Ordonnances, t. X, p
1418 LE DAUPHIN jusqu'au MEURTRE DE MONTEREAU. 113
vrier 1419), dans les termes les plus violents, de mettre à exécution le traité de Saint-Maur ^
Le duc de Bourgogne, après avoir constaté Tinsuccès de ses intrigues et de ses démarches pour faire revenir le Dauphin dans la capitale', levait le masque une fois de plus, et cherchait à donner le change à l'opinion par des accusations violentes et calomnieuses lancées contre le Dauphin et ses conseillers. On le représentait, dans les lettres du 13 novembre, comme se disposant à traiter avec les Anglais , « au très grand avantage d'iceulx Engloiz, honte et dommage de nous et de nosdiz royaume et subgiez ; » c'était lui qui , en menaçant la ville de Paris par les garnisons qu'il tenait à Melun, àMeaux et à Montlhéry, empêchait de secourir la ville de Rouen , assiégée par l'ennemi ; il était gouverné par une coterie de gens « de petite extraction, » qui le tenaient en chartre privée, « si enclos que homme ne. parle à lui , que gens esleux à leurpooste et qu'ilz scevent estre enclins à leur dampnable entencion. » Et l'on dénonçait publiquement le chancelier Robert le Maçon, le président de Provence Jean Louvet, et Raymond Raguier, comme « sedicieux et perturbateurs de toute paix obstinez ^. »
Le momejit est venu d'examiner quels étaient ces hommes qu'on signalait ainsi à l'animadversion publique et d'étudier tout le personnel du gouvernement du Dauphin.
Si nous envisageons d'abord les capitaines — appelés naturellement à un rôle prépondérant auprès d'un prince qui avait son royaume à conquérir, — nous trouvons en première ligne
1. Ces lettres ont été publiées par Besse, p. 264, mais avec des lacunes, et dans Martène : Thésaurus novus aneçdot., t. I, col. 1751. Elles se ti'ouvent en copie coUationnée du temps aux Archives, X*», 8604, f. 44 v«. — Besse a donné également des lettres missives des 13 et â6 mars, par lesquelles le Roi et le duc de Bourgogne ordonnaient de publier les lettres patentes du 27 février, a Monseigneur le Roy, disait le duc, s*est mis en tout devoir, et plus que devoir, de trouver et mettre bonne paix et union en ce royaume , et n'a pas tenu et ne tient en mondit seigneur , nous , ne les autres qui sont enlonr luy, que bonne paix et union ne soit; et quant à nous l*avons par plusieurs fois requise et poursuivie et fait poursuir de notre loyaJ povoir, mais tout ce n'y a peu valoir prouffitcr par la rigueur et malc voulenté de ceux qui sont entour Mgr le Dauphin et le gouvernent à leur voulenté , et a convenu par nécessité que mondit seigneur ait fait et envoyé à mondit seigneur le Dauphin les lettres de sommation dont il vous envoyé les pareilles » (p. 294-95).
2. Voir Religieux, t. VI, p. 302; Monslrelet, t. III, p. 273.