‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de Stuart. Précédée d'une Histoire deChapitre 18 sur 61 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

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MURBAT. SIR TU. 8IIBBIDAN. DéSEBTION. — r LOCUIBL. LA SB-'

PERSTITION DBS niGHLANOERS. LES CANNIBALES. LES MANGEURS

d'bNPAM^ <^ LA GOeABDB BLBNCliB', ET LB BAPTftitt. -^LBS écOSSAlS IM7 TBMPS DB PBOiaSABD.

La nouvelle de Fentrée de Gharles^EdoQArd à £dixâbourg^ et de sa victoire sur les troupes ao- ^laiseâ^ avait e&fin serieiueme&t alarmé le cabinet de Saiût-James. Georges II ^ de retour à Londres .depuis la fia da mois d'août , s'empresba de rappeler son fils y le du:c de Gumberland^ le héros desafiimille^ prince aimé des troupes^ qui ex*eusent voioutiets tous le» défiiuts d'ujct général , même la croaulé^ eu faveur du courage» Aux yeux de son père d'ailleurs^ le duc. avait téc^nment prouvé à Fontenoy^ par la hardiesse et l'habileté de ses manœuvres^ qu'il ue fallait peutêtre rien moins que le maréchal de Saxe pour le

dre arrivèrent^prëcédés par six mille fusiliers hollandais ; une première armée marcha directement sur Newcastle^ commandée par le feld-maréchal Wade } une seconde fut dirigée sur le comté de Lan castre^ sous les ordres du général Ligonier^ remplacé bientôt par le duc de GuBaherUiid ; enfin, un camp de réserve fut formé à Finchley et ' autres lieux près de Londres ; Georges II déclara qu'il s'y transporterait lui-même, comme jadis Jacques II au camp d'Hounslow y si le danger Texigeait : on cherchait aussi à inspirer un zèle belliqueux aux miUces locales, et à exciter les Whigs à former des bataillons de volontaires. Cependant^ le jeudi 3 1 octobre , à six heures du soir, Charles-Edouard quitta le palais d'Holyrood, et alla' coucher à Pinkie-House , avec ses gardes-du-corps. Le lendemain il se rendit à Dalkeith, et logea dans ce château appelé jadis «la Tanière de Douglas», ou notre Froissard,

« ajoute comme une naïve expUoatloD de sa serrile eoi* (( phase : « Mon cœur, ô Walgolç ! brûle d'un feu recdn- (( naissant. Les £U>t$ de la bonté. rcryale , dirigés par toi, « sont venus rafraîchir l'aride dotnaine de la poésie. » Le

« poète avait obtenu deux cents livres sterling de pension^ bien « achetées par tant de ridicules flagorneries, »

M. Yiliemain ne devait pas oublier qu'en 174^ le docteur Youog éliiit de plus chapelain de Georges II.

accueilli pendant trois semaines avec une noble hospitalité, reçut, de la bouche du comte de Douglas, les détails de ce combat d'Otterbourne, auquel il nous fait assister dans les pages vivantes de sa naïve chronique (i).

Ce fut à Dalkeith que Charles-Edouard , dé* terminé à ne pas rester sur la frontière , régla la marche de son armée, mais sans en révéler le se» cret. Afin de tronJper le général Wade , toujours à INewcastle, des ordres furent expédiés pour préparer des logements dans tontes les villes sur la route de Berwick. Le vendredi i*' novembre j une division se dirigea sur Peebles , sous la conduite du marquis de Tullibardine , qui devait s'avance# jusqu'à Carlisle par Moffat : le reste de l'armée jacobite quitta Dalkeith le dimanche 3, et arriva le 4 à Kelso avec Charles lui-même à sa tête, affectant l'intention de marcher contre le maréchal Wade à Nev^castle ;

(i) «Dès ma feanesse je, acteur de cette histoire , cheTauchai par tout le^ rojaume d'Bscosse, et fus bien quinze )Ours en Thostel du comte Guillaume de Douglas» père de ce comte James dont je parle présentement, en un chastel à cinq milles de Haindebourg qu'on dit au pays Alquest (Dalkeith), et ce comte James je l'avais veu jeune fils et bel damoisel, et une sienne sœur. » Fboissahi) , tom. III, édit. de Lyon.

quelques détachements furent dirigés dans une route intermédiaire par Galasbiels ^ Selkirk, Hawick et Mosspaul.

