CHAPITRE I
LE OOMTE DE PONTHIEU
22 FÉVRIER 1i03-5 AVRIL Ui7
. Naissance du comte de Ponthieu. — Il est élevé somptueusemenU — Vie scandaleuse de sa mère. — Entourage de Tenfant. — Milieu agité où s'écoulent ses premières années. — Ses fiançailles avec Marie d*Apjou. — Il entre dans la famille de sa lancée et accompagne Yolande, reine de Sicile, en Anjou et en Provence. — Il devient duc de Touraine à la mort de 800. frère Louis, puis dauphin à la mort de son frère Jean.
• Le jeudi 22 février 1403, à deux heures du matin, naissait à Paris, en Thôtel royal de Saint-Paul, un enfant du nom de Charles*, auquel rien ne pouvait alors faîi'e présager une haute destinée. Il était le onzième des enfants et le cinquième des fils donnés par Isabeau de Bavière à Charles VP; et si
1. « Monsieur (il faut lire Monseigneur)^ Charles de France, quint fils du Roy, fiist né enrjiostel de S. Pol à Paris, envù-on deux heures après rainuict, le vingt^-deuxiesme jour de février 1402. » Extrait ides Mémoriaux de la Chambre des Comptes, d*après un missel de la chapelle du roi Charles YI, dans les Annotations de Denys Codefiroy au Recueil des Historiens de Charies VI, p. 732.
t. Voici quels furent les enfants de Charies VI et d'Isabeau : 1<* Charles, né le 25 septembre 1386, mort le 28- décembre suivant; 2o Jeanne, née le 14 juin 1388, morte en 1390; 3» Isabelle, née le 9 novembre 1389, morte le 13 septembre 1409; 4* Jeanne, née le 24 janvier 1391; 5« Charles, né le 6 février 1392, mort le 13 janvier 1401 ; &* Maiie, née en juillet ou août 1393, morte peu après; 1° MicheUe, née le 12 janvier 1395; So Louis, né le 22 janvier 1397; 9« Jean, né le 31 août 1398; 10» Catherine, née le 27 octobre 1401 ; 11« CHAntes; 12» Philippe, né le 10 novembre. 1407, mort le même jour. Voir Notes sur l'état civil des ptinces*et piincesses nés de Charles VI et d'Isabeau de Bavière , par M. Vallet de Viriville. Bibliothèque dt l'École des chartes . t. XIX, p. 473-82.
deux de ses frères , également nommés Charles , avaient disparu avant sa naissance , il en restait deux autres , — Louis , duc de Guyenne, né en 1397, et Jean, duc de Touraine, né Tannée suivante, — qui semblaient devoir à jamais lui barrer le chemin du trône. Aussi un prélat bourguignon contemporain, en rappelant pliis tard le titre de Fortuné, donné à Charles VÏI, écrivait : « Bien duement lui est attribué ce nom, car merveilleusement fortune eut , en son temps , prospère et diverse; » et il ajoutait : « De plusieurs fils, que eut Charles le bien-aimé, son père, il fut le maisné et derrenier, et toutes fois il parvint à estre Roy de France ^ »
Charles VI, frappé en 1392 d'im mal implacable — une sorte . de démence qui avait le caractère de la manie furieuse *, — était dans un moment de lucidité quand Tenfant vint au monde '. Il salua avec joie cette nîaissance, qui donnait un
1. Guillaume FiUastre, Histoire de la Thoyson d'or. Ms. fr. 2621, f. 1(M. — U Thoison d'or de Guillaume Fillastre a eu plusieurs éditions au xvr siècle (la première est de 1516), mais elles sont moins complètes que les vei-sions manuscrites; la 3« partie manque dans les imprïmés. Voir sur ce manuscrit une notice de M. Lëopold Delisle, dans la Hevue (.es Sociétés savantes, t. IX, p. 152.
