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CHAPITRE VIII

La délivrance du roi de Navarre et les premiers mois de l'année 1358.

I. Le dauphin à Paris. Convooalion des Etais Généraux. Rappel do Hol)erl le Coq. Ouverture de la session. La délivrance du roi de Navarre; Charles le Mauvais à Amiens ; sa rentrée à Paris ; le discours de Sainl-Gerniaindes-Prés. — IL Première rencontre du dauphin avec le roi de Navarre. La réconciliation. Le dauphin est oblig:é d'accueillir toutes les demandes du Navarrais. Charles le Mauvais part pour la Normandie. Les premières compagnies anj^lo-navarraises ; James de Pipe à HIpcrnon. Le dauphin réunit des hommes d'armes autour de Paris ; méliance des Pari siens. — III. L'agitation révolutionnaire. Le dauphin aux Halles ; l'as semblée de Saint-Jac(iues de l'Hôpital. Uéunion des Etats Généraux de la langue d'oil ; ils se séparent après avoir ordonné la l'ahrication d'une monnaie plus faible. — IV. Progrès des compagnies. Prise d'Etampes. Les réclamations du roi de Navarre. Cérémonie expiatoire de Rouen- — V. L'assassinat de Jean Baillel, le trésorier du dauphin. Violation de l'immunité ecclésiastique. La paix avec l'Angleterre; le Conseil du dauphin examine le projet de traité apporté de Londres. Nouveaux griefs du roi de Navarre. Intervention de l'Université de Paris. Les Etats Généraux; l'ordonnance de février i3,ï8. — VI. La journée du 22 février i358. Assassinat de Régnant d'Acy, des maréchaux de Champagne et de Normandie. La justilication d'Etienne Marcel. — VII. Charles le Mauvais à Paris. Deuxième réconciliation avec le dauphin. Les compagnies ; mesures de défense prises parle dauphin. — VIII. Le régent du royaume; pourquoi le dauphin a pris ce titre ; son départ de Paris.

I. — Par quelle voie un rapprochement put-il s'opérer entre le dauphin et les Parisiens? Les Grandes Chroniques nolenl que la a réconciliation » se fit « environ la Saint-Rémy », c'est-à-dire dans les premiers jours d'octobre ; mais elles n'apprennent rien sur les négociations préliminaires, ni sur ceuv qui en prirent l'initiative et les menèrent à bien 1. La réussite en fut si complète, que le dauphin, qui depuis

I. D'après Perrens {Etienne Marcel, p. 107), le dauphin serait rentré à Paris, non seulement parce qu'il était à court d'argent, mais aussi parce qu'il craignait d'être « enlevé » par les « compagnies » d'aventuriers, dont l'audace commençait, en effet,

longtemps n'avait pas mis le pied à Paris, n'hésita plus à y revenir ^. S'il faut accepter sans réserve le récit officiel, écrit sous son inspiration, le prince aurait été dupe de promesses fallacieuses, que les habitants de Paris, ou ceux qui parlaient en leur nom, étaient résolus à ne pas tenir. Ils le leurrèrent de l'espoir d'un subside; ils lui firent accroire également qu'aucun de ses officiers ne serait inquiété, et qu'il ne serait jamais plus question de la mise en liberté du roi de Navarre "2. Us le supplièrent seulement de consentir à ce que les représentants de vingt ou trente villes s'assemblassent à Paris. Le dauphin l'accorda; il n'avait pas d'autre moyen de se procurer des ressources et il ne pouvait prévoir où cette première concession l'entraînerait. 11 fit même plus qu'on ne lui demandait, en étendant la convocation à soixante-dix villes environ •*. Les députés ainsi réunis, trop peu nombreux malgré tout, privés du concours des deux autres ordres, sentirent vite leur impuissance ; ils n'osèrent ou ne voulurent prendre aucune décision, lis se bornèrent à déclarer au duc de Normandie qu'il était impossible de rien faire sans une assemblée générale de tous les Etats. Leurs remontrances furent appuyées par «ceux de Paris », et en termes tels que le dauphin n'eut qu'à s'incliner. 11 manda donc, par lettres, les gens d'église, les nobles et les autres bonnes villes *. Pour mieux marquer la part qu'il avait à cette nouvelle convocation, le prévôt des marchands joignit, au mandement du duc, des lettres écrites en son propre nom ■».

à devenir inquiétante. Il aurait fait des ouvertures à Marcel, auxquelles auraient répondu de I)elles promesses. Ce sont là des suppositions toutes gratuites, et l'on ne trouve rien de pareil dans aucune chronique.

1. Grandes Chron., VI, 6i : « Item, environ la Saint-Remy ensuyvant, se rcconsilierent ceuls de Paris par devers Monseigneur le duc de iNormandie, et firent tant que il retourna en la dicte \ille, en la quelle il n'avoit esté lonc temps avoit ».

2. Ibid. : « Et li distrentque ilz li leroient 1res grant chevance et ne li requerroient riens contre aucuns de ses officiers, ne aussi la délivrance du roy de Navarre, la quelle ilz li avoient requise par pluseurs foiz ».

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