Parti de Kelso , Charles traversa la Tweed , et prit possession de la rive anglaise de ce fleuve. Depuis Dâlkeith il avait presque constamment marché à pied en tête de sa colonne^ pour donner l'exemple de braver la fatigue comme l'exemple de braver le danger. Il coucha à Jedburgh le 7 novembre, et le vendredi 8^ longeant les bords de cette onde du Liddel si célèbre dans les traditions et les ballades du Boràer, il traversa I'Esk, et s'arrêta à Reddings, dans le Cumberland, où il fut rejoint par les différents corps de l'armée. ♦

Charles, concentrant toutes ses forces, vint qaettre le siège* devant Carlisle , capitale du comté ;^ et qui était autrefois le boulevart de l'Angleterre contre l'Ecosse du côté de la frontière de l'ouest; mais tandis qu'on avait fortifié les places fortes de l'est, telles que Newcastle et HuU, Carlisle n'était guère en état de défense lorsqu'elle fut investie. Sa principale protection était son antique château, fondé par Guillaume-le-Roux , dans lequel Marie Stuart fugitive, croyant recevoir l'hospitalité, reconnut trop tard qu'elle était la prisonnière de sa plus

DH CHAAtiES-ÊDOUARD. I a3

cruelle ennemie. Un rempart entourait la ville ^ mais assez délabré pour faire ajouter foi à la prétention de ces antiquaires qui en faisaient honneur aux anciens Pietés. Le maire de Carlisle^ d'accord avec le gouverneur de la citadelle , fit monter sur les remparts toute la milice du pays^ et^ entendant dire que le maréchal Wade marchait à son secours^ il répondit à la sommation de Charles- Edouard à coups de canon. Ce magistrat s'appelait Pattieson. Dans une de ses proclamations belliqueuses y il faisait remarquer que ce nom était anglais^ malgré sa ressemblance avec celui des Paterson d'Ecosse^ et il en concluait sérieusement qu'il ne se rendrait jamais aux Ecossais. Apprenant la cause de tant de fierté , Charles-Edouard s'avança à la rencontre des Anglais^, ne laissant qu'un détachement de ses troupes sous les murs de Carlisle^ et il alla prendre position à Brampton , situé à sept milles au-delà 5 mais> informé que le maréchal ^ade était encore loin, il fit rebrousser chemin à une division commandée par le duc de Perth y avec ordre de presser le siège de Carlisle.

On prépara les échelles et les fascines; la tranchée fut ouverte, le duc de Perth et le marquis de TuUibardiue mirent leurs habits bas pour y travailler eux-mêmes et encourager les soldats.

1 34 niSTOlUB

M. Grant, officier du régiment de Lally ^ principal ingénieur de l'armée , qui avait amené lui-même six canons de France depuis l'arrivée du marquis d'Aiguilles^ plaiçA habilement les batteries de siège à quarante toises du rempart. La garnison nourrissait cependant uq feu continuel. Avant de lui riposter , les assiégeants firent une seconde sommation ^ et celle-ci^ étant accompagnée de tous les préparatifs de l'assaut^ fut mieux accueillie que la première. Un drapeau blanc fut arboré sur les remparts^ et l'on demanda à capituler. Un exprès fat expédié au prince, qui , $e rappelant ses vaines querelles avec le châ-^ teau d'Edimbourg , exigea que la citadelle se rendit en même temps que la ville. Le colonel Durand, gouverneur, y consentit : ses sol* dats et lui se reconnurent prisonpiers de guerre ; et ne furent laissés libres qu'à la condition de ne pas porter les armes contre les Stuarts. Cbarles^Edouard vint, le 1 5 novembre, recevoir les clefs deCarlisle. Les munitions, les fusils de la garnison et deux cents bons chevaux furent le prix de la soumission de cette cité, qui avait yu souvent le torrent des anciennes invasions écossaises se briser sous ses remparts (i).

