BES DE CUIXODEN. — SA GORRESPONDANGE ATEO LORD LOT AT. LB
' FILS REBELLE. — - L*INDÉCISI0N ET LES RETARDS DE LORD ' LOT AT FU- NESTES A CHARLES-EDOUARD. LR NBTEU DU LORD-PR^SIDENT.
De tout temps il jfut difficile dé retenir les Highlanders sous les drapeaux pendant plus d'une campagpc, surtout après une victoire; il leur tardait d'aller mettre leur butin en sûreté j ce n'était qu'une désertion temporaire , mais elle n'en compromettait pas moins les succès de leurs chefs^ et le marquis de Montrose l'éprouva plus d*une fois dans les grandes guerres civiles; il est vfai que ce retour dans les montagnes y devait nécessairement, par la vue des dépouilles mêmes, exercer la séduction la plus effective d'embauchage sur les clans qui n'avaient pas encore pris les
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artMs ; tdi fui aana doute ^i 1745 un des eâeto heureux de ces ineYilables désertions parmi les vamquears de Preston-Pans. Les uns apportaient à leors femmes le vaste manteau d'un dragon anglais y les autres l'habit galonné d'un officier ; celui-ci des poignées de pièces d'or et d'afu ^nt ; celui-là une montre qui avait été le sujet d'une vive dispute entre deux pillards^ ^t comme «Ue s'était ar^ètee^ celui qui l'avait vu adjuger a son camarade s'était consolé en di^^^t que la « bête était morte depuis plusieurs heures (i) ! » Il y eajeut qui, non ^ moins ingénus^ s'étaient efaargés d'objets eueore plus inutiles > noon plqs connus dans lenr tallée natale^ entre autres des meubles enlevés à la maison du colonel Gar«diner qui^ ^nt située près dç Pneston«-Pans^ n'avait pas été respectéoé Une grande glace ^ qui uvait été détachée d'une cheminée par un de ces pillards^ fit long-temps l'admiration du Locha^ ber (a). Jaloux de prendre part à cette riche moistt>n de la Basse*-Écosse^ plusieurs Highkny, ders n'attendirent pas, pour aller joindre Charles-^ Edouard , que }a banniéif e du dan fol arborée par leurs Ghe&.
(1) Journals çmd Memoirs»
(2) Préface de JVwerley,
. Les deux Chefs les plas influents des Hébrides reçurent directement divers messages pressants d'Edimbourg.Dèslea/jseplembrç, M. Alexandre Mac-Leod ( i ),àvocat jacobite, e'tait parti pour Tîle deSkje, afin d'assurer à sir Alexandre Macdonald et au iaird de Mac-Leod, que le prince n'attribuait nullement leurs délais à des sentiments défavora* blés, et qu'illes recevrait en tout temps à bras ouverts, sans tenir compte de la date deleurs loyaux services*. Sir Alexandre Macdonald et le Iaird de Mac-Leod,q ui hésitaient encore, répondireùtàPagent de Charles qu'ils attendraient la décision de lord Lovât, chef du clan des Frasers, avec qui ils étaient convenus d'agir de concert. Alexandre Mac-Leod se rendit deSkye à Castle-Downie, résidence du lord Lovai, qu'on appelait aussi le château Beaufort, dans le comté d'inverness.
Le lord Simon Lovât était alors le Chef le plus redouté deà Higlilanders^: du nord, et un des agenls secrets de, l'opinion jacobite depuis plusieurs années ; sa mort, (Ju moins, atteste que tel fut le dernier rôle de ce personnage extraordinaire , surnomme le César Borgia des lairds d'Ecosse, et qui , dans tous les actes de sa longue vie, s'enveloppa constamment de tant d'astuce et
(i) Appelé aussi Mac-Leod de Muir-Avonside.
