‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 166 sur 362 · ReMon inédite, p · texte numérisé non relu

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qu'on se réunirait dans le délai d'un mois , pour traiter des affaires du royaume et organiser la résistance contre les Anglais; que Montereau avait été choisi , et qu'il y avait attendu plus de quinze jours; que le duc pouvait venir plus tôt s'il l'eût voulu, car il n'était qu'à quinze lieues. — « Mon trèshonnoré seigneur, interrompit le duc, je suis venu quand je l'ai pu\ » — Le Dauphin insista sur les maux que faisaient les gens de guerre .des deux partis ', et sur les progrès de l'ennemi ; il pressa le duc d'aviser à ce qu'on pourrait faire. « Je tiens la paix desja « toute faite , dit-il , ainsi que l'avons jà juré et promis ; c'est « pourquoy trouvons moyen de résister aux Angloîs *. » Le duc répondit qu'on ne pouvait rien aviser qu'en présence du Roi , et qu'il fallait que le Dauphin y vînt *. « Je suis mieux ici qu'avec « lui, reprit le prince, et j'irai vers monseigneur mon père « quand bon me semblera, et non à votre volonté. Mais, pour- « suivit-il, je me merveille de vous, de ce que deviez défier les « Anglais et ne l'avez fait. » Ici le Dauphin revint encore sur les torts que le duc s'était donnés. — « Monseigneur, dit le « duc, je n'ai fait autre chose que ce que je devais faire*. » Des démentis furent échangés • . Le sire de Navailles s'approcha alors de son maître , dont le visage s'enflammait. « Monsei- « gneur , » dit-il en 8*adressant au Dauphin , « quiconque le « veuille voir, vous viendrez à présent à vostre père ; » et il lui mit la main gauche sur l'épaule , tandis que de la droite il sortait à demi son épée du fourreau '. Le duc , lui aussi , avait porté

1. Jouvenel des Ursins, p. 371. Cf. Rapport des agents anglais i Rome, dans M. Quichcrat,t. IV, p. 280.

2. Voir à ce sujet ce que dit le Religieux de Saint-Denis , t. VI, p. 364.

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