Muratori, Berum italicaruin., Scriptores, \l
II courut des bruits très fâcheux au sujet de la mort de la duchesse de Normandie : « Moult de gens, écrit Jean le Bel, disoient qu'on avoit avancé la mort à madame Boine, je ne scay pour quoy, ne se l'ut vray ou non.» {Chronique, II, i83.) Cf. p. 6f), n. 2.
6. Froissart. qui consacre troisjjgnes en tout à celle peste fameuse, ne iieut s'cmpècher de noter l'extraordinaire mortalité dont elle fut la cause : « Car en ce temps, par tout le monde gerieralmenl, une maladie, que on claime epydimie, couroit ; dont bien la tierce partie dou monde morut » (IV, loo).
7. Matteo ^ illani, texte cité ci-dessus, n. o. — Gr. Chr., y, Vjo. — Froissart, IV, p. xxxiv et n. 2.
8. Chroniques. IV, 8^. Plus timide que JeanleBel, Froissart n'ajoute pas : « ... et assez tost aprez remariés... » {Chronique, II, i83).
[]. Grandes Chron., V, 'jiji-'^çfi : « le onziesme jour de janvier, lequel fu au mardi... v, ce qui est une erreur; le 11 janvier tombait, en i35o, un lundi. Les
38 r,E PREMIER DAUPHIN DE LA MAISON DE FRANCE
avec sa cousine Blanche de Navarre, la jeune sœur de Charles le Mauvais *, une des plus belles femmes de son temps '^. Si l'on en croit Jean le Bel et Villani, le père et le fils auraient été rivaux ; mais l'avantage resta à Philippe VI, qui sut se hâter, tandis ([ue le duc de Normandie tergiversait sottement''; pour comble de disgrâce, il eut à subir la leçon de celui-là même qui l'avait supplanté''. Quoiqu'il faille penser de cette historiette, qui aurait pu devenir facilement un conte du Décaméron, — Boccace n"eùt point été en peine d'imaginer quelques détails scabreux, — le veuvage du duc Jean ne dura guère non plus. Le 9 février i35o, il épousait Jeanne, comtesse de Boulogne, dont le mari Philippe de Bourgogne, fils du duc Eudes IV, était mort devant Aiguillon, des suites d'une chute de cheval ^. Jeanne était la nièce du cardinal de Boulogne, l'un des membres les plus influents du Sacré Collège, et (pii jouit d'un grand crédit sous le règne de Jean 11.
V. — La prise de possession du Dauphiné par le petit-fils du roi de France était le complément nécessaire, et comme la-sanction du traité conclu entre le dauphin el les commissaires royaux. Pour consommer l'abdication d'ilumbert 11, pour donner la saisine et l'investiture à son successeur, il fallait, au point de vue purementjuridique, quelque chose de plus qu'un acte diplomatique : la remise solennelle, et duement constatée, des attributs symboliques de la souveraineté. Elle
mêmes chroniques ajoutent : « ...et fu la leste à Braic-Conlc Robert, priveement plus que en appert. » La reine de Navarre, mcrc de Blanche, était décédée le 4 octobre iSVj (Ibid., p. '|i.)o).
1. « Laquelle csloit de dix-huit ans ou environ. » (Contin. franc, de Nangis, citée par P. Paris, Gr, Chron., V, 4ga, n. i ) Suivant l'usage du temps, on s'était, de fort bonne hcvire, occupé de son mariage. En i335, des arrangements avaient été pris pour lui faire épouser le fils d'ilumbert 11, André, mort accidentellement la même année à l'âge de 2 ans (Arch. de l'Isère, B. Sa.'iz, fol. i-A v" : nj août i335. — ^'albonnais, 1, 3o6 ; 11, 3oo-3o3).
2. Malteo Villani, libre I, cap. \xxii, lxw; Muratori, Xl\', 35-30, 78 : « ... la sirocchia del re di N'avarra, ch" cra délie più belle giovani e di maggiorc prcgio di virtù che niun' altra di que' paesi... » — « ... la nobile e sopra bella dama figliuola dcl re di .\avarra... ». Cf. Jean le Bel, Chron., 11, i83.