U) L'urcQcc écossaise ne perdit qu'un hoaime à ce

DE CHARLES-EDOUARD. l 25

Le 17 9 le maréchal Wade n'était encore qu'à Hcxhanij. à vingt-deux milles de Mewcastle, et à quarante deCarlisle^lorsque^apprenant que la ville s'était rendue^ il revint pacifiquement sur ses pas, laissant chacun s'étonner de son inexplicable indifférence (i) , pendant que les vainqueurs se disposaient à poursuivre leur route jusqu'à Londres.

Melheureusement quelques germes de discorde commençaient déjà à éclore dans les rangs de l'armée de Gharles*Edouard. La revue générale de ses troupes à Garlisle lui révéla que plus de mille Highlanders l'avaiçnt abandonné. Plusieurs officiers 9 dont les avis n'avaient pas été écoutés, n'entraient qu'à regret en Angleterre, ne s'étant, disaient- ils toujours, engagés qu'à défendre

siège. Les remparts de Garlisle avaient été répares sous Henri VIII et Elisabeth ; mais ils étaient réellement très mal entretenus depuis ce temps-là : les Anglais prétendireot cependant que le maire et le goinrernear auraient pu tenir plus loog-temps contre an ennemi qui n'araît que quelques pièces de campagne du plus petit calibre. (i)Henderson prétend qu'il était tombé une grande quantité de neige , qui empêcha le maréchal d'aller plus loin , et le chevalier de Johnstone croit qu'il fut arrêté par le bruit qui se répandit, que les mineurs du Cumberlaod , population souterraine de plus de 20,000 hommes, avaient pris les armes pour le prince.

I lO HISTOIRE

Fiadëpendance de l'Ecosse : quelques uns reprirent le chemin de leurs montagnes , et ne rejoignirent Fétendard du 'prince que lorsqu'il repa* rut sur le sol natal. En mettant le pied sur le Border anglais ^ les clans ^ dans un accès d'enthousiasme^ avaient agité leurs claymores nues en poussant un cri de triomphe. Lochiel ^ en tirant sa lame du fourreau trop précipitamment y s'était légèrement blessé la main ^ c^était un sinistre présage^ dont s'effraya la superstition de plusieurs. Dans la distribution des grades^ il avait été impossible de ne pas mécontenter quelques chefs ^ qui entraînèrent auss) avec eux leurs tenanciers à la désertion : enfin la jalousie divisa le duc de Perth et lord Georges Murray. Celuici> qui ise sentait soutenu par l'amour des troupes^ et qui joignait aux titres d'un âge plus avancé le mérite plus solide de l'expérience et du talent, *craignit que son rival ne tirât avantage de la prise de Garlisle^ et, feignant de se rendre justice, vint donner sa démission au prince, déclarant qu'il servirait désormais comme simple volontaire. Le jeune duc se laissa gagner par cette générosité prétendue, et donna sa démission à son tour. Il était catholique : Charles avait besoin de répondre par des actes aux déclamations des fanatiques protestants ou d'une politi-

que hypocrite^ qui Faccusaient d'apporter avec ses prétentions des préférences pour un culte calomnié sans don te ^ mais impopulaire pour la majorité des Anglais (i). Il n'accepta que la démission du jeune duc^ et lord Georges Murray Testa seul lieutenant-général^ au grand contenta ment de Tarmée^ qui avait une aveugle confiance dans son courage et ses talents. Il continua ù la justi^er : à la fois intrépide et calculant avec habileté tous ses mouvements^ dormant peu, parlant encore moins, et, au moment d'une ac*^ tion^ se contentant de dire aux soldats qu'il ne leur demandait que de le suivre , et ils ]e suivaient. Tel était dans son temps un de ses ancêtres, « le moult gentil chevalier, et vaillant en « armes , renommé en grandes prouesses , le « comte de Moray . qui portait, dit Froissard, « un écu d'argent à trois oreilles de gueule (2). » Le prince et son armée restèrent encore quelques jours à Carlisle : un très petit nombre de Jacobitcs du pays s'enrôla sous ses drapeaux. On s'apercevait que l'armée avait de grandes préventions à détruire parmi les habitans de la

(1) On comparait déjà sir Thomas Sheridan, qui était catholique et un des sept premiers compap:nons du prince , au père Piters , confesseur de Jacques Tï.

