‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 81 sur 362 · LE DAUPHIN JUSQIJ^A SA FUITE DE PARIS · texte numérisé non relu

LE DAUPHIN JUSQIJ^A SA FUITE DE PARIS

magnac et de Bourguigyion , et s'entre-déchiraient avec une violence inouïe. Pour faire tuer un homme , il sufflsait de dire : « Cestuy-là est Armagnac *. » Or, au témoignage d'un auteur du temps, tout homme riche était tenu pour Amiagnac et « pillé , dérobé ou tué ^. » Le duc de Bourgogne faisait sillonner le pays par des bandes qui semaient sur leur passage la désolation et la ruine, se livrant à tous les excès, et ne reculant de- ' vaut aucun sacrilège'. Dans les contrées qu'ils occupaient, les Anglais n'épargnaient rien, et les Gascons du connétable d'Armagnac ne se montraient pas plus traitables. Des paysans normands, échappés à prix d'ai^ent des mains de ces Anglais qu'on fuyait pourtant comme des hêtes féroces'', victimes^ ensuite des pillards bourguignons qui entouraient Paris , puis des lyrigands armagnacs chargés de défendre la capitale , affirmaient que a plus amoureux leur avoient esté les Anglois que les Bourguignons, et les Bourguignons plus amoureux cent fois que ceulx de Paris *. » Mais ceux qui faisaient encore le plus de mal, au dire des auteurs les moins suspects*, c'étaient les gens de guerre de Jean sans Peur. D'ailleurs , dans le camp bourguignon comme dans le camp français, se trouvaient des troupes auxiliaires qui mettaient le pays à feu et à sang '. Au

i. Jouvenel desUrsins, p. 337. Cf. Monstrelet, t. VI, p. 271.

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