CHAPITRE XIX
LES COimiSS AIRES ÉCOSSAIS A LONDRES. — LEUR IMPORTANCE. — GUERRE GIYILE. — CHARLES SE REND À L* ARMÉE ÉCOSSAISE» QUI LE TEND AU PARLEMENT. — SA MORT.
Les commissaires écossais trouvèrent à Londres ce Long Parlement qui éleva toutes les grandes questions des franchises nationales , et les décida enfin par une révolution d'abord constitution nelle, et peu à peu républicaine. Désormais y dans l'histoire, les hommes les plus éminents ne sont plus que des principes personoifiés; ce qui explique l'enthousiasme et la haine des masses. Tel était déjà le progrès des idées démocratiques à Londres, qu'une sorte de sympathie pour les doctrines du presbytérianisme, représentées parles commissaires écossais, entoura bientôt leurs personnes de la vénération publique. Leur chapelle particulière était envahie par une foule où tous les rangs se mêlaient. La parole de leur prédicateur porta ses fruits; et ces mêmes Écossais, si opposés à la conformité du culte des deux royaumes , se laissant aller à l'ambition du prosélytisme, purent espérer cette «conformité» dans le sens de l'adoption générale du Covenant. Les communes et la cour rivalisèrent d'égards pour les représentants de l'Écosse en armes, qui traitèrent avec le roi dans les formes et sur les bases qu'ils voulurent. Plus tard, quand Charles, privé de ses ministres, menacé dans tous ses pouvoirs par le parle-
ment anglais, ouvrit les yeux sur sa position critique, ce fut en Écosse même qu'il résolut d'aller chercher im dernier appui. Sans doute il espérait ramener à lui les grands seigneurs et les chefs des grandes familles. Déjà il avait gagné le marquis de Montrose, naguère engage sous les dr^peau.x du presbytérianisme; mais les chefs populaires des communes avaient de leur côté fait une alliance secrète avec les chefs les plus influents de l'armée écossaise. Le roi trouva Montrose en prison, et fut obligé de parler plus en suppliant qu'en roi à ses sujets, soit dans le parlement, soit sous les lentes du camp. II fut prodigue de grâces et de promesses; mais la révolution était imminente : l'ascendant des communes d'Angleterre l'emporta sur l'autorité royale. De retour à Londres, Charles ne reçut du parlement que des remontrances sur le passé. La bourgeoisie et le peuple lui adressèrent d'abord de séditieuses pétitions, et puis réclamèrent contre les abus par des rassemblements. Les dénominations de «Cavaliers» et de ce Têtes rondes» devinrent une autre sorte de manifestation d'opinions qui révéla au monarque la faiblesse numérique de son parti. Mais ce parti était la classe belliqueuse de la nation, la noblesse. Voyant sa bonne foi mise en doute, le roi se décida à courir les hasards de la guerre civile; et l'étendard royal fut arboré à Nottingham le août 1642. D'abord ses armes furent heureuses; et les Écossais, restés neuti-es en apparence, pouvaient donner la victoire à celui des deux partis qu'ils choisiraient. Charles ne négligea rien pour les gagner à sa cause; mais ils s'offrirent pour médiateurs, et les intrigues alors se multiplièrent de part