CHANTELLE AU MOYEN-AGE
PÈPIX-LE-BREF ET CIIARLEMAGNE VIENNENT F.N PERSONNE ASStÉCEB Ut FOUT DE CHANTELLE. — NIRILONG EN EST FAIT SEIGNEUR. — FONDATION DU PRIEURE. — ÉGLISE DE SAINT-VINCENT. — SAINTES BEIJQUES. — GUI DE SULLI REÇOIT LE PALLIUM DANS L'ÉGLISE DE SAINT-VINCENT. — UN EY&QUE DE CLERMONT T EST SACRÉ — MONASTÈRE DES GENOVEFAD» AUJOURD'HUI COMMUNAUTÉ DE BÉNÉDICTINES. — CÉRÉMONIE IMPOSÉE AU SIRE DE CIIANTtUE , LORS DE L'INSTALLATION DES AftCHF.VtO.UB8 DE BOURGES. — REVOLTE DES ENFANTS DE CJICEUH. — PHILIPPE AUGUSTE ENVOIE UNE ARMÉE FOUR RÉDUIRE LES HABITANTS DE CHANTELLE. - ARMOIRIES DE NOTRE CITÉ. — LE BON DUC LOUIS. — ORDRE DE L'ESPÉRANCE. — TOURNOIS ET FÊTES. — CHANTELLE DEVIENT UNE DES PLUS FORTES PLACES D'AQUITAINE. — CAPITATIONS QUI LUI SONT IMPOSÉES. - ELLE SERT
CANONS. — ISABELLE DE VALOIS PRISONNIERE DES ANGLAIS, EST DÉUVUEE A L'AIDE DES ENGINS D'ARTILLERIE FABRIQUÉS AU DONJON DE CHANTELLE.
seigneurie de Chantelle , enclavée dans lea Aquitaines , éprouva le contre-coup des fréquentes révolutions qui agitèrent ce pays. Cette province, d'abord soumise à de petits princes indépendants qui descendaient de Clovis en ligne directe (1) se souleva fréquemment contre les de France dont elle supportait avec peine la suzeraineté, et llunod furent ses principaux ducs. Sous le vaillant aifer, Gis de ce dernier, l'Aquitaine défendit ses droits héroïsme que l'amour de la patrie peut seul inspirer.
(lj Charte d'Alaon, imprimée dans les conciles d'Espspne. — Don Vaisselle. (2) Etudes histm<i»es.
Depuis Eginhard jusqu'à nos jours , la plupart des historiens sont tombés dans une erreur grave, justement relevée par M. de Chateaubriand (1), en rangeant parmi les conspirateurs vulgaires ce valeureux héritier des Mérovingiens.
Pépin-le-Bref venait de monter sur le trône. Beaucoup de seigneurs, hier encore ses égaux, refusèrent de le reconnaître pour souverain. Le duc d'Aquitaine le vit, sans trop d'effroi , rassembler une armée nombreuse et venir l'attaquer au cœur même de ses Etats.
Chantelle, sur sa montagne de granit, osa dans cette circonstance , résister au puissant fondateur de la race Carlovingienne.
Chantelle n'avait pas encore ses hauts remparts diamantés, son donjon massif et sa couronne de créneaux, œuvre imposante du moyen-âge. Mais dans ces temps primitifs, où l'artillerie n'était pas connue, il présentait des éléments de défense assez complets pour arrêter le plus redoutable agresseur. Le roi des Francs fut obligé de venir l'assiéger en personne. Son fils Charlemagne l'accompagnait.
« Le roi Pépin, dit Achille Allier, traînait avec lui de formidables machines de guerre d'une science de combinaison et d'une énergie d'effets inconnus encore aux Barbares. C'étaient des poutres énormes qui, mises en mouvement par des leviers et des cordages, et roulant sur des cylindres, allaient heurter les murailles de leur front de fer ; c'étaient de raides détentes qui lançaient en sifflant des traits armés de pointes aiguës, des blocs de pierre et des torches flambantes (2).
Le fort de Chantelle ne put tenir devant ces moyens puissants d'attaque ; il fut emporté d'assaut par les soldats francs et brûlé par eux sans miséricorde. Toute la garnison fut emmenée captive.
Les historiographes qui nous retracent ces divers événements, parlant des villes et des châteaux dont s'emparèrent Charlemagne et Pépin, se contentent de citer les places les plus importantes.
Trois seulement y sont nominativement désignées, Bourbon, Chantelle et Clermont, Pijtinus, cwn Carlo fi/io burbonem, Cantclara, Clarmontem . aliwsque ckitate* et caslella, pugnando cepit (3).
Ainsi Chantelle, comme point militaire, jouissait déjà d'une grande célébrité, puisqu'il n'a j>as échappé aux annalistes de Mayence et de Pistoic, puisqu'il est assimilé, non-seulement à Bourbon, mais encore i la capitale de l'Auvergne. Le nom de ces trois villes suffisait pour caractériser cette campagne qui avait coûté tant de
<t| El'ida hitlm'iuc».
|2> Ane. Bourljoitnait, loin. I, paç. 422.
