Chronique allribuêe à Pereevat de Cagny
i. U Chninique de Pierre Cochon constate que le Roi avait ordonné aui troupes de respeder les geos du pajs, mais. ajouie-t'eUe, • c'esloient les variés au diable, ils ^soient plus que commandemenl, > Le Roi ajani appris que les Lombards el les autres gens de guerre étrangers établis i Btangj ravageaient la contrée, • leur fit mandement qu'ils s'en allassent, et ainsi lessitrenl la place, qui ta ung grand bien. » Édition Beiure-
5. U serait curieux, en étudiant la conduite des familiers du Roi et de ceui qui anient charge de coiir, de faire voir quelle indiscipline régnait pamii les capitaines j^acés à ta
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it>2 HISTOIKE DE CHABUa VII. 142a
siou de M. de Barante, Charles VII semble fuir les soucis de la royauté, encore qu'il n'en oublie pas les devoirs'; non que le sceptre soit trop lourd pour son bras, car il a su un moment le porter avec honneur, mais parce que la main de justice n'atteint pas ceux qu'elle aurait dû frapper. Toujours d'ailleurs même scrupule d'être juste envers tous, amis ou ennemis, même clémence à l'égai-d des rebelles, même empresseqieiit à récompenser les services rendus ', même soin à s'entourer 'les anciens
conseiller cl clianibeltan <lu Rot ; comme il le lit cacoi'e, sur la demande des habiUnis de Eteints, à l'yard d'un de ses écuyers d'^turie, ïon du Puj, capiMioe de Mais^ (lellrea du i't avril t43S, archives de Reims). Hais on se nioquail preii<|ue toujours des ordres royaiii. Il Tallul da temps rt une iol^tigable pcrs^i^rance pour que t'autoi il^ royale arrivai i se Elire respecter.
1, Hùloire det duc» rfe Hourgognr, 1. Mil. p. lOi. Celte observation de M. de Barante est vraie, en l'appliquant à l'i'iioque r|ui nuus occupe ; elle cesse de t'ftre à la date où il b place (CD 14fi6).
3. On peuirait citer de nomlireuses preuves de cette disposiUon. En voiii quelques- unes, prises un peu au liassrd dans notre Catatoijiit ilei aclei de Charlfi VII. — 1J3i, a décembre. Octroi & Regnault de Garges, frajer. pannelier du Roi, « pour lai aider à ravoir son Qlx deteau prisonnier par les Anglois, de la journée de Vei-nueil. i Piècti oHginala, 1S81 : Garces. — 14*5, 4 dA:cDihre. Don de tM I. I, à Dlanclie de Villiers, danie de Boardignj, qui, à cause de sa loyauté, a perdu tous ses biens et en considération de ses > necessitei et iodigences. " Piécrs originalei ; ViixiEns. — 1435, 39 décembre. Don de 200 I. l, i Gobault Danié en dédomm^enieut des grandes pertes subies par loi, spéci^emeal au siège de Guise, oA il Tut Tait prisonnier par les Anglais, qui rool tenu durant liuil mois, « en Ters, aux seps et en la fosse. >> Fiecet oriijinalrs. 970 : Danié.
— 1436, 35 janvier. Don de 3001. t. i Raymond Comajcrij, secn^laire du Roi, demeurant à Etéziers, en considération des pertes soulTertes peodant que la ville édil hors de l'obt^ sance et pour l'aider à marier une sienne lilli!. Piéett origlnala, 857 : Corn.uols.
— 1436, 11 février. Don de 100 I. t. à Jean de Valleran, éeuicr, qui pour garder sa lopuié, a abandonné tous ses biens et héritages. Pîree* originales : Vallehan. — 1426, 13 février. Don de 100 I. 1. i Adam de Qiiioy pour semblable cause. Pièce» ùtiginalei, 749 : Chizov. — 1436, IS novembre. Maintien de Eylies du Chaslar dans la possession de son office de garde du sceau k Saint-^ean d'Angely, nia^i'é la révocation faite aui Étals de Poitiers des aliénations du domaine, en coosidération de ce qu'il a eu une jambe cassée à La Roclielle, quand le planclter s'écroula dans la salle oii il se trouvait avec le Roi, et de ce qu'il est resté • moult débilité de sa personne. > Chartet royale», XIV, n" 48. — 14Ï8, 30 août. Octroi à. Guillaume de Valerinenges, écuyer, miné par les Anglais et fait prisonnier à Laval, pour l'aider au paiement de sa rançon. Charttt royale», XIV, n* 51. — 1430 (avant septembre). Don de 300 1. 1 à Miclielcl du Préau pour l'aider à payer sa rançon aui Anglais. Us. Ir., 7879, f. 2. — 1431, 31 avril. Don de .10 I. t. à Adeoet du Haniel, garde-buche de l'échansonnerie, et à Huchon de Bcrthecliiéres, gardien de retrait dudit oflice <15 livres à chacun), pour leur aider 1 vivre et \ nounir leurs femmes el enlànis dont ils ont grande charge. Piien originales, 1460 : Hahgi. (n" 33334). — 1433, 1" août. Don de 35 moulons d'or k Robert Le Charpentier, valet servant du Roi,ïiciimc d'une détrousse. Pièces originales, 686 : Charpe.vtieb (n° 16017).