2. D'après le témoignage d'un liomme compétent qui s'est livré à l'étude de ce problème , Charles Yl n'était pas , à vrai dire , atteint de démence , ce mot exprimant aujourd'hui « raffaiblissement ou l'abolition entière de l'intelligence. » L'affection du roi était une manie furieuse, c'est-à-dire un « délire général sans séries prédominantes, mais au contraire rapides, confuses, incohérentes, exprimées avec agitation, avec des cris, des chants , des menaces , des mouvements désordonnés ou tumultueux , avec des dispositions à la colère, à la fUreur. » De la maladie de Charles Vf, roi de France, et des médecins qui ont soigné ce prince,, par le docteur A. (Jiéreau, dans l'Union médicale des 20 et 27 février, 6 et 13 mars 1862.
3. Un problème auquel, quelque délicat qu'il .soit, nous ne pouvons nous dispenser de toucher en passant, est p«iui de la légitimité de la naissance de Charies VU. On sait les doutes du jeune prince au moment où , le bras de Dibu semblant l'abandonner, il fut près de s'abandonner lui-même : Jeanne d'Arc parut, et dans cette scène mystérieuse mentionnée pai' les contemporains, elle lui dit ces paroles solennelles qui répondaient à sa ï>ensée intime : « Je te dis de la part de Messire que tu es vray héritier de France et filsdu Hoy. »
Cherchons dans les documents contemporains des renseignements sm* l'état morbide de Charies M au mois de mai 1402. Au commencement du mois, il y eut à la Cour une joute à laquelle prit part Charles VI, et qui parait avoh* eu lieu le 10 ( « le x» jour de may IIIP et deux que le dit seigneur volt jouster » ) : les comptes sont pleins de mentions relatives aux habillements du roi, a aux deux demi-corps n de « veluiau noir sur soie » et aux deux plates que lui et son frère le duc d'Oriéans devaient porter; au harnais, aux timbres , à la selle de jouste , » etc. (KK 35 , f. 69 à 77 v«). La joute dura deux jours (achat d'un autre timbre « pour le second jour de la feste » ). — Presque aussitôt, et si nous en croyons les auteurs du temps, avant la Pentecôte, qui tomba le H mai en celte année, Charies éprouva un accès de folie (Religieux de Saint-Denis, t 1, p. 28;
1403 LE COMTE DE PONTHJEU. D
héritier de plus à la couronne, et se rendit à Notre-Dame pour rendre à Dieu des actions de grâces \ Le nouveau-né fut baptisé dans réglise de Saint-Paul, et tenu sur les fonts par Charles d*Albret, auquel le Roi venait de remettre Tépée de connétable ; par Charles de Luy rieux , gentilhomme savoisien , et par Jeanne de Luxembourg, dame de la Reine *. Un moment installé dans Thôtel du Petit-Musc ', non loin de Thôtel Saint- Paul où résidait Charles VI*, il fut élevé dans cette dernière
Cf. Jouvend des Crsms, p. 147). Le samedi après la Pentecôte (^ mai), il ëtaîl encore dans sa crise , quand parut un écUt du duc d'Orlëans pour la levée d^unc imposition générale. Ce n'est que dans les premiers jours de juin que le roi recouvra la raison (Religieux, p. tS et 4d; Jouvenel, p. 147). Il éprouva une rechute au milieu du mois de juillet, se remit le !•' octobre, pour retomber le 3. Au commencement de février, il était rétabli. — D'autre part, en ouvrant les Comptes de la Reine pendant l'année 1i02, nous voyons qu'Isabeau séjourne au mois de mai à l'hôtel de Saint-Paul, résidence de Charles \L Le 14 mai, elle dîne au palais, soupe et couche à Saint-Ouen; les 21 et 28 mai, elle est à l'hôtel de Saint-Paul , où elle reste pendant la plus grande partie de l'année , sauf quelques séjours à la Porte-Barbette (KK 45 , passim.). Ces faits et ces dates peuvent jeter quelque lumière sur la question.
