INSTRUCTION PRIMAIRE
L'instruction populaire était, il y a quelques années, à peu près nulle à Chantelle Un paysan qui savait lire était un phénomène. Dans vingt ans d'ici on montrera du doigt la fille qui ne portera pas son livre à la messe, l'ouvrier et le cultivateur qui ne sauront pas faire eux-mêmes leurs affaires.
L'instruction bien comprise relève, annoblit l'homme, le moralise, le perfectionne, eu fait un citoyen utile à la patrie , à la religion. Mais j'entends la banale objection : Quand vous aurez un peuple de savants , nul ne voudra cultiver la terre , partout pulluleront des avocats de village. — Erreur. En Belgique, en Allemagne , en Angleterre, tout le monde est instruit; personne ne songe à s'en prévaloir, encore moins à déserter les champs; nulle part au contraire l'agriculture n'est mieux comprise et mieux pratiquée. Du reste, quel mérite y aura-t-il à savoir lire et écrire, quand tou* auront le même avantage ? Aujourd'hui c'est l'exception ; demain , ce sera la règle. Nous appelons de tous nos vœux le jour où ce peuple si intelligent de France participera au bienfait d'une instruction sage et vraiment libérale.
80 garçons et 50 filles reçoivent ici les premiers éléments de notre langue, des
mains d'un instituteur cl d'une institutrice, tous les deux reconnus par la ville. Bientôt , grâce au ministère des dames Bénédictines, pas une seule fille , à Chantelle, ne sera privée de l'instruction, si nécessaire à celles-là surtout auxquelles reviendra , un jour, l'éducation de la famille.