— f432, 36 septembre. Don de 100 moutons d'or i la veuve d'Adam de Champgiraut, écuyer iraochanl du Roi, pour l'aider à soutenir son état et à nourrir ses enfants. Piicen originales, 663 : CHAHPCiBHin. — 1434, 36 avril. Don de 300 royaoi: d'ot 1
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1429 RËONE DE LA TRËUOILLE. 263
et fidèles serviteurs du trône : le bâtard d'Orléans , l'amiral de Gulant, le grand-maître des arbalétriers Graville, le maréchal de Boussac sont à titre permanent dans te Conseil ou la tête des armées * ; Gaucourt , qui a pris une grande part aux événements de 1429, exerce l'importante charge de gouverneur du Dauphiué, et est nommé capitaine de Chinon '; Barbazan, à peine sorti de sa loDg:ue captivité, est accueilli avec de vives démonstrations de joie, réintégré au sein du Conseil et investi du gouvernement de la Champagne '. Il faut ajouter malheureusement , à la charge de Charles VII , toujours même faiblesse, mêmes complaisances pour ceux qui abusent des faveurs royales et qui placent leur intérêt propre au-dessus de l'intérêt de la couronne.
La Trémoille figure au premier rang dans le chapitre des dons. Tantôt ce sont des chevaux qu'il reçoit en présent, tantôt de nouveaux dons ou subsides. Au moment même où le trésor est épuisé par les dépenses du siège d'Orléans, il se fait donner dix raille écus d'or pour solder les frais de sa rançon de Gençais*; de juin à octobre 1429, il reçoit des sommes considérables pour l'aider à s'entretenir et à payer les gens de sa compagnie ^ Après ta soumission de Cbâteau-
BartMleuij Boun'acier, Irésorier ou receveur ordimire en la s^njchau^e de Toulouse, pour raidcr i maiier une sienne lille. PUees originales, 473 : Gouiihai:if'ji. — 1434, 1" septembre. Don de ÎOO I. l. à Jean Havarl, en ri^compcnse de ses seiiices b et pour luy ïidei' à avoir la tie de lui, sa remme el niesnage. déboulez de leurs nativilei et eslans en iMstre obéissance pour acquiller envers nous leur loyautté. <■ Piéctt originales, 1494 : Havaht. — 1435, 14 avril. Don de 300 riipux d'or i, Jean Prieur, dll Maubruny, sommeiller de l'fchansonnerie, en dédommagement de certaine détrousse, monlanl à plus grande somnie, qu'il avait subie en venanl devers le Hoi pour le servir en son office. Cbarta roijates. \IV, ■■•> 8S.
1. Charltt VII tl u» tomeiUers. par H. Vallel, p. 11-t5, et actes de 1439-30.
3. Gaucourt Tut wimaii capitaine de Chinon le 27 octobre 1430; il était gouvemeurdu Daupliiné dis le 1" novembre U3S.
3. Barbaian, prisonnier depuis Meliin (17 novembre 1430>, était enrermé i Château- Gaillard, oii les Anglais l'avaient mis dans une c^ de Ter (Flolinshed, t. H, p. 1344, iA. hi-rol.) \ il rut délivré lors de la prise de celle ville par La Hire, le 34 février 1430. D se rendit aussitôt k Sully où était le Roi, qui, dit Derry (p. 383), < luy 61 grande cbire et fut bien joyeux de sa délivrance, et luy bailla la charge du gouvernement de Qiampagne. > Baj'baian reprit aussitdt sa place dans le Conseil.