1. a Cum exhuberante letilia, » dit le Religieux de Saint-Denis (t. 111, p. 68). — On a une ballade d'Eustache des Champs, composée pour la naissance d'un Charles; mais ce Charles est vraisemblablement le second Dis de Chartes VI, qui n'atteignit pas sa 10* année. Quoi qu'il en soit, cette ballade, ou plutôt cet horoscope, s'applique fort bien à notre prince. En voici le début :
Douce France pran en toy reconfort ; Resveille-toy. soies de joie plaine :
Car cilz est nez qui doit par son effort Toy reslorer. C'est le Roy Clarleraaine. Chartes a nom, qui de jour eo jonr niaine Les osts ponr toy. Son flis doit recourrer Ce qu'as perdu , accroistre ton demaine Et conquérir la terre d'onllremer.
(Ms. fr. 840 (anc. 7219). p. 303 V; cité par M. Vallet de Viriville, HUtoire de Charlet VU, 1. 1. p. 2.)
2. Religieux de Saint-Denis, t. ni, p. 68; Berry, ap. Denys Godefroy, Historiens de Charles VI, p. 412; Raoulel, dans la Chronique de Jean Chartier, t. 111, p. 144. — Jeanne de Luxembourg est souvent nommée dans les Comptes d'Isabeau : a Mademoiselle de Lnxembourc, qui est continuellement ou senàce de la Royne, » lit-on dans le 35* Compte de V Hôtel (KK 45, f. 176); elle avait six c^nts francs de pension par an, et reçut de la Reine, le 28 février 1403, 4 aunes de drap « pour lui faire une r^[)e à la livrée de sa gésine. » (KK 43, f. 5.) — « Insignis et devotissima domicella de Lucemburgo, » dit le Religieux de Saint-Denis.
3. « A lui (Hance , seeillier) pour avoir feuestrées et mises à point les fenestres de la chambre Monseigneur messire Charles de France, en l'ostol de Petit-Muce (vers le 30 septembre). » Compte de l'argenterie de la Reine, Archives, KK 43, f. 40. M. Vallet do Viriville a publié, en 1857 et 1858, des extraits des comptes de cette période, dans lo Cabinet historique (t. III, p. 241), et dans l'appendice de la Chronique de Jean Chartier (t. in , p. 257). — L'hôtel du Petit-Musc appartenait au duc d'Oriéans , auquel , d'après M. VaÙet, Charles VI l'avait donné (Isabeau de Ravière, p. 13).
4. « L'hôtel de Saint-Paul, appelé par Chartes V VHostel des grands esbattemens, dit
a HISTOIRE DE CHARLES VII. 1403 Ct Suiv.
uemeure, au sein d'une opulence attestée par les documents du temps. .
Le a grand berceul k parer, n qui avait servi aux frères de Charles, fut remis à neuf pour son usa^e, et l'on refit les quatre k pommeaux de Aq cuivre doré » émaillés aux armes de la Reine '. 11 avait , ea outre , deux autres berceaux , dont l'un, en bois de sapin d'Irlande, était peint « de fin or bniny, » et muni d'un écran au chevet *. La couche était garnie de duvet et d'une plume appelée fleurin*. Dès le lendemain de sa naissance, nous voyons acheter deux écrans neufs*, destinés sans doute à le protéger plus encore contre l'air que contre le feu, car, en ces temps, on avait beau /Vwirer les fenêtres, on ne se mettait guère à l'abri du froid. Ses premiers jouets furent un hochet d'ai^ent doré, et une chaise d'argent incrustée dans un petit tableau'; un peu plus tard on lui donna,
M. Legraod dans son iat^ressanl IravaU intitulé Parli tn 1380 (Pari), 1668, in-t°, p. SU, note 3), compreoiùt un immense terrain entre Saint-Piul, les Cëlestins, le Chimp au Plaire cl la me Saint- Antoine. Ce n'était point, ainsi qu'on poun^l le croire, un pdais d'un seul tenant, comnie les Tuileries ou le Louvre, mais un amas de maisons plus on moins grandes, que le roi achelait quand l'occasion s'en pr^senUit, et qu'il appropriait ensuite, en lussant subsister certaines servitudes el certaines enclaves. > C'est ainsi qu'il y avait l'IiAtet de la Coneiei^rie , l'hâtel d'ËUmpes , l'Iidlel de Pute-y-Muc« el l'bdtel de Beautreillis. Tous ces liâlels étaient entourés de ( grands jardins, lesquels liaient ornés de treilles posées sur des berceaux eii charpente ou en menuiserie, suivant le goAt du temps. * (Voir p. 13. note 1.)
