Doat, 147, f. 231 v
6. ft Reçue avons, dit l'ordonnance , l'umble supplicacion des maire, eschevins et autres manans et habitans en la ville de La Rochelle , contenant que , comme ilz aient esté et soient vraiz, bons et loyaulx subgiez de Monseigneur et de nous, et aient eu et encores aient à supporter plusieurs grans fraix et charges pour garder et conserver la dicte ville en la bonne obéissance de mon dit seigneur et de nous , et résister à J'entreprinse des Àngloiz anciens ennemis de ce royaume, qui ont moult désiré et désirent mettre la dicte ville en leur obéissance (que Dieu ne vueille), laquelle les diz supplians ne pourroient gai'der et préserver des diz ennemis , mesmement en cas de siège , se ilz n'estoient convenablement /bumiz et gamiz de blez. ... n Lettres du 19 novembre 1419. Archives, X^«, 8604, f. 31 vo.
386 mSTOIRE DE CHARLES VIL 1418 et soW.
chant à éluder les demandes, tout en marchandant tant qu'elles pouvaient et en témoignant parfois quelque mauvaise humeur, les villes s'exécutaient le plus souvent. Nous en voyons un exemple par ce qui se passa à Tours en 1419. A peine le Dauphin est-il maître de la ville , qu'il écrit aux habitants de lui envoyer six des plus notables bourgeois « pour ore aucimes choses qu'il avoit à leur dire. » Il fait savoir à c^ix-ci qu'il a t< neuf mille paies » de gens de guerre, et qu'il requiert les habitants de lui prêter, pour subvenir à cette dépense, 30,000 fr., « tant sur la ville que sur les églises *. » Les députés font leur rapport au Conseil le 13 janvier 1419. Le lendemain , n(Mivelle8 lettres du Dauphin pour supplier qu'on délivrât à ses envoyés * la somme demandée. Les habitants répondent « qu'ilz sont prests d'obéir de corps et de biens à Monseigneur le Daulphin. » Le IS, le conseil de ville se réunit; on remontre aux envoyés du prince « la povreté du pais et la bonne voulenté que les habitans ont à mondit seigneur, » et on les engage à « faire l'impost sur ceux qu'ils voudront adviser. » Le 16 janvier, on constate qu'une somme de 3,000 fr. seulement, sur les 15,000 auxquels la demande avait été réduite, a pu être trouvée. On fait partir alors des messagers pour exposer à Charles la « povreté , indigence et nécessité de la ville , » et le supplier de modérer encore ses exigences. La mission eut un plein succès : les envoyés revinrent à Tours le 29 janvier, avec la nouvelle que la somme était abaissée à 4,000 fr. ' Mais, im umms plus tard, le paiement n'était pas fait. Le Dauphin écrivit alors pour faire contraindre « ceulx qui ont esté imposez à psder le prest. » Le conseil décida qu'ils seraient mandés et contraints de payer *.
Un don qui était en quelque sorte obligatoire pour les villes, c'était celui de joyeux avènement. A la première entrée du prince , il fallait s'exécuter, et faire ime offrande digne des ha-