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de cootradiclions^ qu'il est peut-être diflicile de bien définii: sou caractère; mais uous ne saurions nous dispenser d'entrer dans quelques détails sur cet acteur important des événements de 174^9 qui vécut en fourbe et mourut en héros ^ tour a tour jésuite, militaire, prêtre, homme marié, tyran domestique , lâche courtisan , infâme délateur et martyr de son dévouement au souverain légitime^
Simon Fra^r lord Lovât, né en 1657 ^ était fils de Thomas Fraser de Beaufort, le plus proche héritier mâle des titres de Hugh lord Lovât, qui, à sa mort^ en 169a, ne laissa qu'une fille et sa veuve, sœur du marquis d'Athole. A oetle époque , Simon était simple capitaine daui un régiment. Son éducation avait été faite à Saint-Omer , d'où il était sorti, dit-on, jésuite. Son père étant devenu le Chef de toutes les branches du dan Fraser, Simon résolut de fortifier ses prétentions à l'héritage des titres personnels et des terres du dernier lord, en épousant sa fille. Mais des querelles particuUères l'avaient brouillé avec la puissante famille d'Atliole, qui emmena la jeune héritière à Dunkeld, et négocia un mariage entre elle et le lord Saltoun , appartenant à une famille du nom de Fraser, établie dans le9 Basses-Terres. Les articles de cette uniou étant
arrêtés^ lord Saltoun^lord Mapgo Murray ^ frère du duc d'Athole^ avec d'autres alliés du futur et delà fiancée?^ se rendirent dans le comté d'Inverne^s pour j faire visite à- la veuve du dernier Iprd Lovât. Simoa n'eut pas de peine à engager dans sa cause toute la tribu des Frasors^ dont il devait uu jour être le Chef ^ et dont il excita la jalousie contre le lord intrus des Lowlands. A la tête d'une troupe armée ^ il surprit lord Saltoun^ lord Mungo et leur suite ^ les désarma^ les fit prisonniers^ et les força de renoncer par serment à Tunion projetée ; mais la jeune fiancée étant restée enf sûreté dans le châteaa' de Dunkeld^ Simon renonça subitement à l'épouser , pour lui préférer sa mère^ la douairière lady Lovât ^ dame respectable par ses vertus et déjà par sop âge. Dans ce dessein y il eut recours à Tancienne forme des mariages d'Ecosse^ qui avaient quel* que analogie avec les mariages des premiers Romains avec les filles sabines.$Mais Simon déploya un appareil étrsuige pour conclure son union. Un gibet fut dressé par ses ordres devant le château de Beaufort^ afin d'intimider ceux qui eus-* sent été tentés d'invoquer des lois plus modernes. Simon*entra. ensuite avec un prêtre et escorté des plus braves du clan, armés de pied en cap, s'empara de la personne de la douairière , fit pro-*^
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Qooeor »ttr db et (ur liii la bénëdictioD aiipr tiale , déehir» ayec soo poignard la oetoture et la robe die répoiiaée^ la fit dépouiller du reste du •es vètemeiitSy et puis mettre au lit ^ où ^ en pvé^ seooe de nomlMreax tëmoios , il ooosoiimia le aaerifice nuptial^ pendant que les sona des coik ueumses couvraient les cris de la victinie (i).
Ce ne fut qve quatre aiia après , que la pois* santé famille d'Athole parvint à susciter contre Simon noe double accusation i comme coupable de rapt et de violence i main armée. Pendont quelque temps Simon tint tête a rorag9 j mais il futenfin forcé de fuir en France, et fut condamné par contumace^ La cour de Saiat^Germain de^ vint alors le théâtre dk ses intrigues; et séduite par ses promesses y la veuve de Jacques U lui confia une mission ppur l'Ecos^e^ où il retourna et trahit les secrets dont il était diargé au mi«* iiistére britannique^ en ayant bien soin de, dénoncer tous ses ennemis 9 entre antres le duc d'A^
(a) Après i(74li 9 loet proscrit qu'il était» le fils 4e Ro|b Bdj fit ao riche mariage du même genrç^eq«nleva)[it ud9 héritière des Lovlands. Une ballade des montagnes cé~ lébra cette uDiôn comme très légitime; mais les juge^ de la basse Ecosse ne furent pas de Taris du poète de la ballade , qui félicitait la fiancée d'atoir été choisie par un époaz plus brafse que tons les Saxons entemble.
