y CHARLES Vil ET JEANNE D'aRC
vante, que la Pucelle avait fait allusion. Et l'on compread quelle fut l'émotion du Roi quand il lui entendit prononcer solennellement ces paroles : « Je te dis, de la part de ues3ibe,
« QUE TU ES VRAI HÉRITIER- DE FRANCE ET FILS DU Rol'. »
Ainsi s'était accomplie la promesse faite à Jeanne par ses voix ; « Va hardiment! Quand tu seras devers le Roi, il aura c bon signe de te recevoir et croire *. »
Dès ce moment, Charles VII paraît conquis et témoigne à la Pucelle beaucoup de bienveillance. Il l'installe dans une tour de la troisième enceinte du château, nommée le donjon du Coudray, sous la garde du capitaine Guillaume Bellier, dont la femme, Anne de Maillé, était « de greiûde dévotion et bonne renommée °. » 11 l'admet fréquemment au château : le duc d'Alençon — ce jeune prince qui , pendant que la France était aux abois, chassait tranquiUeii;ent aux cailles près de Saumur* — accourt à Chinon à la nouvelle de l'arrivée de la Pucelle ; il la trouve en compagnie du Roi : « Vous soyez le très bien « venu , lui dit Jeanne. Plus il y aura du sang de France '< ensemble, mieux cela vaudra, » Le lendemain, la Pucelle est à la messe du Roi, et, à la sortie, en présence du duc d'Alençon et de La Trémoillc\ elle a un long entretien avec Charles VII, qu'elle presse de plus en plus vivement d'avoir foi en elle : n Gentil Dauphin — c'est ainsi qu'elle appela le Roi a jusqu'au sacre* — Gentil Dauphin, lui dit-elle, pourquoi ne « me croyez vous? Je vous dis que Dieu a pitié de vous, de « votre royaume et de votre peuple, car saint Louis et Charle-