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gens de guerre qui devaient être employés sur les frontières du Maine et de l'Anjou, et il lit payer immédiatement au comte une somme de vingt-deux mille livres pour les frais de cette armée. La Trémoille promit foi et loyauté au duc et à son fils aîné le comte de Monlfort, et reçut du duc des assurances écrites d'amitié et de protection '.
U'nst peudant le cours de cette négociation que fui ilécou.crt te complot de Louis d'Amboise et de ses complices, André de Beaumont et Antoine de Vivonne. Gruel prétend que ces trois seigneurs furent attirés, par les amis de La Trémoille, dans uq guet-apens où ils auraient voulu faire tomber le connétable lui-même*; ce qui n'est point douteux, c'est que, durant une partie de chasse, les conjurés furent arrêtés. Ils furent amenés en présence du Roi, qui se trouvaitalorsau château de Loches'. Louis d'Amboise n'ayant pas été mis en prison, et le Roi ne l'ayant même point exclu de sa compagnie, en profita pour faire savoir à ses gens que le Roi devait se rendre à Saint- Aignao, et leur donner l'ordre de se mettre en embuscade sur son passage, en un lieu désigné. Le vicomte de Thouars espérait ainsi recouvrer sa liberté; déjà ses affidés étaient à leur poste, quand l'embûche fut découverte. Les trois seigneurs, poursuivis pour crime de lèse-majesté, furent conduits à Poitiers, où s'instniisit leur procès. Le Roi se rendit dans cette ville, et y séjourna pendant l'instruction. Par arrêts en date du 8 mai 1431, les trois accusés furent condamnés à mort, avec confiscation de leurs biens. Beaumont et Vivonne furent exécutés; mais La Trémoille avait ses vues sur Amboise, dont il convoitait l'héritage pour son fils Louis : la peine de mort fut commuée pour lui en un emprisonnement perpétuel , sauf le bon plaisir du Roi *.
1. D. Lobineau, t. i, p, 58.i ; DO. Moràe el Taillandier, t. I, p. 51!; acie du 22 février, aui archives de la Lairc-iDrérïeui-e, E 1SI.
2. GrucI, p. 3'1. — Le Lëiuoignaje de l'jcujer de RidienioDl est d'aulani plus suspecl que les projets qu'il prjle à La Traînaille sont démentis par les Taits que nous venons d'exposer.
3. L'iUnéraire du Roi permet de préciser la date : Qiarles VII séjourna à Loches du n au m novembre ii30.
i. Originaux aoi Arcliivis. J 366, n« 1, 2 el 3. — n j i à la Bibliothèque nationale àes copies dans Du Puy, *80, f. 5, 9 et 13; Brienne. 189, f. 39, 43 el M; Ms. fr. 16534 (Harlaï, 47), f. 51, 51 et 65 ; Ms. fr. 1593. f. 40 V, 46 v et 51, etc.
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L'influence souveraine de La Trémoille est visible dans ce procès; elle apparatl d'une façon plus évidente encore si l'on rapproche de l'arrêt du 8 mai un acte rendu la veille , par lequel le ^rand chambellan, voulant se mettre à l'abri de toute éventualité et sentant que, par un soudain retour de fortune, sa situation pouvait se trouver gravement compromise, se &t déliver un bill d'indemnité pour toutes les peccadilles dont il s'était rendu coupable. Spectacle étrange et ,à coup sur bien insolite, que de voir un grand dignitaire de la Couronne, parvenu au faîte de la puissance, solliciter de son souverain des lettres de rémission et se les faire publiquement octroyer !
Le sire de la Trémoille avait exposé au Roi que certains de ses " bienveilants et amis privés » lui avaient dit et remontré, à plusieurs reprises , que , au sujet de certains cas dont il faisait la déclaratiou, on pourrait lui donner" « coulpe et charge, » et qu'au temps à venir il ■ en pourroit avoir à besoingnier et à faire, et encourir en dangicr et dommatge, » s'il n'y pourvoyait et s'il n'en était déchargé. Les faits auxquels il faisait allusion étaient les suivants :
l" En 1416, La Trémoille s'était approprié, sous prétexte de se payer d'une somme de 10,000 fr. à lui due pour la solde de ses gens, et sur laquelle il n'avait reçu que 2 à 3,000 fr., « certaine grosse somme d'argent » qu'un receveur, Jean Cbartier, commis à recevoir une aide ou taille en l'élection d'Orléans, envoyait à Paris ; la somme et le receveur avaient été dirigés sur le château de Sully, et une « bateure » avait été infligée au receveur pour avoir dénoncé le « destrousseur; » 2" La Trémoille avait emprisonné l'évêque de Clermont, à cause de certaine somme d'argent et da certains meubles que l'évêque avoit pris sur les biens de la duchesse de Berry et qu'il prétendait lui appartenir, et l'avait enfermé dans son château de Sully, où il l'avait détenu jusqu'à ce que le Roi fût venu en personne le délivrer '; 3" Ënân, La Trémoille, une fois qu'il avait eu « grant auctorité et gouvernement » près du Roi, en
1. It s'agit de la priiie de Martin Gouge', évfque deClei'inoiit,(ipi<ri'c en juin UtB, sprès t'octupxtion de Paris par les Bourguignons (voir plus liaut, t. I, p. il'i). On lit i b suite de l'articulalioa de ce fait ; i Et aussi tàt la prinse dudil evcsque pour ce qu'il avoit
