DANS LE FORT
René de Laudonnière ~, capitaine du fort.
la Roquette, le Genre, et François Jean, ce traître qui conduisit les Espagnols au fort Caroline. Il est singulier que le nom de Basaiiier ne se trouve nulle part dans le texte : cela fait l'éloge de sa modestie.
1 Né eu 1520.
* Laudonnière s'échappa et revint en France en janvier 1566 ; on a publié une Histoire notable de la Floride contenant ses trois voyages et celui du capitaine Gourgues. Paris, 1586, in-S°, chez Auvray. L'éditeur de l'ouvrage du capitaine Laudonnière s'intitule M. (Martin?) Ba3aniï:r, gentilhomme français, mathématicieyi. Ce volume rare a été réimprimé en 1853, dans la Bibliothèque elzéoirienne.
Sa fille de chambre *.
Un trompette (celui du sieur de Laudonnière).
Le sieur de la Blonderie.
Maistre Robert, chargé de faire les prières dans le fort.
Maistre Jacques Tousé.
Le sieur dVlly (de Beaucaire).
Le laquais du sieur d'Ully.
Le neveu de M. Lebeau^
Jacques Morgues (de Dieppe) '.
François Duv al (de Rouen).
Le fils de la Couronne de fer (de Rouen) \
Nicolas, menuisier.
Le sieur d'Ottigny.
— de la Caille.
— de la Roche-Ferrière, guerrier aventureux.
— d'Eslac.
— Levasseur.
— des Fourneaux, chef d'un complot contre Laudonnière.
Du côté des Espagnols, voici trois noms d'officiers : Don Pedro Menezez, ou Menendes, chef de la flotte ; Don Pedro Malvendo, colonel ; De Vallemande, capitaine, lequel reçut la reddition loyale
des nôtres, et les fit cependant massacrer.
• On reprocha en France à Laudonnière d'avoir emmené cette femme ; probablement il -y avait un peu de calomnie dans ce reproche bien sévère pour une pareille époque ; toujours est-il qu'il se défend dans sa relation en disant que c'était une pauvre chambrière qui prenait soin de son ménage, gouvernait ses animaux domestiques, soignait les malades de la colonie et finit par épouser un de ses soldats.
* M. Lebeau faisait aussi partie de Texpédition.
3 Nous n'avons pu découvrir s'il tenait d'une façon quelconque au peintre de même nom embarqué sur la flotte.
♦ Une auberge sans doute.
Les Dieppois indignés eussent voulu venger Jean Ribault et ses compagnons; la continuation des troubles, dont Dieppe ressentit plusieurs secousses, les en empêcha. La cour était hors d'état de rien tenter; peut-être même l'insuccès de Coligny, car c'est lui qui s'intéressait le plus à ces tentatives de colonisation, ne la fâcha-t-elle pas trop. Un particulier eut plus d'audace. Ce gentihomme gascon, nommé Dominique de Gourgues, déjà porté contre les Espagnols pour divers sévices reçus pendant ses navigations, vendit son bien, fît construire deux navires, les équipa, se rendit en Floride, attaqua le fort Caroline^ tua la garnison entière et en pendit les soldats avec ces mots : Non comme Espagnols^ mais comme traîtres^ voleurs et meurtriers^. Nous souhaitons qu'à chaque faiblesse gouvernementale, vis-à-vis d'un outrage commis en pays étranger sur nos nationaux, la marine marchande de France soit, à cet instar, assez forte et assez osée pour se faire justice elle-même ! Mais, à côté de ce souhait patriotique, il reste à l'historien un devoir pénible à remplir, celui de dire que la cour de France accueillit fort mal de Gourgues à son retour. Yoici pourquoi. L'Espagne se plaignit d'un acte aussi audacieux, aussi contraire aux lois du droit, puisque les monarques, les chefs d'État doivent seuls faire la guerre, et non les particuliers, et Philippe 11 réclama justice. Devant cette réclamation, et comme le roi Charles IX ne voulait alors rompre avec l'Espagne, de Gourgues, qui offrait pourtant de remettre à ses frais la Floride sous notre obéissance, fut obligé de se
* Le lecteur curieux de connaître plus de détails sur l'expédition volontaire (Montluc l'avait commission né contre les nègres de Bénin) du Marsanais Dominique de Gourgues peut recourir .'i un ouvrage bien fait : les Pionniers français da7is r Amérique du Nord, par Francis Paukman, traduction de M""» de Clermont-Tonnerre, Paris, 1874, chez Didier, première partie, les Huguenots à la Floride, chap. ix.
cacher à Rouen. Comme il comptait de beaux services de guerre, ayant, avec 30 soldats, glorieusement soutenu un siège dans une petite place près de Sienne , puis après voyagé sur la côte d'Afrique et au Brésil , la reine d'Angleterre le rechercha et voulut le prendre à son service ; finalement, il alla se mettre à la tête de la flotte de don Antoine, lorsque ce dernier tenta de s'emparer du Portugal, mais il mourut en se rendant à Tours afin d'y arrêter les dernières résolutions relatives à cette expédition.