‹ Histoire de Charles VChapitre 262 sur 381 · Ibid. ; « ... environ heure de prime... » li. Ibid · texte numérisé non relu

Ibid. ; « ... environ heure de prime... » li. Ibid

5. Ps. X, 8. — Contin. Cliron. G. de Xangiaco, II, 260 ; Cont. de Richard Lescot, ii^. La traduction de Perrens, qu'elle lui soit personnelle ou non, n'est pas très heureuse. « Le Seigneur, etc. ; il voit V énuilé devant sa face » (p. i6i).Le sens de la Vulgate parait bien être : // discerne l'équité ou il discerne le juste.

6. Gr. Chr., VI, G5 : « Et en la présence de x mile personnes dist moult de choses, en demonstrant que il avoit esté pris sans cause et delcnu en prison par XIX mois ». Plus bas, les mêmes Chroniques résument toute sa harangue avec une concision expressive : « Et tout son sermon fu de justifier son fait et de dampner sa prise ».

Dans sa lettre aux maire et échcvins d'Arras.il avait dit :«... comme vous et tout

SaS LA DÉLIVRANCE DL ROI DE >AVARUn

mis *, ne visait ouvertement ni le Roi, ni le dauphin, mais il était plein de sous-entendus blessants, auxquels personne ne pouvait se méprendre-. Il dura longtemps; lorsqu'il fut terminé, il était assez tard pour qu'on eût (( dîné à Paris » 3.

II. — Le lendemain de la manifestation du Pré-aux-Clercs (vendredi, i" décembre), le prévôt des marchands, Robert de Corbie et quelques autres habitants de Paris, principaux fauteurs de la faction navarraise, se rendirent au Palais, auprès du dauphin. Ils le requirent, au nom des bonnes villes, « de faire raison et justice au roi de Navarre » '*. Robert le Coq était présent. C'était lui qui avait inspiré la démarche du prévôt et de ses compagnons ^. Sans laisser au dauphin le temps de répondre, sans l'avoir préalablement consulté, il se hàla de déclarer que le prince ferait au roi de Navarre, « non pas seulement raison et justice, mais toute grâce et courtoisie, et tout ce qu'un bon frère doit faire à son frère » ^. C'était, certes, un étrange spectacle que de voir le chef avéré du parti navarrais diriger le Conseil du duc de Normandie. Il y dominait à ce point, que sa volonté faisait loi et que nul n'osait le contredire ".

le peuple du roiaumc de France sacicz asses que nous avons esté prins et détenus vilainement el par loue temps, en obscure prison, sans aucune cause raisonnable ...»

1. Gr. Chron., 1\ , 65 : «... et contre pluseurs des gens et officiers du Roy dist pluseurs choses... »

2. Ibid : n Et jasoit ce que contre le Roy, ne contre le duc. il ne deist rien appcrlement, toulesvoies disoit-il assez de choses deshonnestes et villainnes à euls par paroles couvertes » .

3. Jbid. : « Et moult longuement sermonna, et tant que l'en avoit disné par Paris, quand il cessa ». Il devait être à peu près ii heures du matin.

A. Gr. Chr., VI, 00.

5. Ibid. : « Et lors le dit evesque de Laon, qui principal estoit ou conseil de monseigneur le duc, si comme dessus est dit, et par le quel les di: roy et prevosl des marchanset leur partie faisoient tout ce que il faisaient, respondi etc. ».

G. Ibid. : a ... respondi (l'évêque de Laon), pour monseigneur le duc, en sa présence, que le dit duc feroit au dit roy, non pas seulement raison et justice, mais toute grâce et courtoisie, et tout ce que bon frère devoit faire à autre ».

D'autres manuscrits ont souligné davantage, mais inutilement, l'incorrection du procédé de Robert le Coq; cette leçon se retrouve dans l'édition de P. Paris : « ... pour monseigneur le duc, sans luy en demander son plaisir... »

7. Ibid. : V. Et certes c'estoit bien trompé quant celuy. qui estoit maislrc et gouverneur du dit roy et de ceuls de sa partie, estoit maistre et principal au conseil du dit monseigneur le duc, c'est à savoir le dit evesque de Laon; et n'y avoit lors homme au conseil de monseigneur le duc qui li osast contredire -.

RF.CONf;iM.VlIO> DL DAUPHIN A\ EC I.E ROI DK NAVARRE 32f)

Le jour suivant (samedi, 2 décembre^, le duc réunit son Conseil, où furent appelés ceux qu'il plut à l'évêque de Laon d'y admettre *. Les conseillers présents eurent communication des requêtes ou plutôt des réclamations formulées par le roi de Navarre. Après quoi, la séance fut levée et renvoyée au lendemain dimanclic, afin que chacun eût le loisir de rélléchir sur ce quil venait d'entendre -.

Mais, dès l'après-midi de ce même jour ^, le duc, à l'instigation de l'évêque de Laon, et sans doute aussi des deux reines, se prêtait à une démarche pénible et humiliante. Il se rendit à l'hôtel de la reine Jeanne, pour s'y rencontrer avec le roi de Navarre, faisant ainsi les premiers pas vers une réconciliation, ([ui ne devait être ni sincère, ni durable. Afin d'ôter tout prétexte aux méfiances du Navarrais, il était venu avec peu de gens, u sans aucunes armes » '». Charles le Mauvais, au contraire, parut accompagné d'une suite nombreuse d'hommes d'armes. Quand il entra dans la chambre où l'attendaient la reine Jeanne et le duc de Normandie, les deux beaux-frères se saluèrent, mais assez froidement 5. Us ne s'étaient peut-être pas revus depuis le 5 avril i356, et le souvenir de cette inoubliable journée devait les gêner l'un et l'autre 6.

La crainte d'un guet-apens hantait à ce point l'esprit du Navarrais, qu'elle se traduisit d'une façon injurieuse pour le dauphin. Les sergents d'armes venus avec lui et qui se tenaient à l'entrée de la chambre, plutôt pour lui rendre les honneurs que pour veiller à sa sûreté, durent se retirer; sans quoi, on leur eut fait un mauvais parti. Les hommes armés, de la suite du roi de Navarre, restèrent seuls à la porte, comme K maîtres et souverains » '. Cette première entrevue fut courte ; les deux princes se tinrent sur la réserve et n'échangèrent que quekiues paroles **.

1. Gr. Chr., VI, O7 : « ... tant et lelz comme le dit cvesque voust... »

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