thole. Deux ans après il revint en France pour y continuer son espionnage^ mais la cour de Saint- Germain avait eu sa contre-police, Simon se vit arrêté par ordre de Louis XIV et enfermé à la Bastille. Il n'en sortit qu'en surprenant la dévotion du roi. Il se déclara touché d'une vocation ardente pour la vie religieuse. En effet, il fut tonsuré et admis dans l'ordre des jésuites.
Cependant il lui tardait de trouver l'occasion de rentrer en Ecosse, lorsque les troubles de 1715 y éclatèrent. La jeune .héritière du lord Lovât était devenue l'épouse d'Alexandre Mac- Kenzie de Fraserdale, qui, reconnu par une partie du clan , se joignit au comte de Mar. Le duc d'Argyle s'était autrefois montré le protecteur de Simon. Soit que celui-ci l'eût sollicité en secret, soit que la proposition vînt du duc , Simon fu.t invité à se mettre à la tête des Frasêrs-, et fut reconnu lord Lovât par le gouvernement^ à condition qu'il se servirait de toute son influence en faveur delà maison de Hanovre. Simon, qui depuis porta toujours le titre de lord Lovât, dont son ambition n'était déjà plus satisfaite^ prétend qu'il n'acceptait les offres du duc d'Argyle qu'avec l'intention de servir les Stuarts; mais que, voyant leur cause perdue par rincapacité du comte de Mar, il s'était eu
apparence loarné contre eux pour leur réserver dans sa personne un ami tout puissant (i). Tel était le respect des clans pour l'hérédité dans la branche male^ que le nouveau lord Lovât vit accourir sous sa bannière tous les Frasersqui^ en son absence ; s'étaient prononcés pour Alexandre Mao-Kenzie. Il s'empara d'Inverness; mais quand l'insurrection fut étouffée^ il obtint à son profit la confiscation des terres deMac-Kenzie'; et^ veuf de sa première femme ^ il épousa en secondes noces une Écossaise de la tribu de Grant. U en eut deux fils et deux filles^ dont l'une épousa le Chef MalphersQn de Gluny. De 171 5 k'i'j^o, toute l'ambition de Lovât s'exerça à fortifier son iufluence dans Içs Highiands y et il déploya dans ce cercle étroit plus de politique et d'artifice^ qu'il n'en &udrait pour bouleverser un royaume ; d'où l'on pourrait conclure que l'intrigue ellemême est unbesoin pour certaiqesames^etlesuccés un objet secondaire: aussi les voit-on^ malgré toute leur prudence y sacrifier le moment favorable à un caprice^ ou dépasser le but qu'elles semblaient s'être proposé. Lord Lovât s'appliquait à se faire de tous les meml)res de son clan autant de séides. Ses tenanciers des Basses-Terres le trouvaient eu-
(1) Mémoires'de lord Lovai.
pide jusqu'à l'avarioe^ tandis que ms largaases qe larissaient pas pour ses fiigliianderj. Nomma capitaine d'une des compagnies de la Garde noire, il y faisait entrer tous ses hommes à tour de rôle y pour que chacun d'eux fût hahila a» maniement .des armes. Il avait en outre une hand« particulière de sicaires^ charges de ses ordres secrets ; comme le Vieux delamontagneeoOrient^ il pouvait faire tomber une^ vengeance invisible sur tons ses ennemis : malheur à qui osait l'offenser { la flamme dévorait sa maison y ou le poi* gnard le frappait dans l'ombra ; et quand la jus*tice saisissait les coupables^ une main mystérieuse ouvrait la porte de leur prisdn.
