‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 334 sur 362 · LeUres du 5 août 1421. Ordonnances, t. XI, p · texte numérisé non relu

LeUres du 5 août 1421. Ordonnances, t. XI, p

3. On trouve dans un Formulaire (Ms. /r. 5021, f., 122 v») des lettres du Dauphin, sans date, portant défense <c à tous chevaliers, escuiers, cappitaines, rotiers, gouverneurs et conduiseurs de gens d^armes, archiers, arbalestriers et autres gens de gueri'e, » de se loger dans les terres de son anié et féal conseiller tel (il s'agit évidemment de Hegnault de Chartres, archevêque de Reims), et d*y prendre ou souffHr d prendre ou fourragier blez, vins, avoines, olives, volailles, hestial, chevaulx, jnmens, mutetz, inesnaiges utenciles d*ostel, ne autres biens ou choses quelconques, » sinon du consentement des possesseurs. Cet acte atteste à lui seul la profondeur du mal. — Au mois de janvier 1421, Jean le Saintier alla trouver le Dauphin, au nom de la ville de Tours, pour implorer Pintervention du prince : Charles lui remit trois lettres closes pour les comtes de Buchan et de Wigton, ei pour le connétable de Tarmée d'Ecosse, et par un mandement du 13 janvier ordonna à tous les capitaines de gens d'annes et de trait, et aux commandants des foi*tei*esses de la Tourainc, de laisser les yoituriers apporter librement les vivres à Tours (Archives de Tours, EE, liasse 2). Après la campagne de juin-juillet 1421 , le Dauphin ayant, comme nous Pavons vu, réparti ses troupes entre différentes contrées, avait déclaré que « se il y avoit aucuns de ses gens qu'ilz pillassent ou feissent aucuns excès auz champs ne en la ville , que tantost qu'il vicndroit à la congnoissance du cappitaine ou de la justice , que incontinent on les pugnist selon les cas. » Des ordres furent donnés dans ce sens par le grand maître des arbalétriers au capitaine et au lieutenant de Tours. Archives de Tours, Registres des délibérations, vol. I, part, v, au 27 juillet 1421.

4. Alain Chartier le dit clairement : « D'ung autre inconvénient ne me puis-je taire. C'est que aucuns chiefs et conducteurs de gens prennent l'argent des gaiges de leurs souldoyers sans le leur départir, en les faisant vivre sur le peuple. Si encourent la villaine tache de larrecin, farcie de desloyaulté. Et en soy constituant comme les grans laiTons, qui emblent à la seigneurie, nourissent et soustiencnl une niée d'autres larronneaux, pour rober sur le

qu'il fût possible de Fempécher. « Or est à juger, écrit Alain Ghartier dans le saisissant tableau qu'il a tracé de la situation en 1422, or est à juger Testât et Tinfelicité des princes qui» pour acquérir seigneurie, ou pour demeurer seigneurs de celles qui leur appartiennent , sont faiz serfs et subgetz à gens de diverses affections et contraires voulentez, et à pourveoiret avoir l'ueil à choses repugnans, et aux cas qui soubdainement leur surviennent , soit à leur avantage quant bien en veulent user, ou en leur préjudice se obvier n*y sçavent. Dont se puet ensuivre clerement que se le plus saige prince que oncques Dieu mist sur terre estoit environné des pesans affaires et des cuisans poinctures qui pour relever ceste seigneurie opprimée surviennent un chascun jour, dur luy seroit à y pourveoir au bien de la chose publicque et aux divers appetitz des hommes ^ »

Ce passage peut servir de conclusion à notre aperçu de Tadministration du Dauphin , et en même temps au tableau que nous avons essayé de présenter de cette période de la régence de Charles, si imparfaitement connue.

peuple. 1 Quadrilogue inveetif, p. US. — El il ajoute plus loin (p. i4&46) : « Qœ diny-je dotteques de nous , ne quelle espérance pourray-je prendre en noz entreprinses et armées, se discipline de chevalerie et droicturière justice d*amies n*y sont gardées? Autre chose ne se puet dire, lors que, en ce cas, nous allons comme la nef sans gouvematl et conne le cheval sans firein. s i. QuadHiogut inveetif, p. 438-39.

Le comte de Ponthieu à la Chambre des Comptes

23 sept43inbrc 1415.

A noz trea chiers et bons amis les conseillers et gens des comptes

de Monseigneur le Roy à Paris,

De par Charles , Filz du Roy de Frakce et conte de Pontieu.

Très chiers et bons amis, il a pieu à Monseigneur le Roy, pour aucunes causes qui à ce Tout meu, mesmes par l'advis et deliberacion de mon très redoubté seigneur Monseigneur de Guienne, nous commettre et ordonner garde et capitaine de son chastel du Bois de Vincennes, ainsi que plus applain vous est peu apparoir par les lettres que mon dit seigneur nous a sur ce octroyées, lesquelles, affin d'estre par vous vérifiez, vous ont esté de par nous présentées par noslre amé et féal chevalier et chambellan Messire Pean de Maillé et nostre chier et bien amé escuier d'escuierie Jehan Rouvreau * ; quelz pour ceste cause, et mesmemen t pour recevoir et prendre pour nous et en nostre nom la possession et saisine du dit chastel et des biens et autres choses appartenans à icellui, avons par delà envolez. Si nous ont iceulx noz chevalier et escuier, depuis leur partement de nous, fait savoir comment ilz n'ont encores peu envers vous obtenir verificacion de nos dictes lettres, ne aucune expedicion en ceste partie, mais a esté et est la besoigne par vous tenue en delay et surseance, ne scavons à quel fin, disans que si promptement ne puet estre expédiée, tant par la grant charge d'autres affaires qu'avez entre mains, comme pour ce que encore n'estoit aucune certaine té de la mort du Borne Fouquault, et que

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