‹ Histoire de Charles VChapitre 35 sur 381 · I. 8' Louis Charles de Valois · texte numérisé non relu

I. 8' Louis Charles de Valois

Philippe 111

Robert de Clerniont.

(ép. Bcalrix héritière du

comté de Bourbon)

Philippe

Isabeau (ép. Pierre de Bourbon)

Charles de Valois

Louis I de Bourbon

Jean H

Jeanne de

Philippe VI

Charles

Bourbon

Jean 11

Pierre 1 de Bourbon (ép. Isabeau de Valois)

Charles V Jeanne de Bourbon

2. Arch. nat., P. i3G5', n° i4io. Lettres de Philippe VI données au Ponl-Sainte- Maxence (octobre i34o) ; « Philippe etc. Savoir faisons... tiuc par devant nostre amé et f cal clerc maistre Guillaume Clavel, député et cstabli de par nous à recevoir les convenances du mariage Iraictié et accordé de Ame de Savoye, d'une part, et nostre chiere nyece, damoiselle Jehanne, fille de nostre très chier et féal frère Pierre de Bourbon et nostre 1res chiere suer Ysabeau, sa femc, d'autre part, etc. « 11 avait élé question de ce mariage de très bonne heure. Le 30 juillet [ i338], Philippe VI, répondant au comte Aymon de Savoie, lui écrivait : « Quanlau mariage dont escript, nous avez et aussi nous en a parlé Loys de Savoie, vostre cousin, de vostre filz et de" nostre nièce, fille Pierre de Bourbon, nostre frère, sachez que combien que entre nous et vous ait bonne et granl amistié, si voudrions nous que louz jours elle y fust plus grant, et conuncnl que du mariage de la dillc lille uoslre niccc il appar-

Ri:L'\ro\ DU DVi pii[m: a l\ frvxce 37

pas épouser, mais (|ui lui le mari de sa plus jeune sœur, Bonne de Bourbon. Ce premier projet ayant été formé en i3^o, alors qu'.Vmé ou Amédée de Savoie, — célèbre plus tard sous le nom de « Comte Vert », — étaitàgéde six ansetJeanne de deuxans. il importe assez peu de savoir pour quel motif il fut abandonné. Un second projet fut beaucoup plus près de se réaliser. 11 c<»nsistait à marier Jeanne au dauphin Humberl II, veuf de sa première femme, Marie des Baux. Mais une telle alliance était trop contraire aux vues de la cour de France, pour que de puissantes inllucnces ne fussent pas employées à Icmpècher. llumbert II ayant renoncé à toute idée de se remarier, sa fiancée épousa le fds aîné du duc de Normandie, ([ui fut le roi Charles \ et le premier dauphin de la maison de France. Il est indispensable ici de reprendre les choses dun peu loin et dexposer les faits avec quelque détail.

H. — L'acquisition du Dauphinc est l'œuvre capitale des deux premiers Valois '. Le duc de Normandie y eut une grande part, bien qu'elle ail été parfois exagérée. Sans intervenir directement dans les négociations, il en prépara le succès par l'ascendant (lu'il piit<ur llumbert 11 -. l'cul-clre monlra-t-il ([uelque habileté: [)lus \raiscmblable-

ticngne à nous autant on plus comme à moult d'antres, tontexoie en voulons nous bien parler à aucuns de ses antres prochains amis, especialmenl à nostrc cliere dame, madame de N'alois, mcrc de nostrc seur, femme de noslre dit l'rere de Bourbon, et eu sur ce leur avis nous vous ferons assavoir noslre voulenlé de la dicte besoingnc, et elle n'est pas trop hastive, car il sont lou: deux de moult petit aage, si comme vous savez « (Turin, .\rchivio di Stato. Ncgoziazioni con Francia, Mazzo 1" n. 3).