La tyrannie domestique de lord Lovât donnait lieu à des bruits dnistres , mais janiais |ses vio^ times «Ues^mèoies n'osaient se plaindre z on le disait jaloux de son fils aXné ^ et cependant c&lui-ci obéit en aveugle à tous les ordres de son père. Une dame , qui avait été l'amie d'enfanoe de la seconde femme de lord Lovât ^ fut curieuse de vérifier s'il était vrai^que Milady .vivait prisonnière dans une tour. Elle se rendit inopiDe'ment à Beaufort; mais ^ soit qu'on eût calomnié le sombre châtelain , sqit qu'il eût été prévenu par ses agents', elle trouva son amie richement vêtue y l'air riant et heureux. Il parait cependant
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que ses rigoeors conjugales eurent eofin des témoins I et liidy JjQvat obûat plus tard une sen<tepce de séparation.
Déjà y il est vrai , lord Lovât se voyait menacé d'une disgrace«On avait blessé sa fierté en suppri* mantun subside qu'il recevait annuellement de la maison de Haoovre à titre de pension, et sa compagnie avait^été donnée à un autre. On s'étonnaitde le voir aussi obséquieux que jamais envers les mi^ nistres et les magistrats du roi Georges^ comme si l'âge avait refroidi ses passions. Cette humilité ap«« parente cachait de nouvelles intrigues et une am-bilios nouvelle. L'association jacobite venait de se former, et c'était Lovât qui en était Tame, Le prix de ses services devait être le titre de duc avec le commandement général des dans* Ses clràteaux devinrent des magasins d'armes et le rendez^vous des conjurés; mais quand il vit Gharles^Édouard débarquer i peu près seul en Ecosse , l'astucieux vieillard redoubla de protes<talions de zèle auprès des autorités localea^ et sa contenta de promesses auprès du jeune prince, in-« ventant chaque jour de nouveaux motifs pour pro^ longer son inaction. Ç^nfîn l'avocat Mao-Leod ar-« rive chez lord Loyal, lui confirme la nouvelle de l'entrée de Charles-Edouard à Edimbourg, et lui apprend la vie toirç de Prc^on-Pans» Trans^
70 HISTOUIE
porté de ces succès^ lord Lovai lève le masque^ des* cend dans la cour de son château y appelle tous ses fidèles Frasers y fait voler sa toque en l'air^ et vide un verre de vin en s'écriant : « Honneur à la rose blanche^ etlionte au cheval blanc (i) ^ ainsi qu'à tous ses adhérents! » Ses quatrevingt-huit ans semblent oubliés : il a retrouvé sa jeunesse et sa vigueur. On s'attendait à le voir
monter à cheval et conduire son clan:Mac-Leod
repart pour Edimbourg avec cette assurance ; une lettre de lord Lovât arrive quelques jours aprés^ annonçant que telle est son intention. Mais déjà le vieillard est revenu à son ancienne prudence ; le voisinage d'un seul homme avait fait renaître ses incertitudes : cet homme était Duncan Forbes , Lord-président de la cour des Sessions , venu^ comme nous l'avons dit, dans les Highlands, pour y combattre de son influence l'insurrection jacobite. Jamais deux hpmmes n'offrirent un contraste aussi frappant que Duncan Forbes et le lord Lovât. .Dads ce contraste, où nous voyons d'un côté le plus honnête homme des Whigs, et de l'autre le plus fourbe des Jacobites, le premier, doué dç toutes les vertus du magistrat patriote, le second de tous les vices du tyr^n féodal; une chose nous étonne, c'est les mé- ( 1 ) Le cheval blanc du blason de la maison de Hanovre.
