Monstrclet, t. IV, p. 37B; Cousinot, |i
3. Il panltnSt qu'on peu plus tard on acheta la soumission de cette place , dont le fapi- Uine était l'un des plus grands pillards du temps. Voir Vallet, t. II, p. 116.
1. ( Recommenefaei'enl Ani^ois très fort à conqufsler ce qu'ilz avaient perdu, d Fnacois à reperdre ce qu'ili avoient conqoesld. > P. Cochim, p. 315.
5. Le SI février. Chileau-Gaillard fui repris au mois de juin.
6. La Irève expirait à Ptiques (15 avril). Voir Monslrelet, t. IV, p. 378,
7. Le S mars, des teltres royales lui octroyaient les comtés de Champagne cl de Brie; le 9, une dflihéralion du ('oaseil était prisepuur lui faire pni'icriinmédiaicmcntl3,500niarc3.
8. D. Plancher, t. IV, p. 137, Dès le mois de macs, ta guerre avait recommence en' Bourgogîie.*
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1430 ÉVÉNEMENTS MIUTAIRES DE I42"2 A 1435. 37
même fixa à Péronae, au 15 avril, le rendez-vous de ses troupes dans le Nord ^ Le moment paraissait critique pour les Aoglais : une nouvelle conspiration se tramait à Paris, el d'aiidacieux coups de main avaient été tentés sur la capitale et sur Saint-Denis'; Barbazan, nommé lieutenant général en Champagne au sortir de sa prison de Cliâteau-Gaillard , se préparait à entrer en campagne. Dès le mois de mars, des capitaines bourguignons vinrent prêter main-forte aux Anglais dans l'Hede-Franec et la Champagne'; le 20 avril, Philippe ouvrit les hostilités par le siège de Gournay-sur-Aron^e*; de là il marcha sur Choisy, bientôt soumis, et sur Gompièf^ne (20 mai), qui devait retenir pendant longtemps les forces boui^uignonnes. Un corps d'année, sous les ordres du sire de Ternant, vint occuper rile-de-Prance , où Jeanne d'Arc luttait vaillamment, et où Charles VII obtint quelques avantagea, tandis que d'autres Bourguignons allèrent défendre la cause anglaise en Champagne, où Barbazan les tailla en pièces et s'empara de plusieurs places. Mais c'est k Compiègne que se concentra l'intérêt de la lutte. Jeanne d'Arc, qui, aprèssa tentative sur Pont-l'Évêque, avait couru au secours de la place, y fut prise le jour même de son arrivée (24 mai) ', et le duc annonça triomphalement cetteimportante capture'. Cependant la politique royale suscita bientôt de
i. Uonsirelet, t. [V, p. 37B.
2. Voir, sur celte conspirjUiwi 1res importante , les déUils réuois par M. Vaiiet, l. 11, p. t40-i1. LeB avril eurent lieu des exécutions iReg. du /■nrlemniret nolede H. Tueley, Journal d'un bourgeoit dt Paru, p. î!â). C'était le sîiième complot dir^é contre le gauvememeiit aillais. Les entrepiises sur Paris et Saint-Denis eurent lieu les SI et aSm^rs. Vallel.l. 11. p. 21!.
3. Monstrelel. t. IV, p. 365-67, et lettre des liabtbats de Reims du 15 mars, au» Archives de Reims. — Au comnieacemcnl d'avril, des Picards qui avalent pris ta croix de Saiul-André Tui-ent taillas en pièce par les français, non loin de Rouen. P. CochDD, p. 309.
t. Goumaj appartenait au comte de Clemioni , lieau-rrère du duc.
â, J^'est un point qui a été et qui reste encore très controversé que celui de savoir si Jeanne d'Arc fut trahie devant Corapûègoe, L'bistoire, après avoir longtemps admis la trahison, l'avait rejetée dans ces derniers Umps. RSceniiDeat, on a paru rerenir à l'ancienne tradition, corroborée par des Taits nouvellement mis en lumière. Voir Quidierat, mottVtaux aperfua,p. 11 et sui».; Wallon, Jeanne d'Arc, a"édil.,t, 1, p. 2i8 et sui».; Vallet, l. Il, p. 155elsuiv-, buIkUn de ta Société de l'hùtoire de France, 18GI-63, p. 113.