1. ■ A lui <ilaouIet du Gué, huehier), pour avoir mis 1 point te berseni de parenent et avoir reghié (tic) les pièces qui y estoienl rompues, rerail m piez tous oeub et référées luules les (ùetlles des autres pilliers, pour ce c. s. p. i (KK li, f. 110 v°.) — « A Guillaume de Jumeaulx, lonnier, demourant k Paris...., puui' sa peme et salaire d'avoir fait et livré un pommeau de Bn cuivre doré , Tcellui avoir esmaiUié aui aunes de Udicte dame et avoir redoré et remis à )iolat m autres semblables pommeauk et iceulx douei et atacJiez au berc«ul de Monseigneur messire Charles de Fnrnce, rm I. x s, p. (M., t. 115). 3. ( A lui (Raoulel du Gué, huchier) pour avoir lUt un berceul lout de borl (bois de sapin) d'Iriande, où il a un escren au chevet, et une bersouere bardée; avec un autre berseul et une grande bersouere pour l'enfant dont, au plaisir de Dieu, la Royne accouchera briefvement, ppai ce ui i. xvi s. p. t (KK iS, f. 110 v°.) — < A lui (Girard de Blainoeleau , paintre , demourant à Paris) pour avoir paint de On or bruny un berseul et une bersouere pour Monseigneur messire Charles de France, derrenier né, xvi I. un s. p. » (Id.. t. 105 V). /
Il livres de Hn duvel mis et employé en la couste et coussin dodil lit, i etc. ivres de plume nommée fleurin , qu'il a mises el emploiées en )adi^ cousle 1, . etc. (W., t. 117).
eux escrans neah achattés par les maistres d'ostel huit sous la pièce, venir de lévrier. • (KK ih. (. 169 v.)
(Jehan Gerbout, orfèvre) pour'avoir fait un bocbet d'argent doré pour lessire (^lailes de France, « — « A lui pour avoir fait pour W
1403 et suiv. .
LE COMTE DE POxNTHIEU.
pour s'amuser quand il était « mal disposé , » un petit chaudron de laitton "(cuivre jaune) * ; et, le IS février 1404, on achetait une harpe , du prix de trente-six sous , qui fut délivrée aux gens de Monseigneur de Pontieu, « pour en jouer devant ledit seigneur*. »
Mais si les habitudes luxueuses de la Reine furent introduites autour du berceau de Fenfant , il ne paraît point que les soins maternels aient été ni tendres ni assidus.- Isabeau fut, malgré l'assertion contraire du dernier historien de Charles VII, une mère indifférente avant de devenir une implacable marâtre'. Elle poussait si loin l'oubli de ses devoirs, qu'elle restait parfois des mois entiers sans embrasser ses enfants. Dans un moment de lucidité , Charles VI youlut savoir la vérité à cet égard ; il interrogea son fils aîné, qui répondit qu'il y avait trois mois que sa mère ne l'avait embrassé *. Insouciante et frivole , elle se livrait à tous les plaisirs avec une fougue qui n'avait plus la jeunesse pour excuse. Le duc d'Orléans était le compagnon habituel de cette vie de dissipation , à laquelle les murmures populaires n'opposaient aucun frein. « Indifférents à la défense du royaume, dit un grave auteur du temps, .la
messire Charles de France, en on petit tableau de painiure, une chaiere d'argent pesant 2 onces et demie. » (KK i3, f. 28 et 29 v«.)
i. c A lui pour un petit chauderon de laitton, qu'il a baillië et livré pour faire jouer et ' esbattre ledit seigneur, lequel estoit mal disposé. Pour ce , pai* marchié à lui fait le derrenier jour de juing (ii(U), xii s. p. » (KK i3, f. 90 vo-91.)