Le projet fut formé, comme le prouvent les lettres de Philippe M, d'octobre i3io, citées plus haut, et au milieu de l'année i3'iG il tenait toujours (Arch. nat., P. i3G5', n* i?iiii''). Il fut abandonné peu de temps après, car le 16 juin iS'iy. le duc de Bourgogne lîudcs IN arrêtait le mariage de sa petit-tille Jeanne avec son neveu de Sa\oic (Amédée a\ait pour mère Blanche de Bourgogne, sœur du duc). Les liancailics furent célébrées à Montréal en Ausois, le 6 juin i348. La petite princesse fut dès lors éle\ée à la cour de Savoie, mais elle n'épousa pas le Comte Vert. En exécution d'une clause du traité du 5 janvier i355, dont il sera parlé plus loin, elle fut reconduite à Màconet remise aux mains des gens du roi de France. Le comte de Savoie épousa Bonne de Bourbon, sœur de la dauphinc (Ernest l^etil, Hist. des ducs de BounjO'jne de la race Capétienne, t. VIll. t>ijon, ujoS, in-H», p. hS-lnj, 53-5i).

I. Les principaux ouvrages à consulter sont : Valbonnais, Histoire de Dauphiné, etc., Grenoble, 1723, 3 vol. in-fol. ; — J. J. GuifTrey, Histoire de la réunion du Dauphiné à la France. Paris, 18G8, i vol. in-S" ; — F. Fournier, Le royaume d'Arles, p. !|0.5-i42.

3. il s'était rencontré a\cc lui à .\vignon, à l'époque du couronnement du pape Clément VL qui eut lieu le nj mai 18^3 (Valbonnais, 00. cit., 1, Sait.

38 LE PREMIER DALPHl.N" DE LA MAISON DE FRANCE

ment, sa bonne grâce naturelle lui suffit pour séduire un prince vaniteux et besoigneux, déjà réduit aux expédients. La seule difficulté venait de l'inconstance du daupliin, d'une volonté mobile qu'il fallait lier par une promesse irrévocable, avant qu'un revirement soudain n'eût remis en question les résultats obtenus'. C'est à quoi s'appliquèrent les commissaires du roi de France -, — les vrais négociateurs, — que secondèrent très utilement plusieurs des conseillers du dauphin, gagnés d'avance ou résignés à un changement de domination prévu et inévitable 3.

Humbertll réalise bien le Ivpe du d grand seigneur, perdu de dettes, faisant argent du bien de ses ancêtres pour se ménager les moyens de continuer sa vie facile et luxueuse n ''. Ebloui par les merveilles de la (( Table Ronde », il rêve d'un rùle que ni l'étendue de ses Etats héréditaires, ni les ressources qu'il en tire, ni sa valeur personnelle, ne lui permettent de soutenir. D'un séjour à la cour de Naples, il a rapporté des habitudes de faste qui le mèneront rapidement à la ruine, des ambitions qu'une couronne royale pourrait seule satisfaire. Aussi se laisse-t-il prendre tout d'abord au mirage d'un royaume de Vienne, reconstitué en sa faveur, et si, au moment décisif, il ne commet pas la folie d'accepter l'offre de Louis de Bavière, il n'en a pas moins troublé, par ses visées chimériques, les relations amicales qui existaient, avant son avènement, entre les dauphins et la maison de France 3. Mais le dénouement inéluctable se précipite. Trompé dans ses espérances, découragé par la mort de l'unique enfant né de son mariage avec Marie des Baux, à court d'argent, le dernier héritier des deux dynasties seigneuriales, dont l'union avait fait le Dauphiné, n'a plus d'autre pensée que de vendre ou d'inféoder ses Etats. Ni le roi de Na-

j. Guiffrey, op. cil., p. aS-ay.

■j. Guillaume Flotte, seigneur de Ravel (et non de Revel, forme que l'on rencontre Icplushabilucilcmenl. Ravel ou Ravel Salmcrangc : Puy-de-Dôme, arr' de Clcrmonl- Ferrand, c°" de Verlaizon), chancelier de France; Pierre de Cuignières, président au parlement de Paris ; Jean Richcr, maître des requêtes de l'Hôtel : le « prieur de Crcpy », frère Jean de ^arlhenay {Johanne^i c/f 5(/r</ia/iovoy, conseiller clerc au parlement (Guilfrey, p. i53).

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