6. LeUre du 13 mai, datée de Coudun, adressée aux babitants de Saint^entin. Moreau, vol. 249 (,Chartfs et Diplôme!), f. 71; autre lettre adressée aux magistrats de Gand. Gachard, Doeumenlt inéditi, t. 11, p. Oî. M, Vallel fait remarquer que ta date est lautive,la Puc«Ue ajanl été prise le 2t, veille de l'Ascension.
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sérieux embarras à Philippe : le BOulèvement des Liégeois le força à réduire les forces engagées devant Compiègne et à quitter lui-ioéme le siège'. Jean de Luxembourg, aidé des Anglais envoyés par Bedford, continua de presser vivement la place ; la ténacité et ta vaillance des assiégés eut sa récompense : une année française , commandée par le comte de VendOme et le maréchal de Boussac, marcha à leur secours, traversa avec une singulière facilité les rangs ennemis , et procura (24 octobre) la délivrance de Compiègne '. La levée du siège entraîna la soumission au^oi de la plupart des places environnantes '. Des avantages non moins appréciables signalèrent la campagne de Champagne, où Barbazan s'empara d'un bon nombre de villes et défit (13 décembre) une armée boui^uignonoe *, et en Dauphiné , où une brillante victoire , remportée à Ajtthon
1. Voir CbasteUain, I tl, p. 57; Monstrel«l, t. Il, p. 39!. Dès le commencemenl de juin, Cnijr avail ilé miojé au E««)urs de Nuniir, menacé par les Liégeois. La mori du duc de ^baiit (Philippe, rrère de lem), surveoue le i août, hUa le départ de Philippe. Celte mort le délivrait à poiDt noiainé d'un 1res grave embarras : maiftf Wiis ses effbrts, un mariage avait été décidé witt le duc et Volaade d'Anjou, scsur de la Reine. A la Hn de juin le duc élait parti pour aller chercher sa Banrie; looih^ malade, il avait d(t revenu- à Lauvaiu, où une mort prématurée, causée par des eicès de jrunesse, l'enleva ai quelques semaines. C'était un péril sérieux que Philippe évitait par là, et de plusnnricbe héritage qu'il recueillait. Le duc de Brabant était le même Phihppe de Bourgi^e que nous avons vu plus haut, sous le nom de comte de Satnt-Pol, Qgurer k quaiorie ans, romnie gouvenieur de Paris, dans les événements de 11t9.
3. On a, sur ce Tait d'armes remarquable, àe curieui renseignenienls dans des lettres patentes du comte de Vemldme du SO décembre H30. Le comte avail fait vmu , s'il piiuvait procurer ta levée du siège, ou loul au moins secourir la place, de Tonder un service annuel et perpétuel en l'égUse Noire-Dame de Senlis, L'entreprise ayant pieinemenl réussi, cl la petite armée da oimie cl du maréchal , qui ne comptai! guère que !40 lances, ajant culbuté 3 k 1,000 ennemis et amené la délivrance de Compiègne, le comte, arcompUssant son Tceu, fil la fondation promise. Moreau, vol. U9, (. 99-
3. Ressons, Gouroay-sur-A ronde. Pont-Sainle-Maxeoce , BreteuiL, Gueitign;, etc. «Ce siège levé, dit la Chronique aaonunte bovrguignonne, donna ung grani corage aui gens da Roy Charles , et commenchèrenl à courir cl à prendre |daces à tous lès; et ilnablemenl reconcquisreni tout ce qu'ils avaient perdu en bi«i peu d'espace , excepté la ville de Soissons (fol. 503 v^. •
i. On prit d'abord Villenouve-le-Roi (ïonne), Trainel et Mérj (Aube), et Vitry-en- PerUiois (Marne) en juillet; on s'empara ensuite de Elar-sur-Seine , de Jully , de Saint- Liébaut, etc., dans l'Aube, et on assiégea (happes, dont le siège dura près de trois mois. Une année bourguignonne étant venue au secours de la place, tut défaite le 13 décembre par Barbaian, Berry, p. 381; D. Plancher, t. IV, p, iH-t3; Monstrelet, t. IV, p. 385; Bonliot, Un chapitre de VHUtoire de Troya, p. 13, 16, la, il. H. de Baranle, suivant l'ordre des f^ts tel que l'jndique Monstrelet (chap. lxhxv et aï), place l'affeire de la Craisette après celle de Cbappes. Un eiamen atlentif des èrénemeâU montre qu'elle la précéda.