2. « A Perrin Gbâppecel , pour une harpe prinse et achetée de lui par le commandement et ordonnance de la Royne, et délivrée aux gens de Mgr de PonUiieu pour en jouer devant ledit seigneur, pour ce , le xv* jour de février Tan mil GCCG et trois , xxxvi sols parisis. » (KK 43 , f. 88 v«.) La Reine d'Angleterre avait aussi sa harpe (f. 93).
3. < Mère tendre (quoi qu'on ait pu en dire) à l'égard surtout de ses jeunes enfants. » (Vaflrt de ViriyiUe. HUt. de Charles VU, 1. 1, p. 5.) M. Vallet dit encore (t. I, p. 3) que (Parles c Ait élevé comme ses frères et sœurs par les soins et sims les yeux de sa mère Isabeau, qui se séparait peu de sa jeune famille, yt Or, les comptes de la Reine nous la montrent au contraire c en plusieurs hostelz » pendant la première enfance de Cbaries (Voir KK 45, f. 126 v<», 130 v«,'161, 170 et suiv.; KK 46, f. 6). En 1404, elle ne va plus seulement d'un hôtel à l'autre ; elle quitte Paris , et nous la trouvons à l'hôtel du Séjour au Pont-de-Charenton , et au château de Grécy, où elle accomplit le « voyage de Saint-Fiacre; » en mai 1405, elle va passer dix-neuf jours à Grécy et à Ghâteau- Thierry ; en juillet, elle passe encore neuf jours à Grécy et à Saint-Germain (KK 46, passim).
4. <( Quod Rex molestius ferens , et veritatem ab ore primogeniti cupiens extorquere , ipsi multis affabilibus verbis sciscitanti quantum materna oscula amplexibus et dulcifluo intermixta distulisset sibi regina exhibere , respondit quod per très menses. » (Religieux, t. m, p. 290, année 1405.)
8 HISTOIRE DE CHARLES VII. 1403etsuiv.
Reine et le duc mettaient toute leur vanité dans les richesses, toute leur jouissance dans les délices du corps ; ils oubliaient tellement les règles et les devoirs de la royauté, qu'ils étaient devenus im objet de scandale pour la France et la fable des nations étrangères *. » Dans «un sermon prononcé à la Cour en J405, le jour de T Ascension, le moine augustin Jacques Le Grand ne craignit- pas d'élever la voix et de flétrir publiquement la conduite de la Reine : « La déesse Vénus , s'écria- « t-il , règne seule à votre Cour ; Tivresse et la débauche lui « servent de cortège , et font de la nuit le jour, au milieu des « danses les plus dissolues... Partout, ô Reine, on parle de c( ces désordres, et de beaucoup d'autres, qui déshonorent a votre Cour *. » On peut penser quel scandale causa une telle hardiesse. Le bruit en vint jusqu'aux oreilles du Roi. Mais, loin de se fâcher, il loua la franchise du religieux , et déclara qu'il voulait l'entendre prononcer un sermon dans son oratoire , le jour de la Pentecôte '.
Fils d'un père imbécile et d'une mère débauchée, le petit Charles trouva du moins , près de ceux qui l'entouraient , des cœurs affectueux et des soins vigilants. Il eut pour gouvernante Jeanne du Mesnil, qui appartenait à une famille attachée à la maison d'Orléans, et, soit au service du comte de Ponthieu, soit à celui de Marie d'Anjou (à partir de 1419), ne cessa de donner des marques d'un inaltérable dévouement*. Sa nourrice était une femme de qualité, Jeanne de Ghamoisy, problablement sœur d'un des écuyers de la Reine '. 11 eut pour barceresse (berceuse) Ouzanne Riou (qui devint plus tard sa