4. Lettres du 7 février 1439; quittance originale de 35,333 t. 6 s S d. t. Cl^rambault, 305, p. 8763.
5. Letlr«s du 33 septembre 1439, poitant paicmenl de 6594 écus d'or et de 58901. \', t pour lui aider i entretenir ou service d'icelluî sragneur ou voyage Ëit i Reims pour le
Thierry, il reçoit sa vie duraat la jouissance des revenus de cette ville, et en outre les arrérages des impositions ainsi que le produit des confiscations prononcées sur les habitants'. En juillet 1430, lin droit sur le vin lui est attribué, pour une durée de vingt-cinq ans, au préjudice des bourgeois de Fontenay-le- Comte*. Il louche une somme annuelle de près de cinq mille livres sur le produit des aides^ Il a, comme grand chambellan, une pension de douze mille royaux, et de plus cinq cents écus par mois*. Son pouvoir est absolu; il a l'entière administration des finances du royaume, la libre disposition des forteresses, le gouvernement du corps du Roi- Toutes choses passent par ses mains, et c'est lui qui décide de tout'. Enfin, par un habile système d'alliances, il a su enchaîner à sa fortune les princes et les seigneurs', et il écarte tous ceux qui lui portent ombrage ', Au retour de la campagne du sacre, le Roi s'était arrêté un
&U de son sacre et couronnenicnl, el durant tesdit quatre inai«, mil bommes d'urnes et mil hommes de Irail qu'il aïoit en sa compagnie, en quoj lui avait convenu ^)rg et despendre à plusieurs cl diverses fois plusieurs cosses sommes de deniers; > lettres du 1" octobre, portant paiement de 340 ëtus d'or. Ms. (t. 7658, t. 40.
1. En considération des grands services rendus dans tes guerres, et nolaramenl dans la campagne du sacre, cl des grands Trais qu'il a eus pour l'enlretieu des gens d'armes et de Irait dont il a la eliarge. — K''')ntii», ardiives du duc de ta Ti'^moille.
i. lettres dn 3Î juillet 1430, lui atlribuanl un drwl de 10 s. t. sur chaque tonneau de vin passant par les aclienau\ de Luion. Chinipaigne, Sainl-Micliel-en-Laye el Sainl- Benolt. — VIdiniut, archives du duc de la Trëmoille.
3. LetU'es du il janvier 1435. U somme eucle ëhil de 4,760 I. 17 s. 6 d. I.
4. « Iltm, une Icllre du Roy de la pencion de (ea Mgr de la Tremoille de mille reauli fn Biuys. ~ Item, une lettre du Roy de la pencion dudil seigneur de la Tremoille de V escui par mois. > Inventaire dei lilrei dt Sully, di'essë en 1458. Archives du duc de la Tremoille.
5. • Le sire de la Triuiouillc, qui avoit seul el pour le loul te gouvernement du corps da Ro), de loules ses Onances el des forteresses de son domaine estons en son obéissance. > Chroniqne allribuée à Perceval de Cagny, année 1433, — Avec lequel esloit te seigneur de la Trimoulle, par qui toutes besongne^ se conduisoient quant à l'eslal du Roy. 1 Uonstrelel, I. V, p 73.
G. Nous avons mentionné plus haut le Irailë do 30 mai 1438 avec le duc d'Alen[an,et celui du S2 juillet suivant avec le comle de Clermont. Il faut citer encore un frailé du S8 février 14Î9 portant altiaoce avec le comte de Poix (voir fialMin de la Société de fhUtoire de Franet, 185»^, p. 43), el un traiU du 8 avril 1439 porUnt alliance avec Gilles, seigneur de Raii (voir D. Fonleneau, vol. Î6, p. 359, et D. Horice, I, II, col. 1339).
7. C'est ainsi que le maréchal de la Fayette, qui avait eu des déml!lés judidalres avec ■ Tremoille relativement i la succession de sa femme, la comlesse de Boulogne, fut mis i l'écart après Patay et ne prit point part à la campagne du sacre. Voir Ckroiiique dt Couiinol, notice historique, p. 0.