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{11 juin} par le aire de Gaucourt et Rodrigue de Villaudrando 8ur le prince d'Orange, secondé par les troupes du duc de Savoie ', prévint un démembrement du Dauphiué et noua ouvrit le chemin du M&connais et du Hharolaia '. Le gouvernement royal avait aussi dirigé des forces en Guyenne pour y inquiéter l'ennemi', et le maréchal de Boussac, de concert avec Poton de Salotrailles , opérait en Vermandois, où le duc de Boulogne tenta, au mois de novembre, de prendre sa revanche de l'échec infligé à ses armes devant Compiègne. Quelques succès des Aillais dans l'Ile-de-France et la Brie, la perte de Ch&teau-Gaillard (juin), fuirent compensés par l'occupation de MeluQ (août) et de plusieurs places voisines. De toutes parts les populations se montraient fatiguées du Joug anglais et disposées à renoncer à un serment imposé par la violence.
L'année 1430 avait donc été favorable à nos armes. Malgré tous les etTorts des Anglais et la présence de leur jeune roi, débarqué à Calais le 23 avril ; malgré le vaste déploiement de forces du duc de Boui^ogne, on avait, sur tous les points, résisté aux ennemis et obtenu d'importants avantages *. Des chefs habiles et expérimentés étaient à la tête des forces qui ocëupaient les diverses provinces : Barbazan en Champagne , La Hire en Normandie, Boussac dans les contrées entre la Seine , la Marne et la Somme * se préparaient à pousser vigoureusement les hostilités et à poursuivre l'œuvre de la délivrance.
1. Dès le tDoia d'avril, Philibert Andrenet éuil envoya vers le duc de Savoie " pour fùn mettre sus certain nombi^ de gens d'armes du pays de Savoie pour venir au service de mondil seigneur de Bouigogne. s Qualriime eompU et, i. Regnmlt, âlé par M. CiDal, DoatmenU inédite pour êervir à l'hMoire de Bourgogne, t. 1, p. 499-
t. Une vigoureuse attaque sur le UAcounais siûvii cette expédition ; voir Casai , I. c. , p. 300,301, 303 el suiv.— M. Ouicherat a admirablenienl raconté ce beau fïH d'armes : Rodrigue de ViUandTtmdo , p. 43-50.
3. Par lettres du 3 juin, Rerre de Beaufbrl, vicooile de Tarenne, recat le mandat de soumettre, dans une p'artle de la tiuirenoe, les places occupées par les Anglais.
1. > Me oncques puis que le mntë de Salcebrj Rit Wi devant Orléans, dit le Jotimal (fun bourgeois de Pari* i la date d'avril U30 <p. 953), ne furent les Angloys en place dont il ne leur convint partir ï 1res grant damage ou 1 très paot honte pour eùlx. *
5. Barbaisn avait irfu, en mars, la charge de capitaine général et gouverneur dans les pays de Champagne, Bne et Laonnais (Berry, 381; Honstretet, t. IV, p. 111; Bonliot, I. c , p. 13). La Hire avait été nommé capilaine général en Normandie, au mois de décembre 1119, aussitôt *p^ la prise de Louviers iChronique anonyme, fol. 501);
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C'est contre le duc de Bourgogne que, au commencement de 1431, fut dirigé le principal efTort. En Normandie, dans l'ile-de- Prance, dans le Maioe, il y eut bien des eng^emeats partiels ' ; en Champagne, Barbazan poursuivit le coure de ses succès, soumit plusieurs places et défit un corps anglo-bourguignon ' ; mais c'est en Bourgogne, en Picardie, en Artois, en Cambrésis et jusque dans le comté de Namur que les coups les plus sérieux furent portés. Le propre beau-frère du duc Pbilippe, le comte de Clermont, dirigea en Boui^ogne les opérations, avec Jacques de Cbabannes pour lieutenant et les comtes de Montpensier et de Dreux (Charles d'Àlbret) pour auxiliaires. Le maréchal de Toulongeon, mal secondé par la noblesse du pays qui était lasse d'une lutte devenue odieuse à tous les bons Français, dénué d'ailleurs de ressources financières, se' vit enlever un grand nombre de places et demanda en vain des renforts à son maître. Philippe, inquiété dans le Nord par les Français, qui avaient pris Kambures, la clef du Vimeu, et plusieurs autres places, et qui ravj^reaient le comté de Namur, ne pouvait rien pour le protéger^ Il se plaignait vivement au
Baussac Tut, pir lellres du 11 navembre 1430, nommé lienleiiiuit général au delà de la S«iDe (Anselme, t. vn, p. ^^^).
