Ibid., p
4. Le 23 février i343 (Arch. nat., J. 279. n° i. — Guiffrey, op. cit., Pièces justifie, II, p. i46-i58). L'approbation du roi de\ait être donnée dans un délai de quatre
3o LE PREMIER DAUPIIlS DE LA MAISON DE FRANCE
ment VI '. Le dauphin cédait, c'est-à-dire vendait ses Etats à Philippe, le second fils du roi de France, ou, à son défaut, à l'un des fils du duc de Normandie -. La cession, assez improprement qualifiée donation^, ne devait produire tout son effet qu'à la mort d'Humbert, et s'il décédait sans avoir eu d'autre enfant mâle. 11 était stipulé que, s'il laissait seulement une fille, elle épou>erait Philippe de France et lui apporterait en dot le Dauphiné. Le traité pouvait donc devenir caduc par la survenance d'un enfant mâle, mais, même en écartant cette hypothèse, la plus défavorable de toutes, le transport, tel qu'il avait été proposé et accepté, n'était pas sans présenter un sérieux danger pour l'avenir. En reconnaissant « comme successeur d'Humbert II un cadet de la maison royale, Philippe de Valois s'exposait à établir sur le flanc de son royaume
mois, avant la fôtc de la Nativité de saint Jean-Baptiste. Philippe VF ratifia le projet de traité le 28 avril /i6/(/y. Le traité lui-même est daté du « Bois de \ inccnnes », 2.3 avril i343 (Arch.nat.,J. 279, n» 4. — Valbonnais, o/j. cit., l\,^!^Ô2-!i'ô-]. — GuifTrey, op. ci7., Pièces justifie, m, p. iSg-i^S). Leduc de Normandie nesl pas nommé dans l'acte.
1. « Acta fuerunt licc apud \ iilam novam Avinionensis diocesis, in caméra dicli domini nostri pape... » (GuifTrey. p. i54). Le projet de traité contient l'article suivant : « Et de et pour toutes ces choses se feront bonnes lettres à l'ordenance du conseil d'une partie et d'autre, et seront confirmées par nostre saint père le pape, afin que il y mette son décret comme pape ef comme vicaire de l'Empire, l'Empire vacant. » fGuiffrey, p. 102). Le fait d'une confirmation formelle par le pape n'es! pas douteux, bien que les lettres de Clément VI n'aient été jusqu'ici ni publiées, ni signalées. Philippe ^ 1, visant le premier transport dans un acte du 11 avril i3ii, s'exprime ainsi : « si comme plus à plein est contenu en noz lettres et du dit dalphin, et en autres lettres de nostre saint père le pape sur ce faites » (Guiffrey, p. 19C). Le pape ne pouvait se désintéresser du marché conclu par Humbcrt II, qui était l'un des gros débiteurs de la Chambre apostolique à laquelle il devait 16.000 florins (Valbonnais, II. ^Sy-^/iS); de là le projet d'inféodalion du Dauphiné au Saint-Siège, mentionné plus haut. Voyez sur ce point Ll. Clievalier, Choix de documents historiques inédits sur le Dauphiné, p. 07-73.
2. <( Premièrement, monseigneur le Dalphin donra à monseigneur Phelippc, fils du Roy,sonDalphiné etc. Et se ce ne se pouvoit faire à Monseigneur Phelippe par cas de mort, dont Dieux le gart, qu'il se feist à l'un des enfanz Monseigneur le duc de Normandie celui que li Roys voudroit eslire » (Guiffrey, p. 1/17). « Monseigneur Phelippc », fils de Philippe VI et de sa première femme Jeanne de Bourgogne, était né à A incenncs, le i" juillet i33G ; c'était donc un très jeune oncle de Charles V. II fut depuis duc d'Orléans et de Touraine, comte de \'alois ; il mourut en 137D, sans postérité légitime.
3. La cession est bien ime vente. Humbcrt II se fait assigner une rente annuelle viagère de 10.000 livres; il devra recevoir une somme de 120.000 florins de Florence, payables en six atmuité*.
RÉIMOX IJL DVII'IIINÉ V I.A FRANCE 3l
une dynastie coUalérale (jui, pour èlrc issue de la maison de France, n'en deviendrait pas moins sa rivale > '.
Le péril avait été entrevu sans doute ; mais les négociateurs français passèrent outre, car il importait de ménager les susceptibilités de la nobless(; dauphinoise, de ne pas fournir à l'Empereur, par une insistance maladroite, un prétexte pour intervenir. Le résultat [)rin(ipal une fois obtenu, le duc de Normandie, agissant dans rinlihcl de la Couronne plus que dans son intérêt personnel, se remit presque immédiatement à l'ceuvre, cl sans trop de peine fit modifier l'une des clauses essentielles de la « donation », consentie au profit de son frère, ou plutôt il lit ratifier par le dauphin les modifications apportées, en dehors de lui, à l'acte du « premier transport ». Les négociations paraissent avoir été conduites avec un certain mystère et une préoccupation évidente de ne pas les ébruiter. Le nouveau traité, signé par lluinbert 11 le 7 juin i'6'\f\ ^, s'il ne fut pas tenu secret, ne reçut du moins qu'une demi-publicité ; il revêtit surtout une forme beaucoup moins solennelle que le piemier '. La portée en était pourtant considérable. Au fils puîné du roi de France, l'hili[)pe d'Orléans, était substitué le duc de Normandie, c'est-à-dire l'héritier du trône. Philippe M avait, de sa propre autorité, opéré cette substitution, affectant de la considérer comme un simple arrangement de famille, un partage d'ascendant, qui intéressait la bonne administration du Dauphiné et la s<''curité du royaume '*. Le jeune prince, évincé par son frère aîné, obtint une assez maigre compensation -', et, comme son approbation était indis-