(3) Collection de Duclicwir, « AimMm Fuldens, loin. H. pag. 535, année DCCLXI. « Awjw/cj de J/uy/wv, anaies 739 el suit. — Awutlts <k Pitloie. — Anonyme de Bavenne. — Kginluird, historiographe de Clmrlcnwjrnc, appelle Chantelle, Cantilla; Voir dans le mémo murage , aux page» 13 et 20, le narre des fait».
peines au vainqueur. Le brave duc d'Aquitaine était vaincu. Pépin donna 6ea terres et le château de Chantclle à l'un de ses capitaines les plus éprouvés , Nibilong, qui devint la tige de Bourbon de nos jours (I). C'était, dit le chroniqueur Frédegaire, un «•minent guerrier, et de plus le cousin paternel du roi. Ces événements se passaient en 762.
Il est assez difficile de préciser la filiation des divers princes et seigneurs qui, à partir de ce parent de Pépin, ont successivement occupé notre ville.
Ce qu'il y a de très-positif, c'est qu'en 770 le Bourbonnais fut érigé par Charlemagne en baronnie, laquelle ne renfermait alors que quatre châlellcnies, Bourbon, Murât, Hérisson et Chantelle (2).
Néris, jadis ville immense, dont un homme à pied ne pouvait en l'espace de quatre heures parcourir la circonférence (3), Bourbon-l'Archambault, séjour favori de nos princes ; ces deux cités ont reconnu Chantelle pour leur métropole (-1).
Il paraîtrait qu'en 796, le sire de Bourbon aurait octroyé la ville de Chantclle à un autre Nébclong ou Nibilung, comte de Mairie en Normandie (Cornes matricemis) . bisaïeul de Robert-le-fort, duc de France.
Sous Cbarles-le-Simple, en 913, Aimar I", comte de Bourbon, céda Chantelle, par contrat de mariage, à son fils Haimon I" (5).
L'n titre important, dont nous allons parler maintenant, va nous apprendre qu'au milieu du X* siècle notre cité appartenait encore à un prince de la maison de Bourbon.
Au moment où la France se couvrait partout de monuments religieux, un homme de grande foi et piété, Airald, du consentement de Rothilde sa femme, et à la sollicitation de ses parents et voisins qui demeuraient au lieu de Chantelle, fit bâtir sur le* bords de la Bouble et près d'une ancienne église dédiée à saint Vincent , martyr, un couvent célèbre. 11 en donna l'investiture à Vitraud, prévôt do la communauté
(1) Testament d'Aimar ou Adliémar I", en 023; — Charte» d'Aimond I", données en tM3 et 953; — Charte d'ilugucs-Capet délivré en 995 où il parle de se» bien-aimés parcuts, le comte Archambaud et son
(2) narration» hittoriqwct, par Jacq. Fodéré, visiteur des Cordcliers.
(3) J.-F. Barailon, p. <H5.
[i) Charles déposées aux Archives de l'Allier, où l'on voit que Néris, Blanzat et autres localités ont relevé de Chantelle: — flirt, des comte* de Poitou, par Besly. p. 79 et 252.
(5| D'anciens diplômes, chartes cl manuscrits, déposé* soit A la Bibliothèque Impériale, «oit à la préfecture de Moulins, établissent ces différents faits.
d'Evaux au diocèse de Limoges. Ce fut en 936, comme il appert de l'artc conservé
aux archives do Clcrmonl-Ferrand (1).
Les fondateurs étaient mus, ainsi qu'ils l'expriment dans le préambule de leur
donation, par la pensée des jugements de Dieu et la crainte du feu éternel; et ils
suppliaient par là le juge suprême de daigner leur accorder au dernier jour pardon et
miséricorde, tribuere dignetur veniam in die ultimd.
Ijg premier signataire de ce contrat est Gerontius. archevêque de Bourges, sous la
juridiction duquel était placée la ville de Chantelle ; puis Pévequo do Limoges qui a pour diocésain» les chanoines d'E vaux. Viennent ensuite Odon, abbé de Cluny, et plusieurs autres chefs d'ordre. Enfin, en tête des signataires laïcs, des chefs militaires, est Gui, comte de Bourbon, fils d'Adhémar à qui, selon quelques auteurs, Chantelle avait été donné en apanage.
Mais là surgit une difficulté : Rothilde était, au témoignage d'habiles généalogistes, dame de Montluçon et souveraine de Chantelle ; elle était en même temps vicomtesse de Limoges. C'est elle qui, mariée d'almrd à notre bienfaiteur Airald, synonyme de Gérald, Girald ou Geraud, aurait en secondes noces épousé Archambaud 1*'. sire de Bourbon. Or, d'après les usages féodaux, aucune portion do territoire, en cas d'extinction masculine, ne pouvait être aliénée sans l'agrément de la femme qui en était regardée toujours comme la propriétaire véritable ; voilà pourquoi, en tête de sa donation, Airald eut soin de stipuler consentiente uxore med.
