Le 28 mai , il conclut une trêve avec Jean de Luiembourg
3. Le 22 juin , Antoine de Vergy fut chaîné de soumellre Vaucouleurs.
1. Le 25 mai, les Franfais enlrfrenl au Mans; Us perdirent cette place presque aussitAt Vmr sur la tentative de certains babitants de Rouen pour firrer la «ille aux Frantais (en avril), Pierre Cochon, édil, de M. do Beaurepaire, p- 29S,
5. Le 7 février 1428, des lettres patentes ordonnaicut d'assembler des troupes à Dreui, sons les ordres de SuBbtk et de Willoughby, pour se joindre au duc de Bedford (Archives, KS3, n° 10). Le 21 mars, une endenlure entii: Henrï VI et SaUsburj l'églait les conditions auxquelles ie comte servirait en France. Rymer, t. IV, part, iv, p. 131.
6. Le duc de Bout^t^e était arrivé à Paris le 82 mai. • en habit bien descDgoeu; > il en repartit le 2 juin. Chronique anonyme, f. 180 ï° ; Journal d'un boargeoii de Paris, p. 225.— Dès le 28 avril, plusieurs membres du grand Constâl avaient quitté Rouen pour prendre part i cette délibération; ils séjournèrent ï Paris jusqu'au 17 juin. Stevenson, t. 11, p. 76. a. Moci»relet, t. IV, p. 291.
7. Traités des 16 et 17 juillet conclus entre le bitard d'Oriéans, au nom du duc son frère, et Suffolk et Bedford. Voir Fr. 203T9 (Gaignièrcs, 891), fol. ». U Coumot, p. 256.
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phiné, que le comte de Gommioges, gouverneur de cette province, lui laissa ravager sans opposer de résistance. Le 5 septembre, Salisbury était maître de Mcun ; le 8, il faisait son apparition sous les murs d'Orléans; le -25, il occupait Beaugency; après avoir soumis Marchenoir, La Ferlé-Hubert, Jargeau, Château-Neuf-sur-Loire, et s'être emparé le 7 octobre d'Olivel, un des fauboui^ d'Orléans, il mit (12 octobre} le siège devant cette ville, à laquelle un premier assaut fut donné le '21 octobre. Mais, trois jours plus tard, il était frappé par un boulet, et mourait le 3 novembre des suites de sa blessure. Cet événement donna aux défenseurs d'Orléans un moment de répit : Charles VII n'épai^^na rien d'ailleurs pour les mettre en mesure de résister à l'ennemi. Le siège se prolongea durant plusieurs mois. Uu convoi destiné à renforcer la garnison et k ravitailler la place fut attaqué par les Anglais, et la funeste journée des harengs (12 février), porta le dernier coup à la cause royale, privée de plusieurs de ses meilleurs champions.
C'est au moment où Orléans, enfermé dans un cercle qui se rétrécissait chaque jour davantage, semblait à la veille de' succomber, qu'un secours inespéré lui arriva : Jeanne d'Arc parut ; elle accomplit en quatre jours ce qu'avaient vainement tenté pendant des mois les guerriers les plus consommés. Arrivée à Chinon le 6 mars, elle était le 2S avril À Blois, à la tête des gens de guerre; le 29, elle pénétrait dans Orléans sans coup férir ; le 4 mai, elle attaquait les assiégeants, et les délogeait successivement de la bastille Saint-Loup, de la bastille Saint- Augustin et du fort des Tourelles; le 8 mai, les Anglais battaient en retraite : Orléans était délivré.
Une ère nouvelle se levait pour la France, Le bras de Dieu, qui lui avait si longtemps fait sentir le glaive de la justice divine, s'étendait sur elle pour l'arracher à une ruine presque certaine. Ce fut une suite d'éclatants triomphes : la victoire de Patay montra que, sous l'étendard de Jeanne d'Arc, les troupes royales étaient invincibles; la campagne de Reims attesta qu'aucun obstacle humain ne pouvait arrêter la Pucelle inspirée de Dieu. Auxerre, Troyes, Châlons ouvrirent leurs portes sans résistance : le 16 juillet, Charles Vil fît son entrée
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à Reims, où il fut sacré le lendemain. Le Dauphin, comme on appelait eocore Charles dans la moitié de la France, était enfin Ip Roi, et ce sceau, imprimé sur son front par l'onction sainte, valait pour lui toute^ les victoires '.
