‹ Histoire de Charles VChapitre 256 sur 381 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

5. On ne peut préciser la date de son transférement à Arleux. 11 est certainement antérieur à la bataille de Poitiers (Voy. ci-dessus p. i65 et n. 4).

6. Le château, disent les Grandes Chroniques, ce estoit mal gardé » (VI, 63). P. Paris a imprimé : « très mal gardé », ce qui n'est pas la leçon du man. fr. 281 3.

7. Celle de la garnison, peut-être, car il ne semble pas que le châtelain Tristan du Bos ait été de connivence avec Jean de Picquigny.

8. 11 ne parait pas douteux qu'il y ait eu un complot pour la délivrance du roi de Navarre.

Froissart, V, 97 : « ... messires Jehan de Pikegny et auUre vinrent, sus le conjorl

homme, qui ne médlaitpasla confiance que le roi de France avait mise en lui, Jean de Picquigny, gouverneur de l'Artois *, ayant réuni une petite bande d'une trentaine d'hommes armés, composée, en majorité, de bourgeois d'Amiens "^, se présenta devant le château d'Arleux, dans la nuit du mercredi 8 au jeudi 9 novembre •^; Il put en faire l'escalade avec la plus grande facilité, à l'aide d'échelles qu'il avait amenées de Vis-en-Artois '% et avant que l'éveil eût été donné à la garnison. Le châtelain Tristan du Bos voulait s'opposer à l'enlèvement de son prisonnier; on s'assura de sa personne et on scella, de son propre sceau, je

dou prevost desmarchaiis et des consaulz des aucunes bonnes villes, au fort chastiel que on dit des Alucs en Pailluel... ». — Chronog raphia, II, 2G6 : « ïunc temporis prepositus mercatorum et illi de tribus statibus fecerunt liberari regem Navarre, qui tune erat in castello Allodiorum in Pabulo etc. »

L'intervention des meneurs des Etats, « des souverains des trois estas » et des bourgeois de Paris, est encore mieux marquée dans la Chron. des quatre premiers Valois, p. 61.

i.Gr.Chr., V'I, C3. Jean de Picquigny, d'une branche cadette de la famille des vidâmes d'Amiens, était le fils de Robert de P. et delà dame de Fluy. Il avait pour aïeul Jean de Picquigny, \idame d'Amiens. Son frère Mathieu était aussi tout dévoué à Charles le Mauvais (Adrian de la Morlière, Recueil de plusieurs nobles et illustres maisons vivantes et esteintes en l'eslendue du diocèse d'Amiens, etc. ; Amiens, iC3o. in-4°).

2, Gr. Chr., ibid.

3. ]bid. : a Le mequedy viii' jour du dit mois de novembre, avant le point du jour du jeudi ensuyvant, le roy de Navarre, qui estoit en prison au chastel d'Alleux en Cambresis, fu délivré etc. » Ceci est exact, mais peu clair. Le roi de Navarre a été délivré le jeudi 9 novembre, de grand matin. Ce même jour, il écrivit aux habitants d'Arras, et sa lettre se termine ainsi : « Et pour ce que nous estions desirans que vous seussiez nostre estât, nous vous avons escript ces letres, le jour de nostre parlement, à \i en Artois, le ix" jour de novembre etc. » (Publ. par M. A. Guesnon, d'après l'original en papier, conservé aux Archives communales d'Arras, dans le Bulletin histor. et philol. du coniilé des travaux histor. et scientij'., année 1897 . Paris, Impr. Nat., 1898, p. 247-2/18). — Vis-en-Artois; Pas-de Calais, arr' d'Arras, c°° de Vitry.

Il écrit, d'une façon, non moins explicite et plus enjouée, au comte de Savoie : « ... plaise vous assavoir que la mercy Noslre-Seigneur et aucuns de mes bons amys, je me party de là où j'estoye, sans prendre congié à mon hoste,le ix' jour de novembre, en bonne santé de corps etc. » (Paris, sans date, mais des premiers jours de décembre 1357). Cette lettre n'est pas connue, quoiqu'elle ait été publiée, il y a longtemps, parGuichenon (Hist. généal. de la maison de Savoye. Lyon, 1660, in-f", t. II, 202-203), mais cet historien l'attribuait au régent Charles (Charles V). Il l'avait tirée des archives «de la Chambre des comptes de Savoye ». Je n'ai pu retrouver l'original, ni à VArchivio di Slato, de Turin, ni à VArchivio camerale, de la même ville.

Z|. Arch. nat., JJ. 90, fol. 2/19"°, n° 5oo (sept. i359). — Secousse, Recueil, p. i5/i : Lettres de rémission pour Andry Regelet, demeurant à Vis-en-Artois, qui avait aidé « à conduire plusieurs charrettes qui menoient eschielles audit chastel d'Alleux, qui estoient pour eschcller ycellui, et mettre hors d'ilouc nostre dit frère, qui y estoit prisonnier du commandement de Monseigneur et de nous etc. ».

RETOLU l)F, CIlAKr.ES JE MAUVAIS A PARIS 325

ne sais quelles fausses lettres, pour dissimuler sous une régularité apparente la violence qui lui était faite '.

Le roi de Navarre, s'élant ainsi évadé (( sans prendre congé de son hôte I), couime il l'écrivait lui-même avec humour -, fut conduit à Amiens, où il passa plusieurs jours dans l'attente de ce qui allait suivre 3. 11 se fit conférer la bourgeoisie, afin de flatter l'amour-propre et de se concilier les bonnes grâces des habitants V En même temps, il tranchait du souverain, ouvrant toutes les prisons, tant ecclésiastiques que laïques, et ordonnant la mise en liberté des détenus ■'. Il prononça un long discours, où il établissait ses droits sur la Champagne et sur la Bric, dont il avait été injustement frustré, et aussi ses droits à la couronne de France, quoiqu'il se bornât, pour le moment, à démontrer qu'ils étaient bien supérieurs à ceux dont se prévalait Edouard III •■'. Cependant ses amis s'agitaient à Paris et pré|)araient son retour 7. Sa sœur, la reine Blanche, et sa tante, la reine Jeanne, étaient accourues en hâte et intercédaient en sa faveur, comme elles l'avaient déjà fait tant de fois. L'intervention de Robert le Coq, toutpuissanl dans le Conseil, celle d'Etienne Marcel et de dix à douze autres meneurs, furent plus décisives encore ^. Circonvenu, dominé par

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