Gr. Chr., VI
6. Ibid. : « Et jasoit ce que le roy de Navarre eusl escript par ses lectres closes ans dessus diz de Champaigne, que il seroit à la dicte journée, et toutes voies n'y fut-il point ».
7. Ibid. : « ... mais maistre Robert de Corbie et mous. Pierre de Rosny, arcediacre de Brie en l'église de Paris, envoiez là par la ville de Paris, furent à la dicte journée ».
38o RIPTURE DL DAUPHIN AVEC LES PARISIENS
Le lendemain de son arrirce (mardi, lo avril), le régent alla, dans la matinée, conférer avec les députés Champenois. 11 leur dit que le royaume de France était, comme ils ne l'ignoraient pas, dans une situation très critique *. Pour l'en tirer, il sollicitait leur appui moral el aussi un secours matériel efleclif, c'est-à-dire une « aide » '^. Pardessus tout, il recommanda l'union, « car, dit-il, si division était au peuple de France, il serait en grand péril ». Il ajouta que, si certains événements récents leur avaient semblé « bien merveilleux », c'est-àdire bien extraordinaires, leur surprise et leur indignation ne tiendraient peut-être pas devant les éclaircissements, donnés au nom de ceux qui avaient tout fait •*. Langage singulier dans la bouche du régent, et qu'on expliquerait mal en supposant qu'il lui a été dicté par la terreur de Marcel et des deux délégués parisiens présents à la séance '^ Une seule explication est possible et plausible : une ironie presque cruelle, toute dans la voix ou dans le geste, donnait leur vraie signification à ces paroles, au premier abord incompréhensibles. L'allusion au meurtre de ses conseillers était déjà suffisamment claire. Le dauphin la souligna avec une insistance, fort gênante, même pour des adversaires résolus et malaisés à intimider. « Voici, continua-l-il, maître Robert de Corbie et l'archidiacre de Paris, qui vous diront aucunes choses, de par les bonnes gens de Paris ^ )).
Robert de Corbie fit comme s'il n'avait pas compris. 11 prit la parole et la garda longten)ps. Il commença par dire aux Champenois que les
I. Gr. Chron., VI, loo : « ... le royaume de France cstoit à 1res grant mescliief et avoit inoult à faire, si cnninie ilz savoieiit ».
■j. Ibid. : « Si les pria et reqiiist que ilz y vousissent meclrc tout le bon remède que ilz pourroient, tant par conseil comme par ayde, et aussi les pria que ilz vousissent cstre tout un, car, se division cstoit ou peuple de France, il estoit en grant péril, si comme il disoit ».
3. Ibid. : <s. Etoultre leur dist que, se aucunes choses avoicnt este faites qui semblassent estre moult merveilleuses, que, par aventure, quant ilz auroicnt ouy ceuls qui les dites choses avoient faites, ilz en scroient apaisiez ».
'i. Ferrons, Etienne Marcel, 20G, rioy. Tout en suivant les Grandes Chroniques, l'auteur a cru « devoir en modifier le récit, c'est-à-dire attribuer aux députés de Paris ime partie de ce qu'elles mettent dans la bouche du régent, et qui y serait incompréhensible ». Par conséquent, la phrase embarrassante est censée dite par Hobert de Corbie ou Pierre de Rosny.
5. Ibid. : « Et ce leur disoit le dit régent, si comme l'en cuidoit, pour ceulz qui avoient esté tuez à Paris, car après ce qu'ilôt dictes les paroles dessus dictes, il dist teles paroles : « Veez-cy maistre Robert de Corbie et l'arcediacre de Paris, qui vous diront aucunes choses de par les bonnes gens de Paris )>.