Des dissertations nombreuses et savantes (2) ont été publiées sur cette épineuse question.
Il paraît donc démontré qu'à cette époque la branche Bourbon-Monllumu , représentée par les époux Airald et Rothilde, régnait en effet sur Chantelle. Gui, comte de Bourbon, de même que les autres seigneurs couchés dans l'acte, n'auraient été que simples témoins instrumentaires.
Quoi qu'il en soit, ce fut sous une branche bourbonnienue qu'eut lieu cette intéressante fondation, le 7' jour des calendes d'avril et de l'Incarnation de N. S. l'an 930, indiction ti% et la 8* année du règne de Louis d'Outremer , roi de France et des Aquitaines.
(f| Fond» de la Saiule-Clwpdlc do Ftiom; — Gallia ChriMiam, l. II, nouv. édit. — Bibliothèque du Cluny. — Le grand PouilU. Voir A lu fin du vol., pièce B, celle charte de fondation.
(2| Porc Anselme, Ilist. tics grands officiert, t. I". p. 451, 225 et suiv. — Moréri, (ii'cf . t. VI. p. 322. — Art 'le vtrifier la dntes, t. X, p. %\\ et *uiv — Brunei, Itist. abrtgH d>* fi> f$, p. 2*5 et 389. — Dubouiliel, Uût. de la tnoùjn <k Courthenay, p. 477 cl «t. - Justcl, Uitt. d'Aintryne, l. VIII, p. 420. - Ach. Allier, Ane. Bourbonnais, l 1", p. 477. t. Il, p. 378. - Bni ? ière de la Molle. — A. G. Uguérenne. EU>dn «wr l'lutt. de l'âne, teignevrie ou banimie de Moulhiçan, Art en prurïiw , t XV, 2« tivr . p. 31.
D'après la charte constitutive que nous avons citée, une Eglise édifiée jadis eu l'honneur du diacre saint Vincent, a voisinait le monastère d'Airald. Ce ne peut être le vaisseau actuel qui, d'après tous les archéologues, ne remonte qu'aux XI e et XII» siècles. L'église primitive était, sans nul doute, une construction simple, où la foi chrétienne n'avait pu être symbolisée sur la pierre. A peine dans notre France rcste-t-il quelque monument religieux antérieur au X* siècle.
C'était une opinion généralement répandue, qu'en l'an mille de notre ère , devait arriver la fin du monde. On ne bâtissait plus de maisons ni d'églises. Qu'auraient servi ces objets à une génération qui ne devait point se renouveler? Mais quand le terme fatal fut dépassé, ce fut partout comme une expansion de reconnaissance et d'amour envers le maître qui daignait conserver son œuvre, et l'on vit sur tous les points de l'Europe s'élever des temples où se traduisaient la joie et la piété de nos pères.
Protégés par nos princes, les reUgieux de Chantelle voulurent, eux aussi, rivaliser de zèle, et, sous leurs maius, la pierre revêtit les formes les plus mystiques.
D'abord la position qu'ils choisirent ne pouvait être plus religieusement poétique: un roc de granit encadré lui-même par une demi-ceinture de rochers, semés çà et là de verdure et d'habitations champêtres; à la base un torrent, tantôt disparaissant au milieu du feuillage, tantôt étalant avec complaisance ses nappes d'argent , mais toujours coulant avec un murmure profond, solennel; enfin une vallée pittoresque qui n'a pour limites que la crête des montagnes du Forez se perdant elles-mêmes dans l'azur du ciel.
Au milieu de ce site à la fois gracieux et sauvage, à travers tout ce bruit, l'église des Génofévains s'élève calme et silencieuse, belle comme une apparition céleste, radieuse comme l'arche sainte au milieu du désert.
Oui, je le répète, rien ne saurait être plus poétique que la collégiale de Chantelle. Fièrement assise sur ce hardi promontoire découpé par la Double, placée là comme une sentinelle de Dieu, elle semble dire à tous ceux qui la contemplent des montagnes et des vallées voisines : « sursùm corda, élevez vos coeurs, portez vos regards au-dessus de tant d'objets répandus sur votre route. Tous ces produits de la création, quelque merveilleux qu'ils soient, passeront un jour. Le maître suprême seul doit être le but de vos incessantes aspirations. »
Pénétrons dans ce monument, l'orgueil de notre contrée. Quelle majesté ! \a grande nef qui s'ouvre devant nous, large, spacieuse, porto bien haut sa voûte d'arête , semblable à deux mains qui se joignent pour prier.
Les bas-côtés, en voûte à demi-berceau, se rapprochent pour ainsi dire de leur sœur aînée pour soutenir son aspiration vers le ciel.
Des piliers fascicules, largement espacés, soutiennent l'édifice. Tous les chapiteaux en sont variés ; on dirait autant de corbeilles de fleurs au milieu desquelles se jouent des oiseaux et des animaux fantastique» : il y a là toute une eflloraison luxuriante, éclose sur la pierre. L'homme y tient aussi sa place, l'homme, ce roi de la création.
