Monslrclet, t. in,p
3. Le rai Louis , soufTranl déjà de la maladie de vessie qui devait l't par eau iPaiis le 30 novembre; il ea repartit le 10 décembre (Jouvi La date de son arrivée à Angers nous est donnée par les comptes (KK
i. CÀlé par le P. Anselme, l. I , p. 115, d'apris méinnrial H de U Cli f. 37.
5. Mous l'avons trauvée dans la uitiection Gagnières (Fr. 30137, f. lettre de Chaires qu'on possjde. Elle [lurte sa signatuii' ori^n.ile. Noi les PiècfX jimlifiralires.
trelet , mêlé aux événements de cette année ; il ne parut ni à Rouen, au Conseil du 20 octobre, ni à Paris, à celui où Ton décida d'appeler le comte d'Armagnac : il demeurait paisiblement à Angers , sous la garde de la reine Yolande \ Il y resta même bientôt seul. La mort du duc de Guyenne, ce prince frivole, adonné à une vie inutile et luxueuse, usé par des excès précoces, qui survint le 18 décembre 1415*; l'arrivée de l'empereur Sigismond à Paris J*"" mars 1416), forcèrent le roi de Sicile à y revenir, et la reine l'accompagna '. C'est pendant leur séjour qu'un (îomplot, tramé par la faction bourguignonne, faillit amener le massacre d'ime partie de la famille royale, et en particulier de la reine de Sicile. Les révélations d'une femme amenèrent la découverte de la conspiration, et les mesures énergiques prises par le prévôt de Paris, Tanguy du Chastel, empêchèrent seules le coup d'aboutir*.
Le nouveau Dauphin , Jean , duc de Touraine , résidait à la Cour du comte de Hainaut, son beau-père, et, malgré les sollicitations qui lui étaient faites, ne se hâtait pas de se rendre dans la capitale. Le duc de Berry, dernier survivant des frères de Charles V, qui , malgré son grand âge , tenait encore
i. Voir Monstrelet, t. IIl, pi 98 et 126. — J'avais, à Texeraple de M. Vallet (t. I, p. 18), eu le tort de suivre Monstrelet, dans mon *^lude sur le caractère de Charles VU {Revue (les questions historiques, t. IX , p. 353). L'examen des Comptes de la reine Yolande ne laisse aucun doute à cet égard (KK 243, f. iO v»).
2. a Du niercredy xvm» jour de décembre mccccxv. Ce jour Mgr Loys de France, aisné fils du Roy nostre sire , Dauphin de Viennois et doc de Guyenne , moum , de l'aage de vingt ans ou environ; bel de visage, soulTQsamment grant et gros de corps, pesant el tardif et po agile , volontaire et moult curieux à magnificence d'habits et joyaux eirca ctiltum 8ui corporis, désirant grandeur d'honneur de par dehors, grant despensier à omemens de sa chapelle privée.. Et si avoit bon entendement tant en latin que en françois, niais il cmployoit po, car sa condicion estoit à présent d'employer la nuict à veiller et po faire , et le jour à dormir ; disnoit à trois ou quatre heures après midy et souppoit à minuict et alloit coucher au point du jour ou à soleil levant souvent. EU pour ce eslDÎt avanture qu'il vesquist longuement. » Reg. du Parlent, dans Felibien, Histoire de Paris, l. IV, p. 560. Cf. Religieux, t. V, p. 586. — Voir sur le duc de Guyenne l'intéressant écrit du regrettable Léopold Pannier, les Joyaux du duc de Guyenne.
3. Monstrelet, t. 111, p. 135-36. — Le roi et la reine partirent d'.\ngers avec Mgr de Guise et Mgr René le 27 févriei*. Le comte et la comtesse de Ponthieu restèrent à Angei-s (RK 243 , f. 47). C'est donc à tort que Monstrelet fait venir le comte de Ponthieu à Paris h ce moment.
4. Voyez les détails donnés par Monsti*elet, t. IlI, p. 140-42. — Cliose h remarquer, parmi ceux qui furent pris en flagi*ant délit et ext^cutés , figuraient de « notables hommes » que le chroniqueur désigne. Cf. Jouvenel, p. 332-33; Journal d'un bourgeois de Paris, p. 70; Reg. du Parlement, dans Felibien, t. IV, p. 561; Cousinot, Geste des Nobles, p. 160.
1416 LE COMTE DE PONTHIEU. 19
une grande place dans le Conseil, disparut à son tour le 15 juin 1416. En rabscnce de son frère, le comte de Ponthieu fut appelé à recueillir Thëritage politique du. duc. Il quitta Angers, le 16 juin*, pour rejoindre ses beaux-parents, et fut nommé capitaine général de Paris, en remplaceiîiont du duc de Berry*. Le 15 juillet, il reçut en apanage le duché de Touraine, et en fit hommage le même jour entre les mains du Roi'. La maladie de Charles YI, les infirmités croissantes de la reine Isabeau laissaient au roi de Sicile tout le poids du gouvernement; îl avait alors la présidence du Conseil *, et, sous son habile direction, Charles allait pouvoir s'initier aux affaires. Le duc de Touraine , bien qu'âgé de moins de quatorze ans, paraît au Conseil à partir du 3 septembre 1416 *.
Le roi Louis, dans ce poste élevé „ était en butte aux animosités de plus en plus ardentes du duc de Bourgogne, qui le regardait comme son ennemi personnel : profitant de Tabsence du connétable d'Armagnac , occupé à combattre les Anglais , Jean sans Peur tenta de faire enlever Louis aux portes mêmes de la capitale *. Mais la mort ne devait pas tarder à le délivrer de ce rival redoutable : en proie à un mal qui le minait lentement, le roi de Sicile dut, après les fêtes de Noël, quitter Paris, et se retirer en Anjou \ où il mourut quatre mois plus tard (29 avril 1417).
Le duc de Touraine restait seul et sans guide sur la scène politique où il avait été appelé si jeune.
i.KK243,f. i7.
2. Berry, ap. (îodcfroy,. p. 431 ; MonsU:elet, t. III, p. iiO. « Donna à Cliaiies, son mainsné fils, dit Monstrelet, la capitainerie de Paris soubs le gouvernement du Roy Loys, son beau-père. »