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nagementset presque l'amilié de ces deux hommes l'uD pour lautre. DuDcan Forbes nourrissait comme sa famille une haine h^rëditatre pour la maison de Stuatt : il l'avait prouve en 1715(1). Mais ce fut à ses talents surtout qu'il dut son ra* pide avancement dans la carrière judiciaire^ qu'il avait embrassée lorsqu'il avait encore un frère ainé^ dont la mort le rendit plus tard le chef de sa famille et le propriétaire de la terre de Culloden y dans le comté d'Invetness. Allié aux principales familles de ce comté , aimé^ estimé^ respecté de tous par ses éminentes qualités et son. humanité généreuse^ il avait, pour contre-balancer l'influence de lord Lovât , l'avant;age immense d'un patronage tout désintéressé. Seul, il exerça par la force de sa droiture une sorte d^ascendant sur le chef farouche et fourbe des Frasers, qui, après avoir rompu en visière avec tout le monde, s'abaissa constamment à dissimuler avec son ami le président. Ce baron des montagnes^ entouré de cinq cents montagnards armés^ n'écrivait jamais au magistrat, dont au fond il méprisait la robe, qu'en se signant « le plus humble de ses esclaves. » Il l'appelait aussi familièrement son général ^ et se disait son obéis-
i) CuUoden*s pap&r's.
sant « caporal j)^ Dans cette ciroonstatlce il sem« bla n'avoir d'autre ambition que de tromper cet « ami si respectable et si respecte >}^ aux pied^ duquel il affectait de mettre sa fortune et sa vie.
C'est une chose curieuse dans sa correspondance avec Duncan Forbes que les protestations de son z^èle^ mêlées aux nouvelles les plus fausses ou les plus exagérées sur les progrès de Charles*^ Edouard. Tantôt il déaôrjcè Mh agenl du prince dont il a déjoué les intrigues, tantôt il se plaint de ne pouvoir retenir ses Frasers, qui bravent son autorité. Le 127 octobre, lord Lovât prend un ton plus triste encore ; il déplore les malheurs de la guerre civile, qui se font déjà sentir dans sa pro*pre famille, et menacent d'empoisonner sa vieillesse* «Son propre fils (i), dit-il, a semé la rébellion dans son clan, et se propose d'aller joindre les vainqueurs de Gladsmuir avec quatre cefats hommes* Quant à lui, le plus malheu-* retix ^es pères, il offre de se livrer comme otage à son général le Lprd'-président. yv
Le Lord-président , qui savait les conférences secrète^ de lord Lovât avec l'avocat Mac-Lcod et avec Macdonald Barisdale, autre Chef envoyé
(1) Le Maître de Lovât, depuis général Fraser. On appelait le Maître^ master, le fils aîné du baron ou laird écossais ayant au moins titre de vicomte.
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ÉXksBi att yietix Chef par Gharles-^Edouard , s'aperçut que son amif âon esclave, aon devodé oouiin y allait enfin se dëclaret ouvertement MQtre lui et le gonvérnément II parait même qoe lord Lovât étail aur le point d'aller Tarréter datia sa terre de Cutlodeti. Le Lord-^prësident pùuyait en être pi^renu aana.^n aroir la preuve : il te dédda k pailler à don torrespondant sur on ton un peu plus ferme^ et à loi laisaer entrevoir ses aoupçoBs y tout en feignant de croire encore k sa lôjauté. Il lai laissa donc Valternative d'arrêter «on fils ou de s'exposer à être frappé avec loi par les mesures de rigueur qu'il était temps Ae pren^ dre. Nouvelles lamentations de lotâ Lovât ; tttaia le Lord-presideut ne ménagea plus ^es termes.
(( Je ne puis ^ lui écrivait-il^ je ne puis^ sans tf abir mon devoit», rester plus long-temps spectateur tranquille de votre conduite, et du double jeû que vous jôocîi dans cette malheureuse in*surfectiort.'..... Pour cette fbîs votre finesse ordinaire est en défaut, et vous venei de Jeter le masque en envoyant votre fils et Félîte de votre cian Joindre le Prétendant.-. Quoi qu'il en soitj, il vt^tts resté encore tcto lîïoyen de vous soustraire âttï rigueurs efihrjstntes qu'une- telle conduite "^oixs attii*e. Rappete» immédiatement voire fils et sa Ifoupc.... Ayei encore le mérite d'avoir ar-
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rété les progrès de celte malheureuse gueri*e civile.... Mais ^ si vous persévérez dans votre rébellion , si vous n'ordonçez pas à vos vassaux de se débander où de reqtrer cbex eux , je serai obligé de vous faire arrêter, au risque de ce qui pourra* en arriver; le danger auquel vous vous exposerez ne sera rien moins que l'extermination de tout votre clan comme celle de tous les antres Chefs rebelles. »
On croirait que lord Lovat va lever .enfin le masque; mais^ fidèle à son caractère de ruse et d'audace , il fit à cette lettre une réponse en style héroïque, comme s'il était victime des pli;s injustes soupçons.