Les quatre colonues qui supportent le clocher ont été évidemment grossies. C'est une superfétation qu'il serait facile de faire disparaître. La coupole est d'une élévation remarquable. Comme les constructions bysantines , elle est placée à la jonction des bras de la croix, séparant les transepts, les nefs cl le sanctuaire.
Le choeur est le morceau le plus achevé. 11 incline à droite pour imiter la pose du Sauveur expirant. Le jour y arrive par deux rangées de fenêtres décorées de colonnetles. Celles du premier étage laissent descendre par cinq ouvertures de moyenne grandeur une clarté mystérieuse. Dans cette partie, la retombée des voûtes se réunit sur deux colonnes monocylindriques si délicates, que l'on tremble presque de les voir s'affaisser sous le poids qu'elles supportent. Il est vrai qu'autrefois une colonne carrée existait intermédiaircment; l'architecte qui la fit disparaître, a lancé dans tout l'intervalle cette arcade en phylactère qui se tord avec une certaine hardiesse ; mais dans la circonstance, -c'est un véritable hors-d'œuvre qui a même quelque peu ébranlé cette partie de l'édifice. Nous devons faire remarquer que ce genre de pilastre indûment enlevé ne se retrouve que dans deux ou trois autres églises de France (1). C'est une rareté dont pouvait être Gère notre collégiale de SaintrVincent.
Trois chapelles absydales et rayonnantes se groupaient autour du maître-autel. Au centre est celle des Saintes Reliques, où brillaient jadis 22 châsses élégantes ; la statue de la Vierge les dominait toutes. La chapelle, du côté de I'épîtrc, était dédiée A sainte Geneviève, patronne des religieux.
Un manuscrit que le hasard m'a fait tomber sous la main (2 porte que celle du coté de l'évangile a été bâtie en 1501, en r honneur de Monseigneur Saint Pierre, par Marsaull Rodière, maçon du roi et du prince de Bourbon , dans laquelle il a fondé une messe tous les dimanches et un libéra me.
Signé : Rowêhe, maçon du roi et de Monseigneur le duc de Bourbonnais.
François i>ts Ecnits, prieur de Bannaxxal et prieur claustral de céans.
Dans les transepts, on voit deux chapelles, orientées en cul-de-four: i» gauche, celle des Cinq Plaies de Notre Seigneur, éclairée par une fenêtre ogivale, intempcstivcment rapportée à la fin du XV siècle ; à droite, celle des Rois, ornée d'une niche
(I) A. ltign©r> (IJaulc-Marne}, nie.
(2i A M. GuilIwiKt-Ubrossc. Voir ëpnlriucnl auv Archives IntiHiialc*, wJ k.
flamboyante, ajoutée à la même époque. Celle-ci était incontestablement la plus belle. Elle était réservée aux princes ; c'est par extension qu'on l'appelait f/w/w//ff de» rois. Les transepts où débouchent ces deux chapelles, montrent de flanc une arcature à trois compartiments divers. Originairement, le fond était plein ; deux ouvertures y ont été, après coup, pratiquées au Sud. Au point central de celte décoration, l'arc eu mitre est très-prononcé.
Ce noble édifice a été consacré ; des signes caractéristiques, découverts sur certaines colonnes, en sont la preuve à nos yeux.
M. Louis Batissier, dans son Art Monumental (V signale les peintures de l'Eglise primatialc de Chantelle. Ce qu'il a décrit, toutefois, n'est que le pâle reflet d'une époque de décadence, le siècle de Louis XV. Il était réservé à un jeune architecte du chemin de fer du centre (2), en mission archéologique à Chantelle, de deviner sous une triple couche de badigeon, et de faire reparaître au milieu du XIX* siècle une Eglise ornementée commo elle l'était au XIII*.
D'abord, dans la établie des rois, c'est Eve cueillant la pomme fatale; la Vierge vient réparer la faute de notre première mère; la glorieuse Assomption termine celte scène de la chûle et de la rédemption humaines. Ces sujets indiquent assez que ce petit sanctuaire était dédié à la Mère de Dieu. Aux parois de la muraille qui fait face à l'autel, nous ne devons pas oublier cette longue procession de moines qui viennent l'abbé en tète, faire la présentation des clefs de l'Eglise.
Dans la chapelle opposée, au ciel delà voûte, apparaît le Père éternel bénissant le monde ; à ses côtés, sont les attributs des quatre Evangélistes. Immédiatement audessous, est assis le Verbe, pressant sur sa poitrine la colombe mystique ; deux anges adorateurs debout à la droite et à la gauche du Sauveur, tiennent dans leurs mains des cliandclicrs de forme bysantine. Le baptême, donné par saint-Jean sur les bords du Jourdain figure sur le même plan. C'est le morceau le mieux conservé ; la scène qui était peinte au tympan voisin n'est malheureusement plus comiaissable.