I. LeUtird d'Orlëaus Ail envo)^, au mois de mars, i Louriers, peur résister aux AngUis et boir ( deui entreprises secrètes sur nos à\i emierois pour le bien de nous el de oestre seigneurie, > disent les lettres royales lui accordant, en dale du 3 avril, une gralhlcation de 1300 l-(Fontan)eu, 115-116}. A Ja Sn de Juin. Eii (ut saccagé par SaintraiUes. En mars, les Anglais prirent Gonmay-sur-Hame et Monlja)', et tentèrent, le siège de Lagnj {Journal d'un bouryeoU de Parti, p. ÎB3; c/. Monstrelet, I, V, p. H el27. qui place ces faits en mars 143S). — Diverses lettres 4u (toi du mois d'avril ruonlj^nl qu'on ne négligeait pas la lutte du edié des frontières de Guyenne.
i. Cette seconde camp^ne fiil d'abord signalée par le ravitaUlement de Laon (février) et la pinse de NeuviUe-en4>aannais; puis on s'empara de Vusincs (Yonne), de.Pont-«ur- Seine, du chlleau de Fougeon (Aube), d'Ervy (Aube) et de Sainl-Floreniin (Yonne). On assiégea ensuite Anglure, dont le si^e dura deiu mois, et qui hit pris au conimencement de juin, aprfe la défaite de 1,600 Anglo-Bourguignons venus au secours 'de ta place. Uonstrelet, t. IV, p. 11041; Berry, p. 363; Boutiot, t, c, p. 11, 16, 19-t3.— Charlier pairie d'une bataille entre 7 i 8,000 Anglo-Bonifulgnons et 3,000 Français, commandés par Sarbann, qui eut lieu 1 la Croisetie, entre Chilons et Notre-Dame^de-rÉpine. M. de Bannie ideotifle cette bataille avec celle qui se livra pour la délivrance d' Anglure ; l'examen lopograpbique ne me semble pas autoriser celte conjecture. Peul'.étre rette bataille (iil-elle livrée en Kvrier 1131 ; dans les premiers jours de ce mois nous voyons la ville de Chàlons demander des secours à Ti-oyes et au sire de Bartaian (Bouliol, p. 15).
3. Sur la guerre de Bourgi^e, vair D. Plancher, I, IV, p. 115, et Preut>es, p. Lxxxv; Canal, Dotmmeta» iniditi. etc., t. 1, p. 30»-3S5. — Sur la lutte en Picardie, en Artois, etc.. voir CAronJfue anonyme, fol. 508 v» 607, Monslrelet, t. IV, p. 431. 133 et 439; Chartier, t, I, p. 13S; D. Plancher, t. IV, Preuvea, p. lxxkv, etc.
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gouvernement anglais de ce qu'on lui laissait supporter ainsi tout le peids de la guerre. Les conditions de la lutte allaient lui être rendues plus désavantageuses encore : le duc de Lorraine était mort (2S janvier 1431), et son héritage devait être recueilli par l'époux de sa fille Isabelle, René, duc d'Anjou, beau-frère du Roi ; le duc de Bourgogne allait avoir un ennemi de plus sur sa frontière. Mais René rencontra pour compétiteur Antoine de Vaudemont, neveu du feu duc, qui prit le nom et les armes de Lorraine. Antoine avait toujours suivi le parti bourguignon : il fat soutenu par le duc. Le maréchal de Toulongeon se mit à la tête de son armée, composée de Picards, de Boui^uignons et de quelques auxiliaires anglais et savoir siens '. De son côté, Charles VII envoya Barbazan, avec un faible contingent, au secours de René, dont l'armée fut grossie par des auxiliaires allemands envoyés par le duc d'Autriche, avec lequel le Roi venait de conclure une alliance '. Les deux armées se trouvèrent en présence , le 2 juillet, à Bulgnéville ; la fougue de René triompha de la sage prudence de Barbazan : le , comte de Vaudemont battit René et te fit prisonnier; Barbazan fut tué dans la bataille*.