REPONSE DE LORD LOVAT A DHMCAN FORBES.
« jVIon cher lord, j'ai reçu hier au soir l'honneur de votre lettre, datée d'hier matin, €t j'avoue que je n'en ai pas reçu une pareille dans ma vie. Je vous remercie mille fois d^en user envers moi avec tant de franchise et de bienveillance; car vous m'apprenez que ma famille entière doit être détruite, et que , dans mon vieil âge , j*ai mérité dépérir de la main du bpurr eau, parce que je suis assez malheureux pour avoir un fils opiniâtrement indocile et des parents ingrats. De tels procédés conviendraient mieux, ce me semble.
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à un gouvernement turc ou persan qn*an gôu<p vernement britannique. Suis*je donc le seul père qui ait un fils rebelle et dénaturé ? J'ai connu de ces entants dans mon jeune temps; mais leurs pères n'étaient pas les victimes de leur extravagance quand ils étaient paisibles et honnêtes : il Êtut vivre long-tem{>s pour voir de pareilles injustices....
H Maintenant^ mon cher lord^ laissez-moi être aussi franc envers vous que vous l'avex été envers moi. Je remercie Dieu de m'avoir iait naître inaccessible à la plus légère peur. J'ai su sauver ma vie par ma fermeté' dans les plus grandes difficultés, et au milieu des plus grands périls ;
et quoique je ne conserve plus que les restes d'une existence pleine de doi^leurs et d'infirmités^ je suis décidé j toujours Dieu aidant, à les conserver aussi long-temps que je pourrai; quoiqu'il ait pl^ à mon fils d'emmener avec lui toute la jeunesse de son clan, je n'en ai pas moins encore chez moi six cents braves Frasers ^ plus rapprochés de mon âge , qui verseront jnsqu'à la dernière goutte de leur sang pour défendre ma personne, et je puis assurer votre seigneurie que je vendrai ma vie aussi cher que je pourrai. Dans le fait, aussi paisible sujet que personne puisse être dans ce royaume, toujours 'prêt à payer les II. 6
taxes dà roi ^ et à faire tout ce <|ae doivent faire de fidèles sujets^ je ne connais ni lois ni rasons qrii puissent me ravir la sûreté de ma personne...
ft J'ai employé et j'emploierai encoi^ les pins forts arguments que ma raison pourra me sog*^ gérer. Je chargerai mon cousin Gortuleg de les répétera mon fils.... Maïs s'il échouait, est-il juste que je sois puni pour lui?...
