Ibid
3. M. E. Rridrey a été conduit, par des raisons qui semblent très plausibles, à reporter à l'année i355 la première rédaction latine du Traité des Monnaies de Nicole Oresme (op. cit., .'lo-'ig et /i76-/i8o).
ti. Voy. tout le chapitre ii de la deuxième partie île rou\ragc cité : La lutte pour la monnaie droite.
5. Joignez -y tous les inconvénients bien souvent signalés : la hausse des denrées et des salaires : « ... et pourceque [par] les mutacions et alTcbliemenls des monnoies les draps furent depuis vendus plus chieremenl et plus haut pris, en nombre de pecune, que ilz n'estoient ou temps que les dites ordenances furent faites et aussi toutes autres marchandises et denrées... » (Arch. nat., JJ. 85, fol. ai-ai'", nM3 ; Gisors, mai i357); — surtout l'impossibilité de discerner les espèces décriées de celles qui ont cours : « ... eu consideracion aux choses dessus dites, et ad ce qu'elle est une simple femme non congnoissant en monnoie, et que elle avoit receu icelle de pluseurs menuez denrées que elle vendoit et de pluseurs personnes, cuidant icelle monnoie estre de bon aloy, et avec ce que la dite monnoie sans aucune fausseté est trouvée estre forgée es propres coings de nostre dit seigneur » (Arch. nat., JJ. 85, fol. 25-20'°, n° 62; Arques, mai t357).
394 LES ÉTATS GÉNÉRAUX DE l356 ET DE iSÔ"]
aîné. Le prévôt des marchands et plusieurs habitants de la ville se rendirent au Louvre* et sommèrent le comte d'interdire la circulation des nouvelles espèces. Après des tergiversations et des délais qui ne découragèrent point les mécontents, car chaque fois ils revenaient plus nombreux -, le prince répondit que son frère serait mis au courant de la situation, et l'exécution du mandement ajournée en attendant sa réponse ■^. En réalité, il semble (ju'on ait purement et simplement attendu le retour du dauphin. La question n'avait pas fait un pas, lorsque Charles revint de Metz, plus obéré et plus besoigneux qu'avant son départ.
En conséquence, le jeudi rg janvier, il envoya au prévôt des marchands quelques-uns de ses conseillers, parmi lesquels Guillaume de Melun, archevêque de Sens, le comte de Roucy, le seigneur de Revel, Robert de Lorris, qui prièrent Etienne Marcel de se rendre à Saint- Germain-l'Auxerrois, car ils avaient une communication à lui faire de la part du dauphin ^. Il y alla vers dix heures du matin — « environ heure de disner » —, accompagné de « grant foison de genz de la dicte ville de Paris, armez à descouvert », c'est-à-dire portant leurs armes d'une façon ostensible. Les conseillers du duc de Normandie demandèrent à Marcel de ne plus s'opposer au cours de la nouvelle monnaie. Le prévôt et ceux qui l'escortaient répondirent (pi'ils n'en feraient rien •'. Engagé sur ce ton, l'entretien devait tourner court. Pour vaincre toute velléité de résistance, le prévôt des marchands rompit la conférence, fit cesser tout travail dans Paris et ordonna à chacun de s'armer '"'. C'était l'émeute en perspective, et une émeute sanglante, car