Au lendemain du sacre, toutes les villes voisines firent leur soumission. La marche sur Taris était naturellement indiquée ; c'est de ce cûté que Charles VII se dirigea tout d'abord. Il occupa Vailly le 22 août, Soiasons le 23. C'est là qu'il reçut la nouvelle de l'adhésion de Château-Thierry, Crécy, Épernay, GoulommJers, Provins, etc. Mais les négociations aussitôt entamées avec te duc de Boulogne empêchèrent qu'on se portât sur la Picai-die : de Soissons, Tannée se replia sur Château-Thierry et Provins. One démonstration militaire du duc de Bedford, du côté de Corbeil et Melun, tint l'armée en éveil. Mais Bedford recula, et Charles Vil continua sa marche rétrograde jusqu'à Bray. .Nous raconterons plus loin les péripéties de cette retraite, qui se termina par une attaque infructueuse sur Paris (8 septembre).
Durant le cours de la campagne, une trêve de quatre mois avait été conclue entre Charles VII et le duc de Bourgogne (28 juillet); elle comprenait les pays situés au nord de la Seine, depuis Nogent jusqu'à Harfleur, sauf les villes ayant passage sur le fleuve- Il n'avait fallu rien moins que les espérances fondées d'une réconciliation avec le duc de Bourgogne pour qu'on eût renoncé à poursuivre les bostUitéa dans le Nord. Les populations étaient admirablement disposées : non seulement dans les pays soumis à la domination anglaise, mais dans len possessions même du duc Philippe, toutes les portes étaient prêtes à s'ouvrir. Senlis, Creil, Pont-Sainle-Maxence, Beaovais avaientdéjàfait obéissance, eties villes de Picardie n'attendaient qu'un signal pour redevenir françaises '. Les Anglais, à bout
\. Pierre Cochoa dit (p. 301) en parlant de la umpagoe d'Orléans et de Reims : t Et conquil en deut mois ce que les Anglois avoient mis à coDipierre plus de trois ins. El cTCgnoil l'eo moût celle Pucelie; car elle usoil de soumissionï , eldlMiil (|ue se l'en ne se roidoit, elle preadrail d'assaul. > Il est en elTel très remarquable que, jusqu'à Etants, ou n'eut pas un seul »èga i txn.
t. ' EX pour veriU se il, atout sa puissance, fust venu k Sainl-Qui»ilia, Corbie, Amiens, AbbeviUe, et pluiseurs aullres fortes villes el foi^ cfaasleautx, la plus grand partie des habitans d'ycelle^ esiolent tous preti de le recevoir à seigneur, el ne desiroienl un
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de resBources \ défendaient mollement la Normandie, attaquée vi^ureiiâement par les troupes royales * et par des capitaines picards qui s'étaient déclarés pour le Bol : Aumale, Étrépagny, Torcy, Blangy furent soumis*; Évreux aurait été pris si Bedford oe s'était hâté de le secourir *; Bouen était à la veille de faire une nouvelle tentative pour secouer le joug anglais'; Paris même donnait des espérances de soumissioâ '. C'est là ce qui avait décidé le Roi à se porter sur Saint-Denis et à tenter une démonstration armée contre la capitale. Après l'échec du 8 septembre, Charles Vit revint à sa politique de temporisation : dans un conseil tenu le 1*2 septembre, il lut décidé que l'on se replierait sur la Loire, laissant dans les provinces récemment soumises un lieutenant général et une délégation du Conseil.
Ainsi l'occasion, qu'il aurait fallu saisir au lendemain du sacre, avait été perdue : la campagne se terminait par un échec.
monde aultfe chose que de luj tain obejtance ei plaine ouTerture. ■ Uonsirelel , 1. IV , p, 3S4. — I Sans coup ferir on venoil de taules pars lui bire obéissance, i Chartier, I. 1, p. 116. — ( El Tait k présupposer et eilimer que se loudis euist procédé avant, lost eutsi ceconqueslé tout son roiaulme , car les Englis et auitres ses adtersaires estoient ai esbahis et effeniiDei que à paines se os«ient amonslrer ne deftcndre la pluspart de euln. SUIS espérance de éviter la mort, fers par Aiir. ■ Chronique de Tournai, Aua la CoUeeJfon dei chnHiJfxei btlgei, t. III, p. M.
i. Dis te siège d'Orléans, les Anglais étaient à tiout de ressources. Hedford fit le sacrifice d'une partie de ses trésors; il ordonna à tous les officiers du roi de prtter un quartier de leurs gages. L'Angleterre ne pouvait plus rien loumir, appauvrie et divisée comme eUe l'était ; * Too niany discordant int«resls ivere now springing up aniong Ihc nobles and people or Eo^and le admit or a conceittrated exertion againal a distant enem;. v Beaurepaire, Us Était de Normandie, p. 31; Tumer. Niitory of Engtand, t. "
2. UoDStrelet dit que le connétable combattait à ce moment pour le Re.
(I? tv, p. !t35 et 353); mais le silence de Gruel fait douter de l'eiacUtude de c assertion. En même temps que quelques capitaines se portaient en Normandie, le cadet d'Armagnac élail onrojé pour inquiéter l'ennemi en Guyenne (/d., p. 33fiJ.
