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rain des c trente-six » ' ou des « tieiitc-(|iintre » -, dont les membres auraient concentré entre leurs mains tous les pouvoirs. Les Etals de i357 n'avaient ])lus les prétentions qu'ils avaient laissé paraître, avec quelque naïveté, au mois d'octobre i35G ; ils avaient compris que leurs premières exigences n'étaient pas seulement inadmissibles, mais inutiles. L'essentiel était de faire entrer dans le Conseil ilu Roi assez d'hommes nouveaux, pour (jue les anciens conseillers y fussent sans influence, d'inspirer partout, et à tous, une vraie terreur, par l'épuration des corps constitués-'.
Les nouveaux membres du Grand Conseil, élus par les Etats '*, étaient peu nombreux : six ou sept au plus. Leurs noms, cpie ne mentionne aucune cbroni(pie, ont été recherchés et retrouvés au bas des actes de la chancellerie royale qu'ils ont contresignés •"'. On relève, en effet, à partir du mois de mars, des noms significatifs, et qui n'apparaissent jamais à une époque antérieure : ceux de Jean de Craon, archevéfiue de Reims, ce un des plus grands maîtres »> des Etats '"', de Guillaume de Poitiers, évécpic de Langrcs, de Jean de lMc(piigny, de Firmin de CoquercI, bourgeois d'Amiens, de \ inccnl de ^ auricher, bourgeois de Rouen, tout dévoué à Etienne Marcel, de Pierre le Musy, de Jean Barrant. Le changement survenu est très exactement caractérisé dans les lignes suivantes :
u Le Conseil, bien que composé encore pour les deux tiers d'anciens conseillers de Jean le Bon, n'en était pas moins devenu l'auxiliaire obligédes Etats; les partisans des réformes, lesamis du roi de Navarre, y avaient sinon la majorité, du moins l'avantage du terrain ; ils se sentaient appuyés au dehors, par les Etats et le prévôt des marchands qui
1. Trente-six, d'après Jean le Bel [Chron., II, p. 2^7), et Froissart. V, 72.
2. Trente-quatre, d'après des historiens modernes, parce qu'on lit, au dos de VActe d'accusation, une liste de trente-quatre noms, qui sont très probablement ceux des membres de la grande commission, instituée au mois d'octobre i35C, les plus hostiles aux conseillers de Jean II.