A la grande arcade du chœur, se montrent les douze signes du zodiaque, représentés de la façon la plus rudimentaire : mais en revanche, tout près, on voit un emblème touchant de la commuuion eucharistique. Ce sont des griffons, au nombre de dix, qui boiv ent dans des vases antiques aux formes les plus curieuses.
Partout enfin, dans le chœur et dans les chapelles, aux colonnes, aux arceaux, aux archivoltes, ce sont des ornements du temps, les plus variés : palmcttes, enroulements, losanges, chevrons brisés, étoiles, soleils, croix, fleurs de lis, etc. Dans toute l'étendue des nefs, ce n'est plus qu'un ton brun, avec des assises imitant simplement la pierre.
(1) M Compagnon Léon, en mai 4853
Le coloris de toutes ces peintures est encore plein de fraîcheur; les formes des personnages laissent quelque chose à désirer : mais sur chaque figure respire le mysticisme des âges de foi. Un artiste de goût (1) a pris une esquisse de toutes ces images que l'air et l'humidité auront bientôt détériorées.
Nos pères ne partageaient pas notre engouement pour les sombres beautés de la pierre nue. Ils aimaient à donner du ton à leurs églises; non-seulement, ils les peignaient, mais souvent ils les enluminaient, ils savaient en rehausser les diverses parties par des teintes riches et harmonieuses. La peinture murale au moyen-Âge, Chantelle nous en est un exemple palpable, a donc été un mode d'ornementation que nous avons le tort de trop négliger aujourd'hui.
Un vieux parchemin, conservé dans nos archives départementales (2), nous apprend que les armes des princes et seigneurs de Bourbon paraissaient en relief aux lieux les plus honorables, non-seulement sur la porte du prieuré, mais à la clef de voûte de l'Eglise, sur le trésor dos saintes reliques et à tous les vitraux du chœur qui en étaient chargés.
Cette église est très-régulière : c'est une croix latine avec trois nefs, dont les demivoûtes latérales ont été en quelques endroits rechargées sur l'arc. Comme la plupart de nos monuments chrétiens, elle est orientée. 38 fenêtres distribuaient dans toutes les prlies de TédiOco une lumière à la fois abondante et sage. Le soleil levant enflammait d'abord le sanctuaire, puis inondait successivement tout le vaisseau d'une lumière magique. Les vitraux, mosaïque aérienne, se reproduisaient sur les dalles avec les banderolles des anges, les armoiries des ducs, les vêtements à longs plis des saints personnages. Et le soir, quand le jour s'éteignait dans les chapelles, la grande rosace dardait encore ses rayons dans la vaste enceinte, semblable à l'espérance qui ne meurt jamais dans l ime du chrétien.
Ce vaisseau a daus œuvre 38 mètres de longueur, et de largeur 25 au transept et 13 dans les trois nefs. Celle du milieu emporte à elle seule 6 mètres 00. Les voûtes des l»as-côtés ne retombent pas sur les piliers de la grande nef, mais atteignent la voûte de cette grande nef elle-même et semblent de trois voûtes n'en faire qu'une seule. C'est là quelque chose de très-hardi et de très-noble en même temps.
Trois travées se partagent la partie inférieure de ce monument ; l'espace entre chacune d'elles varie de G mètres à 6 mètres 50. Dans les entrecolonncmcnls du chœur, il y a pareillement une inégalité d'intervalle occasionnée par l'inclinaison de l'édifice. La hauteur de la grande nef dépasse \h mètres et la coupole 20.
Cette église appartient à l'architecture romano-bysantinc de l'Ecole Auvergnate dont Notre-Danie-du-port à Clcrmont, Saint-Paul d'Issoire. et j'ajouterai Saiut-Eticnne
(1) Le Vin Desrosiers, raarkto.
(2) Casier du prieur de Sainl-Yimenl.
de Nevers, sont les types générateurs. Elle n*a jamais été terminée ; il fallait du temps et d'immenses ressources pour asseoir et lancer dans les airs toutes ces merveilles qui ont défié les siècles. Mais rien ne pouvait abattre et décourager les logeurs du Bon Dieu; une pensée surhumaine soutenait leur bras et fortifiait leurs âme, et le siècle suivant achevait ce que le siècle précédent n'avait fait qu'ébaucher. On se proposait de placer à la base de ce monument déjà si grandiose un portail en harmonie avec le style qui le décore intérieurement.
Celui de Fleuriel (1) datant de la même époque, peut nous donner une idée de ce qu'aurait été la façade de la collégiale de Chan telle.
Si celle Eglise offre partout à l'intérieur d'aussi remarquables détails, l'extérieur n'en est pas traité avec moins de soin.
Des modillons ou corbeaux, formés de figures grimaçantes, des cordons de billetles, des mosaïques, des imbrications variées, cela se voit principalement à la muraille du côté Sud. Une croix grecque en saillie se fait remarquer au frontispice de ce transept. Le clocher était d'une hauteur prodigieuse ; on pouvait l'apercevoir de Saint-Pou nain. Il affectait la forme carrée.
