Voir plus haut , p
426 HISTOIRE DE CHARLES VII. 1448 et soiv.
d'empressement se ranger sous la bannière du prince : c'est ce qui se fit par des lettres de retenue données aux plus considérables d'entre eux. Ces lettres déterminaient le nombre des hommes d'armes et de trait étant sous les ordres de chaque, capitaine et la solde que chacun devait recevoir *. C'est ainsi que Pierre, seigneur de Beauvau, eut quatre cents hommes d'armes et cinq cents hommes de trait; Guillaume d'Avaugour, centhonunes d'armes et soixante hommes de trait; Pierre de Rochefort, maréchal de France, cinq cents hommes d'armes et trois cents hommes de trait; Jean de Torsay, grand maître des arbalétriers, six cents hommes A'armes et cinq cents hommes de trait ; le sire de Barbazan , deux cent quarante hommes d'armes et autant d'honmies de trait; Guillaume Bataille, cent hommes d'armes; Charles le Bouteiller, cent vingt hommes d'armes, etc. '. Pendant le second semestre de 1418, de nombreux mandements sont délivrés par le Dauphin pour le paiement des gens de guerre et l'achat de munitions '.
Mais la noblesse ne fut pas seule convoquée : un appel fut en même temps adressé aux bonnes villes.
Dès le douzième siècle, les communes avaient été organisées militairement ; elles devaient le service directement au Roi *. Cette obligation avait, à la vérité, été rachetée par beaucoup de villes , moyennant ime somme fixe , exigible quand le Roi convoquait son arnK'e, ou moyennant un impôt annuel*. Le dédain de la chevalerie, au quatorzième siècle, pour l'infanterie, avait éloigné les milices communales des champs de bataille. A la veille de la défaite d'Azincourt, les bourgeois de Paris offrirent six mille arbalétriers : un des seigneurs de la suite du duc de Berry fit repousser cette offre- en disant : « Qu'avons-nous besoin de ces boutiquiers? Nous sommes « trois fois plus nombreux que les Anglaisai » Les compa-
1. Sur ces lettres de retenue , voir ms. fr. 7858 , f. 339 vMO, 3iî v», 346 et soît.
2. Lettres des ^ juillet, 7, 15 août U18, etc.; montres passées en juin et juiUet.
3. Lettres des 29 juillet, 15, 26, 30 août, 9, 18, 24 septembre, 11, 15 octûbre, etc.
4. Voir Bréquigny, préface du t. XI des Ordonnances, p. xxn, xxm et xli.
5. Boutaric « publié Tétat de ce qui était dû de sergents par les communes relevant directement du Roi, et par les abbayes de Tancien domaine de la couroine. InsHtuHous militaires, p. 206-207.