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avait proSté pour emprisoDoer des habitants de Limoges voulaient pas lui payer le prix de certain service qu'il le rait readu, et pour leur extorquer 6 ii 7,000 francs, « ou somme non guèrea plus grant. » Toutes ces peccadilles > remises au grand chambellan, ainsi que c touz auUres cas quelzcoùques qu'il pourroit avoir faiz, conunis et trez, et avoir mesprins » contre l'autorité royale, et aultres cas, soit qu'il ait empeachié de lever et recevoir uiers d'aides ou tailles en et sur ses terres, ou en avoir p sa voulenté sans ordonnance et appoinctement du Roi levées ou prlnses de deniers ou marcbandise,s ou denii icelles , montans ou avalans par devant sa place de Su quelque personne que ce soit, et de tous aultres faiz quelconques de prinses d'autres personnes que des nommées ou autres, par lui commis et perpétrez, poui conque cause ou occasion et en quelque manière que et à qui ce puisse touchier'. »
Il était difficile de pousser plus loin l'impudence. Et ] récompenser de ses «■ vertueux services » de la protecti gilante dont il entourait le trfine, aussi bien que des tiens délicates qu'il avait pour la personne du Roi Trémoille obtint bientôt de nouvelles faveurs ' , sans pri de l'accroissement territorial qu'allait lui procurer la sance des biens confisqués sur Louis d'Amboise, D'autri le connétable se voyait privé de Dun-le-Roi, qui faisait
machini! et conspiré te mal de la personne dudit sei|pieur de la Trémoille eiuic Irét chler tt féal couiin le conneslabit. > Il s'agit Ici évidemmenl du c ^'AntMgnac.
I. Arahives. JJ 177, pièce 180. — Ces lettres sont coniresignécs par la c par Cliristopbe d'Harcoui'l, le marédial de Sainle^Sevèi'c, Jean de Vailj et Junien «es deux derniers présidents au Parlement.
3. a Pour les grans, notables, proufBtables. agréables services que il nous a jncuscment en noz afTairos, à 1res grant diligence, peine cl Iravell de sa avecques les curialitei el plaisirs ï nous par lui Taiz, et que encore cliascun joi e«pei'ous que plus Rice, et en reconnaissance d'iceuli, > Lettres du 7 mai li31.
3. Letli'cs de mai U31, lui attribuant un droit lie tS dewcrs par pipe de i muid de sel passant, soit par terre, soil par eau, devant son cbdleau de Rochi Loire (V, 860.1, f. 111 v). Lettres du 25 août lui attribuant une somme de t: d'or pour le payemerl d'une robe de drap d'or, i lui donnée tors de son amb Bretagne. Le meute jour, le Roi lui lliisait payer 1,000 royaUï pour prix d'un < de poil liai. •> aairembaull, â05, p. 8771.
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276 HISTOIRE DE CHARLES Vil. 143U-31
du douaire de sa femme, et que des lettres de mars 1431 déclarèreut p<^UDi au domaine royal '.
Que devenait Charles VII au milieu de ces intrigues, de ces complota, de ces exL^cutiona? Il avait si^jourué pendant quinze jours à Montai^is, en novembre 1430. Déjà, au mois de mai précédent, le Roi avait donné à cette ville un témoignage de sa reconnaissance pour ses bons services et son invariable fidélité : voulant perpétuer la mémoire de l'héroïque défenso des habitants pendant le siège de 1427, de cette « vertueuse résistance » qui, disait-il, avait été « moyennant le fruit qui s'en estoit ensuivi, le commencement, eu cas pareil, de nor^trc premier bien et bonheur à rencontre de nos ennemis, » il iivail à. p(>iT)(^tuité exempté la ville de tous impôts, lui avait accordé le privilège de s'intituler Moniargis-le-Pranc, et l'avait unie à son domaine ' ; par de nouvelles lettres , où il rappelait les « grands et recommandables services des habitants, » il leur accorda divers privilèges '. D'autres lettres, données à Montargis, récompensent les services du vieux conseiller et • gouverneur » Hugues de Noé *, et du défenseur de la tour de Bombes à l'époque de la prise d'armes des princes , Philippe de Melun, seigneur de la Borde'. En même temps, le Roi pourvoit aux dépenses de sa maison ot de la maison de la Reine *, et il ordonnance diverses sommes à verser à son argentier, pour « certaines besognes de brodure » faites par son brodeur pour sa personne '. La fête de la Toussaint approchait: suivant l'usage, le Roi se lit faire à cette occasion a une grande et lont,'ue robe » : on acheta, moyennant six cents royaux d'or, « ung bel et riche drap dor de veluyau velulé hault et bas poil vert perdu à girons, bandes et feuilles d'or, « contenant
I, Onloiiaanrif, t. XVI, p. i6i. Dun, liii"!! que ne devant jamais *lre stçsrf du domaine royal, avait été àoaaé »o comte dv VVi)>inn. et, après le rciour en Ecosse de celui-ci, an comte de Ricbemont, < 1 rause cl pour l'aisoo du douaire de la duchesse de Guyenne sa rciumc. >