(2 Froissard, tom. II. Edit. nouv.

frontière anglaise. Les partisans de la maison de Hanovre ne s'étaient pas contentés de crier au pape et à Tantechrist^ ils avaient représenté les Highlanders comme de vrais cannibales^ qui se nourrissaient de chair humaine. La crédulité des paysans anglais est proverbiale. Ils supposaient que les sauvages d'Ecosse avaient des griffes comme les loups , au lieu de mains. Un soir, Gaméron de Lochiei, en entrant dans sandiogemcnt, fut surpris de voir tomber à ses genoux son hôtesse, vieille femme qui, les larmes aux yeux et les mains étendues , le supplia de la tuer , mais d'épargner ses enfants. Lochiel crut qu'elle était folle, et lui dit de s'expliquer. Quand il comprit le motif de son effroi , et qu'il lui eut persuadé par sa douceur qu'il n'était pas un anthropophage , la vieille , rassurée, ouvrit un buffet et en fit sortir ses deux petits- fils : « Venez , venez, enfants, dit-elle, le montagnard ne vous mangera pas. m Une histoire semblable arriva à Hackston de Rathillet et à d'autres officiers et soldats (i).

Les moins crédules regardaient avec une stupide curiosité ces hommes si différents des An-

(i) Voyez les Mémoires du chevalier de Johnstone , page loi, et la note communiquce par M. Young à réditeur.

fr

DE chaiiles-eooi;ard. 1129

lais par le costume, et d'autres , se rappelant les cliants traditionnels de la frontière, s'attendaient chaque jour à voir la flamme de l'incendie ëcla-* ter soudain pour éclairer , selon les termes de la ballade, les femmes du Gumbcrland, « occupées à mettre leurs coiffes devant leurs miroirs (i).» Tout fut paisible après la victoire, et déjà , lors* que le jour du départ arriva, les habitants de Carlisle et des environs commençaient à recomiaitrc que les Highlanders étaient des hommes comme les autres , et quelques uns même des hôtes plus généreux que les Anglais.

Le 16 novembre^ pendant que le Maire, les Aldermans et les magistrats de Garlisle, précédés de \â masse et de l'épée municipales, parcouraient en procession les rues de la ville pour y proclamer Jacques III et y lire les manifestes ou proclamations du prince régent son fils, une compagnie de Macdonalds se dirigea sur le château de Rose-Caatle^ situé dans les environs. Ce château appartenait à M. d'Acre, officier de milice , retenu prisonnier depuis la veille daa^ la citadelle. Les Highlanders avaient entendu dire qu''ily avait chez lui une grande quantité d'ar-

enterie et d'autres objets précieux. En les voyant

(1) Notes de Marmion ; ballades du Border ' minstreisjTy 6 te.

1 3o iiisToiRi:

approcher^ un vieux serviteur de la maison court au-'devant d'eux ^ et, s'adressant au capitainerie conjure de ne pas aller plus loin , de peur , dit-il , que le bruit et la frayeur ne causent la mort de sa maîtresse et de son enfant. Sa maîtresse était la fille de Tévéque de Carlisle: elle était accouchée le matin, et le chapelain du Lord-évèque aUait à cette heure même baptiser le nouveau-né. Macdonald fait faire halte à sa compagnie : il détache la cocarde blanche de sa toque ^ et la remettant au vieux domestique : « Qu'on baptise l'enfant avec cette cocarde sur la tête , dit-il ; ce sera sa protection aujourd'hui ^ et plus tard si quelques uns des nôtres revenaient par ici : quant a nous^ nous sommes chrétiens^ nous assisterons à la cérémonie en silence. » La compagnie entra respectueusement dans la chapelle^ fut témoin du baptême, et, après avoir pris un sobre repas dans la remise, quitta ^ose-Castle sans y avoir commis le moindre désordre (i).

