie, ainsi que les salines de Bochniaetds WielicsKka , qui composaient le principal revenu du roi et Pologne. L'intention de 1* Autriche étant de les garder et noa de les dévaster, ses troupes se comportèrent padâquementëan ces contrées ; tandis que les Prussiens , que Frédéric avait foit entrer dans la grande Pologne, sous prétexte de former un cordon sanitaire contre la peste qui y sévissait, s'y compo^ talent non moins brutalement que les Russes. Stanislas, attaqué de deux côtés « appela à sou aide la Rus-

élé gaidés par les mêmes vues; Ils ooteii reooars aux mAmes moyens «Inexécution pour arriver à leurs fins : c'est-à-dire , d*abord corniptioa et Inirîgues secrètes pour entretenir raoarcliie parmi les Polonais , pnii protectorat désiniéresséf puis Pintroduction de soldats, puis le partage; enfin Tanéantlssement politique et la dénationalisation de la Pologne.

M, Cantu cite plusieurs faits qui tendraient à disculper Marie-Thérèse, pour jeter le principal blAmesur Fr^éric et Catherine. Il dit, et 11 dit vrai , que le partage de la Pologne fut^accompli à la fin de 1771 ; mais il dit aussi ^ et il dit vrai, que TAutricbe avait envahi une partie de la Pologne dès le mois d'août 1770. Comment donc peut-U justifier, ou au moins donner pour sincères, les citations qui prouveraient que Marie-Tbérèse s'opposait au partage» qu'elle le désapprouvait, et ne fai- Mit que suirre les exemple^ de la Russie et de la Prusse, joraqu'eile efTectuait ostensiblement, deux ans auparavant, ce que la Prusse et la. Russie exécutaient deux ans plus tard ? ( Au. R. )

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lie, qni à son toar envahit le territoirp. Le prince Henri , frère itfrédénc, se rendit à Saint- Pétersbourg pour s'entendre n«e Catherine : Joseph s*y rendît aussi. On parvint à apaiser (es scmpales de Marie-Thérèse , en lui faisant entendre que c'était le seul moyen d'éviter Teffusion du sang ' ; et il parut à ces arides négociateurs que le seul moyen de satisfaire leurs BiitiieUes prétentions était de se partager la Pologne.

Exemple inonl de trois puissances d'intérêts divers , s*unistant pour démembres un État dont Tunique tort était de ne fooioir leur résister ! ^arrangement ne fut connu qu^au mo- ■CBtoô il devint public , avec les pièces h Tappui de droits qui B*avaient d'autre poids que celui des armes. Marie-Thérèse Manit, dans son manifeste, que le pays dont elle s'empanit avait très-^nciennemeut appartenu à la Hongrie; que si ses fwédfatteuis ne Tavaieut pas réclamé , c*était bonté et pure ^énàesité de leur part; que si plusieurs d'entre eux , comme Molphe n, les avaient cédés, ils avaient agi sans droit, ittOMla que le droit canonique invalide les cessions faites pww roi, eomme celles qui sont consenties par un mineur; fi*!! allait donc rendre grâce à la Providence , qui avait offert à la maison d'Autriche Toecasion de recouvrer des droits à évidents et si bien fondés.

lOedinHiahanNide BreleuH , aiiiba«adeur de France : « Je sais Ksfa inpriiDé à mon règne nne tache houleuse ; mais od me pardon- ■raiii roB savait à quel point J'y répugnai, et combien de circonstances «léanirentponr faire Yîolenceà mes principes et à mes résolutions, à lottlea les Intentions de Tinjuste ambition russe et prus- Après y avoir pensé beaucoup, ne voyant pas moyen de ni'op- Ner lenle «ni projets de ces deux puissances, je crus, en mettant en **>atdeB demandes et des^rétentions exorbitantes, qu^Hles reftise- '>*at, et «pM les négodatîons seraient rompues : mais mon ëtonnement ctaadoulcor (tarent extrêmes, quand je reçus le cousentement ab- >*>^ roi de Prusse et de la czarine. Je n^eus jamais un plus grand <^*0te; il en ftat de même de M. de Kannitz, qni s'était constamment ^9^ de toutes ses forces à ce cruel arrangement. » Lettre du baron . ^ SrHenil au vicomte de Vergennes , en date du 23 février 1 775 , rap- V*>téepar FLEaSAR. Hittoire de la Diplomatie française , t. Vil, M3i.

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Le grand Frédérie mettait en avant des argumenls de la même force ; mais Catherine ne se donna pas, comme em» la peine de fouiller dans ses archives et de torturer rhistoires et le comte de Salm lui ayant dit que le roi son maître craignait la désapprobation publique^ elle lui répondit : Je prends le blâme sur moi.

Le traité de partage fut signé à Saint-Pétersbourg le 26 juillet (5 août) 1772. 11 attribuait à la Russie les deux gouvemeffleots de Polotsk et de Mohilev , c'est-à-dire 4^,157 milles géographiques, avec 1,800,000 âmes; à F Autriche, les treize villes da comté de Zips , jadis hypothéquées par le roi de Hongrie Sigismond, et rancienne Russie Rouge; en tout, 1,360 milles géographiques et 3,300,000 habitants. Ce territoire, tràs-important a cause des salines qu'il renferme, mettait la Pologne sous b dépendance de TAutriche pour un objet de première nécessite. Et comme on disait que ces salines appartenaient autrefois à la Hongrie, dans le pays de Ualicz et de Vladimir, on forma de ces provinces le royaume de Gallicie et de Lodomirie, détaché toutefois de la Hongrie. Ainsi la plus grande part, mais la moins fertile, échut à la Russie ; la plus productive , à r Autriche; la plus petite, à la Prusse (490,000 liabi tants seulement). Mais elle était pour elle très-importanti en ce qu'elle arrondissait ses États, et lui fournissait uw communication entre les provinces prussiennes et le Brande bourg.

On conçoit la douleur dont la Pologne fut saisie ; mab le cabinets spoliateurs ne répondirent à ses plaintes que par de reproches sévères ; et « afin que nulle illusion ne vînt alléger pour cette malheureuse nation , le poids des faits accomplis un terme lui fiit fixé pour s'y soumette. Ce djélai passé, Leur Majestés se déclaraient dégagées de toute renonciation, etd<

' Nous ferons observer ici que Catlierine II fouillait daas ces arcfai ▼es comme Frédéric II et Marie-Thérèse, pour établir aussi par desécril ioi-disant historiques ses droits sur la Pologne. Les Polonais y répoodi rent , et ces pièces, publiées dans le temps, ont été reproduites depu dans plusieurs ouvrages. On peut consulter sur tous ces évéoemen V Histoire de Pologne, de Léonard Chodzko. ( Am. R.;

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