Doal, 93, f. SiS
4*22 HISTOIRE DE CHARLES VU. 1420 et SUJV.
L'industrie ne fut pas complètement oubliée. £n février 14*20, des statuts furent donnés aux tisserands de Vierzôn : l'ordonnance constate que Vierzon est devenu le rendez-vous de nombreux ouvriers af Quant de plusieurs villes et villages, et elle contient des dispositions fort minutieuses *. Les privilèges donnés aux barbiers, en 1410, par le duc de Berry, furent confirmés (janvier 1420), en faveur de Colinet Candillon, « premier barbier et valet de chambre » du Dauphin, et de tous les barbiers résidant en Poitou *. Les salines de Passais furent l'objet d'une réglementation '. Nous avons des lettres par lesquelles le Dauphin, considérant qu'au nombre des marchandises qui affluent dams la sénéchaussée de. Poitiers, il y a une grande quantité de cuirs tannés et à tanner, vendus souvent sans être visités, — ce qui est préjudiciable au peuple, exposé par là à acheter de mauvaise marchandise, — ordonne de faire crier qu'aucun marchand ne vende, sous peine d'amende, des cuirs n'ayant point été visités et signés ainsi qu'il appartient *.
Mais ce qui paralysait surtout le conunerce, c'étaient les disettes et le renchérissement des denrées qui en était la conséquence. On eut, sous ce rapport, à traverser des années eiceptionnellement malheureuses. L'année 1421 fut terrible, au dire des chroniqueurs • : il y eut comme un redoublement de tous les maux dont on souffrait depuis plusieurs années *. « El en bonne vérité, dit le Journal d*un bourgeois de Paris, il fist le plus long yver que homme eust vu passé avoit quarante ans '. » Beaucoup de gens moururent de froid. Au printemps, à Paris, le pain était si cher « que peu de mesnagiers en mangeoient leur saoul* ; » quant à la viande et aux légumes, il n'y fallait point songer. La famine sévissait cruellement sur tous les
i. Ordonnances, t. XVII, p. 323.