‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 79 sur 362 · D. Plancher, 1. IV, p · texte numérisé non relu

D. Plancher, 1. IV, p

i. La date de la mort de Charles VI a été Tort controversée. Bien que celle du îi s« lise dans un acte émané de Chartes Vil (le xxu* jour tïoctobre , qui nt le Jour qut /ê» noffre Irét ehier teigneur et père Irespiaia : Orilon., t. XIII, p. 193}, la date da 11 nous parait établie d'une manière indubitable. Aux témoignages conleoiporains que l'on peut alléguer, j'ajouterai le suivant, qui n'a, je crois, pas encore élé cité : c'est une leUie datée t de Paris, le xxi' jour d'octobre t dans laquelle la chancelier et les gens du Conseil éeriveiil aux habitants de Saint-Quentin iiour leur annoncer ta mort du Itoi, orriiM le jour inéme, et pour les prémunir contre les bruits qui pourraient èlre répandus à ce sqjel; ils annoncent qu'on a dépéché vers les dues de Qedrord, de Boui^ogne et de Bretagne, afin qu'ils se rendent i Paris pour aviser aux affaires du royuume. L'original est ani Archives municipales de Saint-Quenlm; la lettre est en copie dans Moreau, vol. itë, t- 39 Cr, Compte de l'hdtel du Roi : Archives, KK 33,f. 76t>, ctunprocès-veital de l'inl de Charles VI, pubhé par le vicomte de Guiton dans la Ittvat angto-frai, '

1422 ■ EvCnemests politiques et militaires. 5S

Charles VI était mort dans l'isolement. Quelques serviteurs fidèles , des gens de petit estât formaient toute la Cour du pauvre Roi '. A cette mort , le sentiment populaire , longtemps comprimé àParïspar la domination bourguignonne et anglaise, éclata. Beaucoup avaient vu avec peine le changement opéré '. « Ah! très cher prince, s'écriait-on, jamais n'aurons ai bon « jamais ne te verrons! Maldicte soit la mortl Jamais n'aurons « que guerre, puisque tu nous as laissé. Tu vas en repos « nous demourons eu toute tribulacion et en toute douleur*, n

Quand le cercueil de Charles VI eut été déposé dans les caveauxdeSainl^Denis,etque le roi d'armes de France eutrépété l'antique formule : « Dieu veulle avoir mercy de l'âme de très n hault, très excellent et très puissant prince, Charles, Roy o de France, nostre naturel et souverain seigneur! » un autre cri retentit sous les voûtes de la vieille basilique où reposait duGueeclin : « Dieu doint bonne vye à Henry, par la grâce de « Dieu, Roy de France et d'Angleterre ! » Puis les sei^ents relevèrent leurs masses surmontées de fleurs de lys qui apparaissaient comme par dérision, et l'on entendit ce cri, poussé « à une voix » par les « François-Angtois , » comme parle un historien du temps * : « Vive le Roy ! vive le Roy Henry ' I »

L'oraison funèbre de Charles le Bien-Âitné a été faite en ces termes par un prélat contemporain : « Bien lui est pour vray « ce nom donné, car de tous les hommes qui estoient en « son temps, grans et petis, ne fut oncques plus humain de « lui, plus clément ne plus amiable... En ses paroUes ne pro- « fera oncques villain mot d'aultrui. En ses fais il se delitoit « faire bien et plaisir à chascun '. »

1 .1 Le Roy de France esiuii petitcnieni aervy et accomjiaign^ au re([ard du noble esUt qu'il sauloil avoir, et c« joui- (à la ftle de Noil) ne Tut comme point visité ne accompaigné, si flon d'aucuns de ses vielz sci-vileurs et de gens de petit estai. » Monstrelet, t. IV, p. 33.

3. e Laquelle chose , dit encore le chroniqueur bour^ignon, devoit moult dcsplure à tous les cu«^ des irais' et lojaulx François là eslans, voians ce noMe rojaumc \ar Tortune et tribubcion de eux-mesmes estre mis et gouverna en et par la main de leurs anciens eoDemis , soiibi laquelle dominacion et gouvernement il leur Talloit vivre de pivscnt. »

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