LXXXIV . INTRODUCTION
Tous ces moyens d'investigation et de cpntrôle nous ont permis, croyons-nous , de traiter les différentes parties du sujet, — malgré notre incompétence sur plus d^un point, — de façon à offrir des indications suffisamment développées, tout en évitant une minutie de détails qui eût été fastidieuse. Nous n'avons [)as craint de multiplier les notes : elles pourront être utiles aux travailleurs; elle^ étaient nécessaires , d'ailleurs , dans un travail où nous nous appuyons uniquement sur les documents originaux, et où tout doit pouvoir ôtre, au besoin, vérifié et contrôlé. Ces notes sont complétées , quand il y a lieu, par des noies supplémentaires, renvoyées à la fin du volume.
A la suite du texte , dans chaque volume , on trouvera un petit nombre de Pièces justificatives, choisies parmi les nombreux documents que nous avons, entre les mains, et composées principalement de lettres missives. Les pièces de ce genre offrent un intérêt tout particulier. En attendant la publication du Catalogue des actes , où toutes ces lettres trouveront naturellement leur place , les érudits ne seront pas fâchés sans doute d'en trouver ici quelques spécimens intéressants.
La grande abondance de renseignements de toute nature, donnés dans l'ouvrage, nécessitera la rédaction d'une ample table alphabétique, qui sera jointe au dernier volume.
La partie des illustrations ne devait point être négligée ; elle se composera de portraits de Charles VII, deja^ simile de documents, de reproduction de signatures et de sceaux, et de deux cartes, l'une présentant l'état de la France à l'avènement de Charles VII, l'autre donnant le môme état à la fin du règne. Ces illustrations seront réunies dans un album, qui paraîtra à la fin de l'ouvrage : ce sera au relieur à les répartir entre les différents volumes, suivant les indications qui seront données.
Nous n'avons pas la prétention de présenter au public une œuvre irréprochable, et d'apporter, sur tous les points, le
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dernier mot de la science. Nous ne nous dissimulons pas notre insuffisance, et nous ne sentons que trop combien ce livre laisse à désirer sous plus d'un rapport. Si, au point de vue du talent de Texpositioîi et du charme du récit , . nous sommes condamné à réserver au lecteur plus d'une déception, nous ne nous faisons- point davantage d'illusions sur les lacunes que peut encore présenter notre travail, malgré la persévérance de nos recherches et le soin que nous avons pris de ne rien avancer sans preuves. Il ne nous est point possible de tout dire, et il serait puéril de penser qu'il ne restera rien à faire après nous. D'ailleurs, si Dieu nous prête vie, il nous sera permis peut-être^ de rectifier nous-môme les inexactitudes que nous aurions pu commettre, et de compléter certaines parties de notre exposé , au moyen de nouvelles investigations ou des découvertes que l'avenir nous ménage *. Dans un sujet aussi vaste, et souvent aussi neuf, il est difficile d'arriver du premier coup à des résultats définitifs. Mais la science marche : grâce à Dieu, elle fait chaque jour de nouveaux progrès. Quand nous ' n'aurions réussi qu'à tracer la voie à nos successeurs et à rendre pour eux la tâche plus facile , en marquant nettement le point de départ , en indiquant les principaux jalons de la route, en appelant leur attention sur des points qui , pour être élucidés, demanderaient parfois une dissertation spéciale, nous n'aurions pas perdu notre temps, et nous nous trouverions suffisamment récompensé.
Qu'importent les destinées de ce livre ! Nous y avons consacré toute notre jeunesse et une bonne partie de notre âge mûr. Nous n'avons rien négligé pour lui donner le caractère d'une œuvre historique Sérieuse, impartiale, approfondie. Nous avons la conscience de n'avoir apporté
1 . Nous adressons ici à tons les lecteurs de cet ouvrage qui auraient quelque indication à nous fournir, relativement aux sources conservées dans les différents dépôts, en France et à rétranger, la prière de vouloir bien nous adresser leurs communications à la librairie de la Société Bibliographique, 35, rue de Grenelle, à Paris, et nous espérons que notre appel sera entendu : ils peuvent être assurés à Tavance de toute notre gratitude.
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à sa rédaction ni ces « passions royalistes, » ni ce parti pris do réhabilitations royales qu'on nous reprochait si vivement au début de notre carrière * . Nous pouvons répéter ici ce que nous écrivions alors :,« I/histoire n'est pour nous ni un plaidoyer, ni une apologie : c'est un jugement ^ » Et nous ajouterons que ce jugement , il n'appartient pas seulement à l'auteur de le formuler : c'est au lecteur à se constituer lui-môme juge, de telle façon que la voix de l'historien ne soit en quelque sorte que l'écho du sentiment public, et que la conclusion se dégage d'elle-même, vivante, irrésistible, de la marche du récit et de Tenchamement des faits.
Un mot avant de finir.
Nous ne devons point manquer ici à un devoir qu'il nous est doux de remplir : nous voulons payer un juste tribut de reconnaissance à tous ceux qui nous ont assisté dans nos recherches et qui ont rendu notre tâche plus facilcr Les nommer tous serait impossible^. Mais nous, tenons à remercier ici tout spécialement nos amis Louis de Neuville, Anatole de Barthélémy, Léon Gautier et Marins Sepet des conseils si éclairés dont nous leur sommes redevable. Nous ne pouvons oublier, à la Bibliothèque nationale : MM. Léopold Delisle, administrateur général ; H. Michelant, conservateur sous-directeur au département des manuscrits ; Thierry-Poux, conservateur sous-directeur au département des imprimés; G. Duplessis, conservateur-adjoint au département des estampes ; Ulysse Kobert, du département des manuscrits; — aux Archives nationales : MM. Bruel, Lecoy de la Marche, Tuetey et Guérin ; à Lille, M. l'abbé Dehaisnes, conservateur des archives du Nord ; à Dij(în, M. Garnier, conservateur des archives de la Gôte-d'Or ; à Lyon, MM. Guigne et Vaesen, conservateurs des archives
1. Des récentes études critiques sur Jeanne DarCy par M. Henri Martin, dans la Revue de Paris du 15 septembre 1856, et Vie de Jeanne Darc (Paris, Fume, 4857),