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U2it RÉGNE DE LA TRËMOILLB. "ilio
moment à Gien, où il avait liceocié Bon armée, et avait pris ensuite le chemio du Berry. Le 1" octobre 1429, il était à Sellés. C'est là que la Beinc, restée à Bourges depuis son di^part, vint le rejoindre '. 11 semblait qu'il dût aller prendre ses quiirtlers d'hiver à Bourges ou à Mehun. Mais, au lieu de songer au repos, nous le voyons faire, pendant six semaines, de continuels déplacements, dont la cause reste pour nous un mystère. Peut-être La Trémoille voolait-il l'arracher à l'influence de la Pucelle, qui, à ce moment, était envoyée à Bourges avec la . Reine, en attendant le départ pour l'expédition de Saint-Pierrele-Moutier. Toujours est-il que, le 6 octobre, nous trouvons le Roi à Montargis, sur le cheniin qu'il avait parcouru quinze jours auparavant en se repliant vers la Loire; le 11, il esta Loches, d'où il s'avance du côté du Berrypar Selles etVierzon. Mais le 30, il ef^t près d'Orléans, à Jargeau, et quatre jours plus tard, à Issoudun, en plein Berry. Ce n'est que le 13 novembre que Chartes Vil s'établit au château de Mehun-sur-Yèvre, ou il devait séjourner pendant deux mois '.
En février 1430, La Trémoille l'emmena dans son château de Sully. Les États de Languedoc y avaient été convoqués et les députés complimentèrent le Roi sur son sacre'. Charles reçut aussi le bailli de Troyes, qui lui renouvela les doléances déjà présentées à Mehun, en novembre, au nom de la ville, et qui repartit avec de bonnes paroles et des assurances de protection*. La Champagne était alors sérieusement menacée par la coalition anglo-bourguignonne, et le gouvernement royal se préoccupait de lui venir en aide. Dans une lettre du 19 mars aux habitants de Reims, Charles VU les assure que pour rien au monde il ne les abandonnera , mais qu'il les secourra de son pouvoir, « toutes autres choses laissées; » il leur annonce en même temps le prochain envoi d'une armée.
1. Déposilion de Morgiierile La Touroulde. Procès de Uannr d'Atr, t. 111, p. 86. i llin^nire.
3. Le ftoï étall k SuJIj le 23 février (lellres de ce jour). L"asseinbl(!e eut lien au commencement de mars. D. Vaissetie, t. IV, p. 475. Dans te counnl d'avril, le Haï se rendit i Jargeau, où il avait dt'jà séjnurné au commencement de février.
4. muoire ilt la ville. île Trnydt, par Boutiot. t. Il, p. 519.
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n SOUS chef bien agréable , » tellement que ceux qui veulent son bien en seront réjouis et reconfortés '.
Dès le mois de septembre i429, lors de la retraite sur la Loire, Charles VII avait écrit aux habitants de Reiras qu'il se proposait, après l'expiration de la trêve avec le duc de Bourgogne, et même plutôt si c'était nécessaire, de revenir avec toute sa puissance, pour « entendre et poursuir le demourant de SCS conquêtes et recouvrement de sa se^neurie *. » Le 30 avril, de Jargcau, il leur adressa une nouvelle lettre pour leur annoncer qu'il envoyait le maréchal de Boussac en , Champagne pour y réduire les places rebelles et diriger les opérations militaires '. Le 5 juin, il écrivit encore aux habitants de Reims, qui l'avaient mis au courant de la situation critique où l'on était de ce côté, et l'avaient supplié d'y porter remède. Il les remerciait des renseignements qu'ils lui avaient transmis et leur faisait connaître ses Intentions : il se proposait de donner un prompt secours à la ville de Compiègne et aux pays environnants, et pour cela il avait résolu de se transporter à bref délai dans la contrée, avec toute sa puissance, « Ne faites de ce quelconque doute , dit-il ; car pour chose qui nous doive advenir, ne vous abandonnerons ; et au regard du passage de nos gens, nous y avons fait et faisons toute diligence, et n'est autre chose quelconque où nous ni ceux de notre Conseil n'entendions chaque jour. » Le b&tard d'Orléans, ajoute-t-il, est déjà parti; les Écossais seront le 6 juin à Melun ; le maréchal de Boussac les suivra ; et huit ou dix jours après doivent arriver, avec toute leur puissance, Charles d'Anjou, beau-frère du Roi, le comte de Clermont, le vicomte de Thouars, le vicomte de Turenne et tous les barons des pays de par deçà. « Et s'il plaît à Dieu, conclut le Roi, vous entendrez de nous, et très brièvement, de si bonnes nouvelles que vous en serez très joyeux et reconfortés *. »