Ne vers 1540, mort en
t. Auteur d'une Histoire de Louys XI, Roy de France, publiée en 1610, un vol. infolio. Voici le passage en question (p. 47-48). « Charles VII a esté le restaurateur de la France , d'une ville de Bourges il en feit tout un Royaume , chassa les Anglois qui de toute la pièce qu'ils tenoient n'en gardèrent que Calais. Il a eu la gloire d'avoir appaisé ce grand
et funeste schisme, contre lequel fuient tenus les conciles de Constance et de Basic
Il ordonna par l'advis des Prélats de France , et fit confirmer et passer au concile de Basic la Pragmatique Sanction. Du mesme zèle qu'il travailla au repos de l'Église , il désira de venger l'injure qu'elle avoit receu en l'Asie et on l'Europe par les armes d'Amurath et de Mahometh. Les Papes Nicolas V et Pie II exhortoient ce Prince, comme Elizec Joas (Jp tirer ses flesches contre l'Orient , mais il estoit si fort empesché à sa juste deffence contre ses voisins , qu'il n'cust moyen de penser à cela. On donne encores à ce Prince la gloire d'avoir policé sa Gendarmerie... Les deffauts que l'on a remarqué en la vie de ce Prince, comme les regrets des Roys ne rencontrent pas tousjours les issues semblables aux commencements. Ses amours et ses divertissements n'ont peu faire que la France ne luy ayi donné le tiltrc bien mérité de Victorieux. »
3. Auteur d'une Histoire ou recueil des gestes, meurs ^ aages et règnes des Roys de France. Paris, veuve Ch. Chastellain, 1622, in-4<>. Il copie textuellement Jean de Serres, dans le portrait de Charte* VII que nous trouvons aux pages 238-39.
4. Inventaire gênera) de l'histoire de France depuis Pharamond jusques a présent^ illustré par la conférence de l'Eglise et de l'Empire (Paris, 1600, 3 vol. m-S*», t. Il, p. 303-304). — Jean de Serres s'était arrêté au règne de Chartes VI ; c'est Jean de Montlyard, ministre prolestant , qui continua l'ouvrage , lequel paraît avoir été pendant longtemps le seul livre élémentaire où l'on pftt étudier notre histoire.
INTRODUCTION. . XV
Louis XIII \ entreprit, dans son Histoire générale de France, de réfuter le jugement porté par le célèbre auteur des Réciterelles de la France :
^ « Pour queUe raison, dit-il, peut-on appeler foible d'entendement ce Roy, lequel par ses artifices prit au piège Jan, duc de Bourgogne, la terreur de la France, et sépara de TAnglois, Philippe, fils de mesme Jan?... Qui par sa bonne conduite jointe à la force des armes, extermina l'étranger de Normandie et de Guienne ? Qui avec une providçnce singulière fît dresser la Pragmatique sanction pour la "conservation des libertés de son roia,ume ? Qui par un soin et vigi- ^ lance nompareille, fit de si beaux reglemens touchant la gendarmerie? Qui assembla plus grande quantité d'artillerie, avec tout l'attirail nécessaire, que nul autre monarque de l'Europe? Qui par son autorité porta Amedée, duc de Savoye, à renoncer à son prétendu pontificat pour faire cesser le schisme qui renaissoit en l'ÉgUse ? D'ailleurs pourquoy lui desrober toute la gloire de ses explois d'armes pour la donner à ses capitaines, et neantmoins l'histoire fait foy qu'il se trouvoit aussi bien à l'exécution qu'au conseil ^ ? »
Mézeray % qui succéda à Dupleix comme historiographe, le lit bientôt oublier. Dans sa grande, Histoire de France, après avoir montré comment Charles VII « ramena le bonheur à la France » par l'expulsion des Anglais , par l'ordre et la prospérité rendus au royaume ; après avoir loué Tatti- ^ tude du Roi envers l'Église, la magistrature et l'armée, il trace le portrai| suivant, qui mérite à coup sûr d'être reproduit^ :
« La vaillance luy estoit commime avec ses anceslres, et il se jettoit souvent à corps perdu dans les dangers ; l'expérience ny la pré-