€t Maintenant , mon cher lord , pour ce qui est de celte guerre civile, cause dé mon infortune, il me semble, dans mon humble opinion , que des deux côtés on devrait s'y prescrire Une égale modération , puisqu'il est moralement impossible d'en prévoir l'issue,..j car des milliers de personnes de chaque cÔté assurent que leur parti triomphera. Mais supposons que cette armée de HighlanderÀ essuie une entière défaite, et qtie le gouvernement obtienne un triomphe complet, qui pourra penser qu'aucun roi, assis sur le trône j voulût détruire tant de bonnes et anciensnés femilles pour s'être engagées dans l'insUrrectidnP Le roi Guillaume, en fait de gouvernement et de politique, était peut*^êlre le pins grand priûcè qui, depuis des siècles, se fût assis sur le trôiie d'Angleterre*.. Eh bienl lorsque son général, un des meilleurs de l'Europe , eut été défait et obligé de fuir pour sauver sa vie ; lorsqtieson
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armée eut étëxnûe ea déroute à KilLecrankie par une poignée de nos montagnards, dont le nombre ne s'élevait pas tout^-à-fait à deux mille hommes ^ le roi Guillaume ^ loin de vouloir exterminer ces deux mille braves^ leur envoya, le comte dé Breadalbane, avec aS^ooo livres sterling, et n'exigea d'eux d'autre soumission que la promesse d'aller ches^ eux vivre en^paix* »
Après avoir rappelé ses services eni7i5, et ex» primé encore une fois sa confiance dans la clémence du roi Georges , si sa cause triomphait y lord I^ovat terminait sa lettre par cette deroiere phrase :
« Quant à moi personneliemeot, milord.^ je suis résolu de continuer à vivre dans la maison qui est la mienne, en sujet paisible , np faisant rien contre le roi et le gouvernement. Si je suis attaqué, fût-ce par les gardes du roi, et son capitaine-général à leur tète, je me défendrai tant qu'il me restera un souffle de vie. Si je $uis tué dans ma maison , elle n'est pas loin du lieu de ma sépulture, et j'aurai après ma mort, ce que j*ai désiré toute ma vie,, le coronach de toutes les femmes de mon clan pour accompagoer mon corp& à mon tombeau. C'était ma plus ardente ambition dans les jours les plus heureux que j'ai passés sur cette terre (i)» »
• (i) Culloden papers, p. iZg* Queiqaes oopfos saile-
Le Lord*présîcIeiit se radoocil et se contenta d'observer de plus prés lord Lovat^ pendant qne^ de concert avec lord Loudon, qni avait conduit à Invemess quelques débris des troupes de sir John Cope^ il organisait une force armée ca*pable de tenir en respect les Frasers restés avec le vieux Chef. En même temps il fit valoir les protestations de celqi-ci auprès des Che& indécis^ tels que le laird de Mac-Leod et sir Alexandre Macdonaldy qui^ craignant d'ailleurs de n'être plus si bien reçus auprès de Charles après avoir tant^tardé à le joindre^ finirent pas se dé« clarer du parti de Georges» Lord Lovat^ à son toûr^ n'osa plus s'éloigner de ses domaines quand il vit le Lord-président exercer une telle influence dans le nord /Il écrivit même à son fils de ne pas aller plus loin que Perth. Tout en continuant à déclamer contre sa rébellion , il prit même le partie après avoir épuisé ses autres sub-* terfuges^ d'aller se mettre lui-même en surveillance à Invemess.
Macdonald de Barisdale retourna auprès du prince avant cette démarche^ porteur de nou-
ment cle cette lettre contiennent cette dernière phrase , comme Téditeur le remarque en note ; mais elle est bien dans la rhétorique de lord.Loyat^ qui mêlait yolontiers Temphase au trîrial. *
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velles promesses qui ne se réalisèrent qu'après Texpédition d'Angleterre.
Ce n'était pas seulement son fils que lord Lovât avait fait déclarer pour les Stuarts ; par ses conseils 9 son Rendre i Macpherson de Gluny^ s'était laissé emmener prisonnier par le prince^ et avait fini par servir sous sa ]>annière avec son clan^ quand il avait vu que ses forces augmentaient chaque jour. Mais Macpherson de Qunjr n'avait que deux ou trois cents hommes sous ses ordres^ et lord Lovât pouvait en armer plus de mille y sans compter ceux que son exemple eût décidés* Ses retards furent doublement funestes à la cause qu'il préférait au fond du cœur.
Au reste^ en le rendant solidaire de la rébellion de son fila^ le Lord^président savait bien ne pas être injuste 9 et ^ s'il ne l'eût pas bien connu ^ il l'eût plaint d'autant plus sincèrement que son propre neveu , infidèle aux principes de sa famille , prit aussi là cocarde blaqche.
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