D'abord, immédiatement au-dessus de la coupole bysantine dont nous avons parlé plus haut, se montrait un soubassement à Parcatu reaveugle, à l'ornementation sévère ; puis, venaient deux étages couronnés chacun par des corniches en saillie. Trentedeux fenêtres, séparées par de légers meneaux, donnaient à toute cette construction un aspect féériquc. Une flèche, flanquée de clochetons à jour, s'élevait avec majesté sur cette base, à la fois solide et légère. Enfin une croix à trois fleurs de lis d'or l>arfaisait ce chef-d'œuvre des imagiers du XII" siècle. Le vandalisme de 1793 pouvaitil respecter ce riche produit de l'art et de la foi ? La flèche sublime tout entière a disparu, le soubassement seul est resté intact. 2,400 francs n'ont point été jugés assez, chers pour solder cette œuvre de destruction impie, il a fallu donner en sus tous les matériaux à l'architecte démolisseur.
Aujourd'hui notre ville est humiliée et confuse d'avoir laissé tomber le plus beau fleuron de sa couronne. Nul de ses monuments ne peut signaler au loin une agglomération d'hommes libres et civilisés. Que de fois les pères parlent à leurs enfants de l'antique et belle église des Génovéfains ! Que de fois est répété ce jeu de mots populaire : Au prieuré de Chantelle, /'/ y avait cinq clochers et quatre sans cloches /
(f) Le portail de Fleuriel, chef-d'œuvre du XII' siéelc , est sans contredit le plus beau de notre province. I-cs sculptures en sont délicates et soignées. Elles étaient couvertes d'or, d'aatur et de vermillon, dont quelques traces subsistent encore. Tous les chapiteaux de l'intérieur sont du même goûl. L'Eglise de Fleuriel cependant n'est point encore classée au nombre des monuments historiques.
.Nos vieillards vantent beaucoup la sonnerie qui, aux jours de fêtes, contribuait à les délasser de leurs pénibles labeurs. Chaque cloche avait son nom particulier. Le bourdon, installé récemment à la paroisse, était la cloche des confrères des Saintes Reliques. Nos paysans, dans leur langage parfois si pittoresque, l'appellent le taureau lie saint Vincent.
Ijo vigneron Chanterai» ne redoute ni la grêle, ni la foudre, ui les éclaira, lorsqu'il entend bramer le taureau de saint Vinrent. C'est un génie protecteur qui réjouit toute lu \ il le d'une manière indicible. Les Génovéfains entretenaient un carillonneur qui, avec les pieds, avec les mains, frappait en cadence sur cinq cloches et savait les faire parler selon la solennité du jour. Rien n'était beau comme ces mélodies aériennes qui, saisies, répétées par les échos, allaient se prolongeant dans ces gorges profondes. Mais depuis GO ans, un silence de mort règne dans ces lieux. Depuis 60 ans, la sainte basilique est livrée à la profanation ; les voies de Sion pleurent parce qu'il n'est plus personne qui accoure à ses solennités (1).
Le dirai-je ? un pressoir et des cuvos encombrent partout les nefs, autrefois garnies de fidèles. Là où résonnait l'orgue, on cercle à grand bruit les tonneaux. Les chapelles et le sanctuaire recèlent le foin et la paille que le bœuf rumine à quelques pas de là.
Les dalles qu'avaient amincies la lèvre ou le genoux du croyant, sont à chaque instant brisées par le fléau du batteur, ou par le roulement des tombereaux, auxquels ce lieu sert de remise. Une poussière noirâtre recouvre toutes les sculptures des piliers; à la place dos riches tentures fournies par les princes, pendillent de dégoûtantes toiles d'araignées.
Plus une verrière, la neige et tous les vents du ciel se battent là comme dans un caravansérail. \«l pluie péuètre la toiture, disjoint les ciments, verdit les voûtes; la pluie, ce mineur invisible, qui a détruit plus de monuments que tous les Vandales réuni» ensemble....
L'antique et seigneuriale basilique de Chantcllc a subi d'importantes modifications, selon le temps et les hommes qui en ont conçu la pensée et dirigé l'exécution. Lu plus considérable remonte à 1620. Les jésuites du collège de Moulins venaient, par un «lit royal (1614), d'être mis eu possession des revenus du prieuré de Chanlelle. Lne restauration complète du saint monument dût signaler leur avènement parmi nous. Malheureusement, cette restauration fut mal comprise. D'abord, une sacristie neuve encombra la cour conventuelle et masqua l'un des transepts. Trois statues colossales (2) nobles débris de quelque ouvrier de Michel Colunbe furent, sans pitié, enfouies sous le dallage de la sacristie nouvelle. La toiture de la grande nef fut exhaussée et rapetissa le chœur ; des éperons plus massifs prêtèrent leur appui aux murs extérieurs.