3. Les Allais avaient pourtant renTorcé les garnisons de toutes ces places. BeaurC' paice, Administration de la Normandie, p. 61.
1. Le traité de reddition devait avoir son cflet le 27 août; mais Bedrord vint tenir la Journée de la composition, et sauva la place. Chronique anonyme, (. 189 t°. CT. Monstrelet, t. IV, p. 353, et Beaurepaire, (. e., p. 6!.
5. Voir sur cette nouvelle conspiration, qui fUt découverte en septembre, t^usinot, p. 339; Chéruel, Histoire de /touen tous la domination angtaite, p. H; Ckronkiue normande de Kerre Cocbon , p. 998.
0. A plusieurs reprises les menées des royalistes av^ent excité les craintes du gouvernement. Les Rtfjittrei du Parlement montrent bien que l'attaque du 8 septembre ne flil tentée que dans la prévision d'un mouvement intérieur ; « Esperans par commocion de peu[de grever et dommagier la ville et les babitans de Paris, plus que par puissance ou force d'armes. . Cf. Monstrelet, t. IV, p. 356, et Vallet, t. Il, p. 117-118.
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1429 ÉVÉNEMENTS HIUTAIRE8 DÉ 1422 A 1435. 3S
L'effet produit par la teatative masquée sur Paris fut considérable. Mais ce qui compromit surtout tes résultats obtenus, ce fut que, loin de mettre les p^ya récemmeat soumis à l'abri de retours oiTeasifsde l'eunemi, le gouverDemeot royal fut Impuissaot à le3 protéger coatre ses propres soldats. Ëtait-ce pour se voir sans cesse menacés dans leurs possessions et dans leur existence que les populations avaient si facilement secoué le joug anglais? Charles Vîl fit ce qu'il put pour calmer leurs plaintes et pour les préserver du double ennemi qu'elles redoutaient si justement ' ; mais il n'était pas en son pouvoir de réprimer les excès de ses gens de guerre, trop souvent encouragés par ceux-là mfime qui auraient dû les punir. Cette désorganisation des forces royales et le manque de ressources finaucières expliquent la stérilité des opérations militaires qui suivirent la campagne de 1429.
Charles VII avait plus compté sur le concours du duc de Boulogne que sur la puissance de ses armes : les ménagements que cette politique lui avait fait garder allaient tooraer contre lui. Philippe, revenu à Paris le 30 septembre à la tète de ses gens de guerre, ne tarda pas à accepter, non plus seulement le commandement de la capitale, mais une lieutenance générale qui faisait de lui le véritable régent'. Il concerta avec Bedford le plan d'une camps^ne qui devait €tre reprise aussitôt après l'expiration de la trêve '. Une trêve illusoire et d'ailleurs fort mal observée; des divisions profondes à la Cour de France, réduite à l'impuissance par le manque de ressources financières ; des divisions non moins grandes au sein du gouveme-
1. Letlres aux habilanls de Troues, en date du '& septembre 11!9, et vi:i babiUnU de Reims, en date des 6 Janvier el t9 mars 1430; Practê de Jeanne d'Arc, l. V, p. 145; Un ebapilTe de l'Hiitoire de Troyet. par H, Boubol, p. 8-13, et ArdiivM de Beims.
9. •Lettres du 13 ociohre U39, conférant au due la lieutenance et gouvernement de Paris et des villes et baillages de Chartres, Melun, Sens, Trojes, Chaumunt-eii-BasEÎ|!ay, SalDl- Jangon, Vermandoia. Amiens, Toumaisis, Saint Amand el sén^bauseée de Pmithieu, avec pleins pouvoirs. Original. lUilanga Cotberl, 3B0, p. 53i. Cf. Reg. du ParUment, dans Felibien, t. IV, p. 591 ; Monslrelet, t, IV, p. 361-62, et Journal d'un boiirgtoii de Parit, p. ai. t Fui ordonna, dit ce denûer auteur, que le duc anglois de Bedfort seroil gouverneur de Nermendie, et que le duc de Bourgongoe serait ngent de France. > Pierre Cochon dit également : « Tirent appoinlemenl que ledit doc de Bourgongne serait ragent de Fmict et ledit regeni gouveroeroit Normaiidie (p. 305). •