(i) L'enfant nouTcau-nè était une 61Ie , Rosemary, lady Clerk, établie depuis à Edimbourg, et qui écrivit elle-même cette anecdote en 1 8 1 7 au Blakcw. Mag. (t. 1"): « IVla cocarde fut conservée précieusement, et m'apprit de bonneheure à aimer les Ilighlanders, dont je me suis rapprochée en venant passer ma vie en Ecosse; MistressHaw, ayant entendu racuiiler l'histoire de mon baptême^ m'en-

DE ClUnLES-BDOUAHD. ]3l

C'est aiasi que dans son expéditioa d'Irlande, le no Robert Brucç , poursuivi par les Anglais, ayant entende les cria d'une femme en mal d'eiifapt y avait fait balte maigre le danger, pour lui &ire élever une tente aous laquelle on pût la dë^ livrer (i)- Quand on voit cbes les Higklanders d'Ecosse ce reste des vertus patriarcales de leurs aocétres, unies à leur re&pect pour Thospitalité, ce premier lien de la civilisation , que la société oublie si vite en se civilisant, il semble qu'on ne saurait plus trouver contre eux que l'exclamation de Montaigne sur les peuples aauvages : «c Mais quoi ! ils ne portent point de bault de chauspsesl {%). w

Sous d'autres rapports on pouvait appliquer à cea mêmes Higblacders les termes dont se ser^ ^ait Froissard pour peindre les Ecossais de son teo^ps > lorsqu'ils basaient leurs rapides campagnes ep Angleterre. « Ijcs Écossais sont durs et ](iardi^>et fort travaillants en armes et en guerre; et, à ce temps4à> ils aimaient et prisaient asses peu les Anglais, et encore font-ils à présent ; et quand ils veulent entrer au royaume d'Angle-

voyji un jour le portrait 4u prinee et eetui de son èp<»vse 9 etc, »

(i) BAS»ovft*8 fA^BriMV.C^étuituResiinpteTiTanâière.

(2) MosTÂiGSi , livre i** chap. 3o^

l3^ HISTOIRE

terre , ils mènent bien leur ost ( armée ) vingt ou vingt-quatre lieues loin , que de jour ou de nuit^ de quoi moult de gens pourraient s'émerveiller, qui ne sauraient leur coutume

et si ne mènent nulle pourveance de pain ni de vin , car leur usage est tel en guerre , et leur sobriété^ qu'ils se passent bien assez longuement de chair cuite à moitié, sans pain , et de boyre eau de rivière sans vin, et si n'ont que faire de chaudières ni de chaudrons ; car ils cuisent bien leur chair au cuir des bétes mêmes, quand ils les ont écorchées. Chacun emporte une grande pièce plate (i), et trousse derrière lui une besace pleine de farine. Quand ils ont tant mangé de chairs mal cuites que leur estomac leur semble roide et affaibli , ils jettent cette pièce au feu et détrempent un peu de leur farine et d'eau ^ et quand leur pièce est échauffée , ils jettent de cette claire pâte sur cette chaude pièce , .et en font un petit tourtel en manière d'une oublie de béguine, et le mangent pour reconfister leur estomac (i).

(i) Dans l'édition de M. Buchon on lit pierre pour pièce ; mais les traducteurs anglais ont traduit par piate, et l'on doit lire pièce; c'est en effet une espèce de plat ou pièce de fer appelée girdle. Le tourtel est le cake, espèce de galette que nous avons yu cuire aussi sur un

D£ CMARLËSHSfX)UAllD. l3i

« toutes les vesprëes se logeaient moult

à mésaise^ sur dure terre et pierres sauvages y et toujours armés , etc. ^ etc. »

glrdlâ : Voyez dans les Contes d'un granit père sur rhis~ toire d'Bcosse, a* série, Tépisode d^Allan^a Sop.

1^4 BISTOIKE

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