LES ECCLÉSIASTIQUES
Parmi les ecclésiastiques, s'il y en avait dont la vie restait exemplaire, comme Julien du Laurens, qui, une fois théologal à Saint-Trophime d'Arles, « ne se coucha jamais au lit, mais prit son repos sur une chaise », d'autres se conduisaient moins bien : on dirait qu'ils ne sont pas, comme les nobles, retenus hors de la mauvaise conduite au moins par la nécessité de conserver leur santé et leurs forces, sans lesquelles la participation à la guerre n'est plus possible. Aussi lorsque Charles IX prescrit, en 1573, de s'occuper de la surveillance des mœurs, il veut que l'on commence par eux. Yoici, à ce sujet, une lettre offlcielle dont le texte ne peut être récusé ' : « Je voy la corruption des mœurs s'accroistre et augmenter tous les jours en mon royaulme, sans que les remèdes que je m'efforce y appliquer par doulceur et sévérité puissent arrester le cours de ce mal, dont je porte un extrême regret. A quoy je désire pourvoir par tous les moyens que je pourray, avant que le mal soit du tout incurable. Je vous prie donques, ayant receu ceste lettre, de prendre l'occasion de vous pourmener de ville en ville et lieux principaux, et là vous instruire doulcement et le plus dextrement des comportemens des uns et des aultres : premièrement des ecclésiastiques. »
< Lettre de Charles IX à M. de Bourdeille (André), de la Fère, le 25 octobre 1573.