H) Lammtations de Jiràrtt, t, 4
(2| Saint rierre, sainte Aune et sainte Suuinoe. Voir a ce sujet la lettre critique que non» avons publiée dans l'Art m province, le 22 féiricr 4W3.
Quelques fenêtres furent agrandies ou diminuées, plusieurs mêmes ont été modifiées entièrement. A l'intérieur, une couche grise remplaça les assises des nefs, les riches peintures des chapelles et du sanctuaire.
Le maître-autel, adossé à la coquille du chœur, fut reporté plus avant sous la coupole.
Un portail de l'architecture grecque selon les jésuites aux XVII* et XVIII» siècles, fut incrusté à la façade, et l'on fit usage de pierres ayant servi à la première construction, sur lesquelles des inscriptions figurent encore. Les quatre piliers enfin qui portent le clocher, auparavant élégants et sveltes comme ceux du reste de l'Eglise, furent, par un excès de précaution, flanqués d'énormes pierres de taille et surmontés de nouvelles arcades.
Nos modernes archéologues trouveront bien des choses à reprendre à tout ce travail . Néanmoins, on doit être reconnaissant envers ces maîtres distingués à tant d'autres titres, qui 6e sont efforcés, selon leurs ressources et le goût du temps, de conserver un monument si digne d'intérêt. N'en doutons pas, ils seraient montés sur les toits pour déraciner avec leurs mains cette forêt d'arbustes qui y croît maintenant, étonnée de se trouver dans un lieu semblable. Pourrait-on s'imaginer, en effet, que dans une mémo année (en 1849), 135 jeunes ormeaux ont été enlevés de dessus les voûtes du chœur et plantés dans les champs? Un arbre, arraché de là, un jour, par le souffle de la colère de Dieu, a pu faire deux brancards de charrette....
La vue de ce monument a inspiré à un jeune archéologue de notre province (I) ces lignes judicieuses qui s'accordeut si bien avec notre travail : • Quant à l'Eglise, dit-il, c'est une construction des XIV et XV» siècles (2) et une des plus complètes de notre province ; elle est tout-à-fait du style bysantin. L'extérieur n'offre rien de notable ; le portail ayant été refait au XVII» siècle, il a été décoré de l'ordre dorique.
A l'intérieur, l'Eglise montre une nef voûtée en berceau ogival, et deux bas-côtés très-étroits dont la voûte en demi-berceau est fort élevée , et cos bas-côtés, ainsi voûtés, tournent autour du chœur, ce que je n'ai pas vu encore dans aucune de nos constructions romano-bysantinee.
« Le plan de l'Eglise est une croix, chaque bras du transept a une chapelle en culde-four, et le sanctuaire est flanqué de trois autres chapelles également en cul-dc-four, dont les fenêtres sont décorées de colonncttes et de tores épais. Les chapiteaux des colonnes sont sculptés avec beaucoup de soin et de délicatesse, ils représentent des
(1) Louis Balissier, inspecteur des monuments historiques. Voyage pittoresque, page 3*5.
(2) Il y a dans ccUc date une erreur d impression, nous n'eu doutons pas ; il est évident que cette Eglise appartient à une époque beaucoup plus ancienne.
entrelacs, des feuillages et des sujets à figures. Là, on voit une femme nue couchée sur un lit de fleura aux larges pétales ; ici, uo forgeron qui frappe sur son enclume ; plus loin , un homme qui carillonne sur deux cloches. Le transept était surmonté d'une cloche suspendue sur une voûte en pendentif.
« Cette hclle chapelle, d'une heureuse conservation, sert aujourd'hui de cellier ; elle mériterait d'avoir une autre destination. On pourrait en faire d'autant mieux l'Eglise paroissiale que l'édifice actuel où le curé célèhre ses offices est d'une mesquinerie indigne d'une ville comme Chantelle. »
L'observation de M. Balissier a valu immédiatement à notre remarquable basilique l'honneur de figurer la première sur la liste de celles à classer parmi les monument* historiques.
Les artistes les plue distingués sont venus tour-à-tour porter leur tribut d'admiration à ce magnifique ouvrage des temps anciens: MM. Achille Allier, Ad. Michel, Aimé Chenavard, Mallay, auteur d'un traité sur les Eglises romanes , Bouillet , directeur des Tablettes historiques d'Auvergne, G. de Soutirait qui a composé 1 Armoriai du Bourbonnais; MM. Millet, architecte du Gouvenement, Anatole Dauvergne, peintre-décorateur, le comte Eug. de Montlaur, directeur de Y Art en province, et si nos souvenirs ne nous trompent, M. Mérimée lui-même, etc.
Tous en ont rapporté de précieux croquis ou publié des descriptions dans les diverses Revues archéologiques.
Dans cette Eglise, il y a plus de 700 ans, s'est pour la première fois célébrée une fête mémorable (I). En voici l'origine :
A cette époque de foi et d'énergie, lorsque l'Occident tout entier se portail sur l'Orient en criant : Diex el vuolt ! ( Dieu le veut ! ) trois de nos princes de Bourbon prirent part aux croisades, Archambaad VI, Gaucher de Vienne et Archambaud IX.
