Id,, f. 89 v
6. Voir Y Armoriai de Berry, édité par M. de Vailet de ViriviDe, p. 4; ms. fr. 4936, f. 13 V».
CÏI APITRE VII
fi HARS U2i-2i OCTOBRE i4î2
Le Daophin se porte ao devant de Tannée d^Ècosse ; grand conseil tenu à Selles. — Charles apprend , par une lettre des comtes de Douglas et de Buchan , la victoire de Baugé ; il se rend aussitôt à Tours. — Effets de cette victoire : le duc de Bretagne revient à l'alliance française ; traité de Sablé. — Campagne du Dauphin : prise de Montmirail et de Gallardon ; lettre adressée aux habitants de Tours ; brusque interruption de la campagne. — Lettre auxhabitants de Lyon. — Le Dauphin à Bourges; voyage de Limoges. — Célébration du mariage du Dauphin. — Le bâtard d'Orléans épou^ la fille du président Louvet ; inOuence croissante de ce personnage ; les sceaux sont enlevés à Robert le Maçon et donnés à Bfartin Gouge. — Correspondance du Dauphin avec les habitants de Lyon et avec le maréchal de Séverac. — Voyage de La Rochelle, oà Charles échappe miraculeusement à la mort. — Il apprend en revenant à Mehon la mort do son père. — Appréciation du caractère du Dauphin.
Le 8 janvier 1421 , Charles quitta Mehun * pour se porter au devant du comte de Buchan et de John Stuart de Derneley , qui lui amenaient un contingent important dq troupes écossaises, n était le 17 à Selles, où fut tenu le 25 xm grand conseil pour aviser aux mesures à prendre. Un nouvel incident venait de se produire à Paris : im lit de justice avait été tenu le 23 décembre, à rhôtel Saint-Paul, par Charles VI, en présence du roi d'Angleterre , assis à ses côtés sur le même banc , et du duc de Bourgogne , qui avait près de lui les ducs de Clarence et de Bedford ; le procureur général Nicolas Rolin , au nom de la duchesse de Bourgogne, veuve de Jean sans Peur, et de ses filles,
i. Itinéraire (du 20 septembre 1419 au 30 septembre 1423), dans le Compte de V écurie (KK 53).
HISTOIRE DE CHARLES Vil.
avait exposé le « félon homicide » commis contre la personne de Jean, duc de Bourgogne, par « Charles, soy disant Dauphin de Vienne , » et ses complices , et requis qu'ils « fussent mis en tombereaulx et menez par tous les quarrefours de Paris , nues testes, par trois jours de samedi ou de festes , chascun un cierge ardant en sa main, en disant à haul te voix qu'ils avoient occis mauvaisement, faulsement, dampnablement et par envie le duc de Bourgongne , sans Quelconque cause raisonnable ^ » Après Nicolas Rolin, on avait entendu l'avocat du Roi, Pierre de Marigny, puis un docteur en théologie, Jean Larcher, parlant au nom de l'Université. Les bourgeois de Paris et « les gens des trois estats de plusieurs villes et pays du royaume » avaient aussi été appelés à donner leur avis '. Le même jour, des lettres patentes du Roi déclaraient les auteurs du meurtre criminels de lèse-majesté, inhabiles et indignes de toute succession directe et collatérale, et de tous honneurs, dignités et prérogatives '. Enfin, le 3 janvier 1421, à la requête du procureur général , Charles fut ajourné , à son de trompe , à comparaître avant le 6 à la Table de Marbre , et , dans les délais voulus, une sentence fut rendue, au nom du Conseil royal et du Parlement , le déclarant banni du royaume et déshérité de la couronne *.
« Duquel arrêt, lisons-nous dans un document du temps, ledit dé Valois appela, tant pour soy que pour ses adhérants, à la pointe de son espée , et fit vœu de poursuivre sa dicte appellation tant en France qu'en Angleterre et par tous les pays du duc de Bourgongne '. » Gomme le dit Georges Ghastellain dans son pittoresque langage , « s'il ne se fust trouvé puissant pour résister aux deux puissances contraires, il y faisoit