‹ Histoire de Charles IerChapitre 109 sur 151 · CROMWELL SE KEND DANS · texte numérisé non relu

CROMWELL SE KEND DANS

et la mise en liberté de ses aldermen accusés, pourvu qu'elle s'engageât à ne rien faire qui pût servir les Écossais dans leur prochaine invasion; mais ses offres avaient été repoussées K Contraint de renoncer à tout esi)oir de conciliation, quand il Yit les presbytériens reprendre courage dans la cité et crédit dans le Parlement, un désir passionné lui vint de risquer un coup décisif. Il se rendit au quartier général, fit convoquer le Conseil des officiers, et ouvrit l'avis que l'armée marchât sur Londres, expulsât des Chambres tous ses adversaires, prît enfin, au nom des gens de bien et du salut public, pleine possession du pouvoir. Un moment la proposition fut adoptée : cependant une si rude atteinte aux droits d'un Parlement si longtemps l'idole et le maître du pays étonnait encore les plus audacieux; ils hésitaient. Fairfax, qui commençait à s'inquiéter de ce qu'il accomplissait, en profita pour se refuser aux instances du heutenant général, qui voulait donner surle-champ les ordres; le projet fut abandonné ^ Las de <?e double mécompte, suspect aux uns par ses tentatives d'accommodement , aux autres par l'emportement de ses desseins, incapable de supporter l'inaction et la perplexité, Cromwell résolut soudain de quitter Londres, d'aller combattre les insurgés de l'ouest, et de ressaisir par la guerre l'ascendant qui lui échappait. Il eut peu (le peine à obtenir des Chambres celte mission. Pen-

* Clément Walker, Hist. of iniepeniencij,'^, 82-83,

• Mémoires de FaH-fax, p. 405-40tj.

LES COMTÉS DE L'OUEST (avril 1648). 275

dant que les troupes qui devaient le suivre faisaient leurs préparatifs de départ, il se plaignit un jour à Ludlow de sa situation, rappelant ce qu'il avait fait pour la cause commune, quels périls, quelles haines il avait bravés, et se récriant contre l'inuratitude de son parti. Ludlow accueillit ses plaintes, lui rappela à son tour quels motifs, quels prétextes il avait donnés à la méfiance, le pressa de renoncer à toute intrigue, à toute vue ambitieuse, lui promit, à cette condition, l'appui sincère des républicains, et le quitta charmé de l'attention docile qu'avaient obtenue ses conseils *. Peu de jours après, à la tête de cinq régiments, Cromwell se mit en marche pour le pays de Galles ; et presque aux portes de Londres, à un rendez-vous convenu, des ministres presbytériens eurent avec lui une entrevue dont ils se retirèrent non moins satisfaits *.

A peine il était parti que la guerre qu'il allait chercher éclata de tous côtés autour du Parlement : les Cavaliers s'étaient bien promis de ne rien tenter avant l'entrée des Écossais dans le royaume; mais chaque jour, dans quelque lieu, l'élan populaire, l'occasion favorable, une circonstance inattendue et qui seniblail impérieuse, précipitait linsurreetion. Des habitants di, comté d'Essex avaient demandé qu'une négociation fût rouverte avec le Roi et l'armée licenciée après le paye-

* Mémoires do Ludlow, i, I, p. 288.

• Mémoires do mistriss Hutcbin.soa, t. II, p. 157, 158.

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