La chronique établit que c'est au premier de ces princes que Chantelle est redevable de toutes les reliques que nous possédons. Il reçut la croix des mains de saint Bernard, en 1 N6, à Vézelay. Il rendit les plus grands services aux chrétiens sous les murs de Constantinople et mainte autres lieux, où se fanèrent les plus belles fleurs de France, avant <f avoir pu porter des fruits dans les plaines de Damas (2).
En 1 149, l'illustre Croisé était de retour dans ses Etats.
(I) Con-Miller le pi lit outrage inlitulc : Mtmt'jHt rltrilmi, que nous avon* compost sur cette dévotion qui n de» i.tcincs >i profonde* dan* le put», ri) Oiloli de Deuil, i/if/onu Lmloxiei VII — Guillaume de T>r.
Un mémoire déjà cité (I), comparant notre collégiale à la sainte chapelle que nos princes ont fondée dans le château de Bourbon , \ient corroborer ces faits. Il termine ainsi : « l'Eglise de Chamelle a été enrichie de quantité de saintes reliques (pie les dits princes et fondateurs ont apportées de la Tcrro-Sainte. »
Chantelle, vers ce môme temps, possédait une famille noble dont le nom était le même que celui de notre cité (2). F,o chef de cette antique maison dut, lui aussi, marcher aux côtés de son prince et conduire ses braves Chantelois à la conquête des Saints-Lieux.
Audigier nous apprend qu'en 1228, Guillaume sieur do Chantelle vendit à Beraud de Chauvigny, mandataire d'Archambaud IX, sa bonne ville de Chantelle (jî). Il était compagnon de ce même Archambaud qui mourut dans l'île de Chypre, le 15 janvier
Pour affranchir le tombeau d'un Dieu, rien ne coûtait, rieu ue pouvait être cher : manoirs féodaux, riches et antiques domaines, patrie, famille... on quittait tout ; on se dépouillait de tout ; on avait présente à l'esprit et au cœur cette injonction du divin maître : « Si quelqu'un veut marcher à ma suite, qu'il renonce & soi-même, «ju'il prenne la croix et qu'il me suive. »
Les armes que choisit le sire de Chantelle pour être reconnu de ses fidèles vassaux au milieu de tant de nations et de peuples qui se pressaient dans les champs de la Palestine , étaient , suivant nous , des armoiries parlantes, trois doubles chaînons entrelacés en croix (4) ; {Cantclla ou Catella (5) petite chaîne, diminutif de Catena).
Ainsi, nos religieux ancêtres, barons, chevaliers, simples vassaux, tous ont coopéré à la délivrance des Saints-Lieux, tous ont contribué à doter notre pays de tant d'objet» précieux que nous conservons encore.
Elle est noble et respectable la possession de nos reliques , puisqu'elle remonte à l'une des époques les plus glorieuses de la monarchie Française. Elles ont un caractère d'authenticité que l'on ne saurait révoquer en doute, puisque nos aïeux sont allés les chercher aux lieux mêmes témoins de leur sanctificatiou.
Avouons-le, nous, les enfants d'un siècle égoïste et cupide, c'était un beau spectacle de voir ces fiers chevaliers qui, après avoir arboré la croix de Jésus-Christ sur les coupoles dorées de Byzancc et d'Antioche, sur les blancs minarets de Ptolémaïs, de Laodicé, de Damas et de Jérusalem-la-Sainte , revenaient le visage balafré par le cimeterre Sarrazin, portant sur leurs riches armures, et bien près de leur cœur, de
U) Casier du prieure de sainl Vincent.
|2| Charles diverses déposes aux Archive» départementales, où flgurc noire GuUMmut de Chanldh.
(3) Uitl d'Auvergne, lom. V ; — Arch. Imp. regrsl. -S53, p. 405.
|4| Le pére MeneMrier, Soutelle méthode rniumntt du Maton, art. Chamelle.
(3) In sceau de mi porte S. Bwtholomœi, archiprabyter. de. Caleltà.
saintes et pieuses dépouilles 1 Comme ils étaient heureux de les offrir à l'Eglise qui les avait vus naître, de les déposer dans le monastère qu'ils avaient fondé avant de partir pour la croisade, ces témoignages éclatants de leur valeur et de leur piété !
Ias vieux donjon de Chantellc dut tressaillir, en voyant passer sous ses voûtes profondes tant et de si gloricuxtrésors. Nous avons été asseï heureux pour en découvrir la nomenclature primitive, et nous nous empressons de la reproduire ici textuellement avec son orthographe ancienne.
Il est à observer que parmi ces diverses et nombreuses Reliques, quelques-unes ont été postérieurement ajoutées par les souverains Pontifes de Rome à celles que les princes nous avaient apportées de
CATAlOGtE DES SAIKTT.S-REUOFES QUI SOJiT ES I.'ÉM.ISF. DE SAIYM IXCEVr DE OltNTELLE.