La défaite de René, la mort d'un si vaillant capitaine, portaient un coup terrible à la cause royale. Charles VII s'occupa immédiatement d'en prévenir les suites : le sire d'Albret fut chargé de remplacer Barbazan en Champagne, où Louis de Luxemboui^ était au moment d'attaquer le Rethelois; Regnault de Chartres et le maréchal de Boussac furent envoyés sur la frontière de Beauvaisis; le duc d'Alençon et le comte de Vendôme reçurent des commandements ; enfin le comte de Cleiimont reprit l'offensive en Boulogne avec une vigueur nouvelle*. Cette éuerçie, cette persévérance dans la lutte
< . Sainl-Renij dit qu'autre bon nombre de capitaines picards, le comte eut pour auxi> liaires ■ la plus graot partie des seignears, chevaliers et escu;r^ra de la duchié el coml^ de BotufongDe (l- II, p. 358-62). d
2. Lettres du 6 janvier U31. Lettres des B et 10 février 1433 aux capitaine et habitants de Ranis. Voir aux Piècrs juiUficallva.
3. Voir BeiTj, p. 3B3; Monstrelet, I. IV, p. 456 et sniv.; Chroi^ue anonyrae, rot. 508 eisuiv.; D. Plandier, t. IV, p. 149 el suiv,; Vallet, 1. H, p. 269 et sniv.
4. Lettre du SSjwIlet 1431, aui habitants de Ileims. Arduves de Reims. — Le 30 juia précèdent, le Roi faisail i^mbourser 4,000 1. 1. avance pour ttre employés poui le pasiHige
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découragèrent le duc de Boui^ogue, las de poursuivre à ses dépens une guerre ruineuse et sans issue, et qui le déclara très nettemeiit au gouvernement anglais'. Philippe se voyait en outre menacé du cOté de rÂ.llemagne , où Charles VII avait conquis de précieux auxiliaires; enBn le duc de Bretagne lui donnait l'exemple d'un rapprochement avec la couronne ' : aussi n'hésita-t-il pas à entamer des négociations qui aboutirent à une trêve de deux ans, signée à Ghinon le 8 septemhre 1431 '.
Pendant que les choses étaient ainsi en voie de paciâcatiou, les Anglais , renforcés par un corps de troupes déharqué à Calais le 30 juin , avaient poussé vigoureusement l'attaque dirigéepar eux contre Louviers.et.aprèsun siège de cinq mois, pendant lequel La Hire était tombé entre leurs mains , la place avait dû capituler (28 octobre). Les Bretons, dont Charles VII avait obtenu te concours, leur avaient fait perdre quelques places dans le Maine * ; mais, en Vermandois, ils avaient attaqué Beau- , vais, battu les troupes de Boussac et de Saintrailles, et fait ce dernier prisonnier'. Maîtres de Louviers, ils se préparaient k reprendre l'offensive. Ils n'étaient point d'ailleurs syatématiquemeat hostiles à des pensées de conciliation. Le conseil anglais en France sentait bien que la guerre allait devenir de
du duc d'Aleocoo, du comte de VendAme et du sire de Sainte-Sevire outre U rinère de Seine et pour le getours de Louviers (Ms. fr. 20103, fol. 33). Le 26 aofll , te Bai Ht payer 1,000 Htres i Gaocoorl qui venait vers lui avec ses gens de guerre (Piéeei originaki, 1898 : Gaucoubt).
t. Voir plus loin, chapitre n.
!. Cbarles vn élail en négodalimis avec le duc de Bretagne, qui en nrime temps avait Tail des ouvertures de paii générale au roi d'Angleterre, au lluc àr. Bourgogne et au duc de Savoie.
3. HitMre de Bourgogne, t. IV. Preuvei, p. utxxix. La Irève était conclue, duranl une période de deux ans, pour la Boui^t^e et les provinces envirnnnanles, avec tscalté d'y comprendre le Vermandois. 11 paraîtrait que d'autres stipulations ftirent faites, d'après lesquelles le Roi devait livrer non seulement les places du Retlielais, comme les lettres le portent, mais un bon nombre de places fort importantes, telles que Gravant, Jully, Mussy, Bray, Nogent, Mailly, Cliappes, Ville ne uve-l' Archevêque, etc. (Bouliot, I. c, p. 31)- On voit par là que te gouvernement royal, qui pourtant avait i ce moment pour lui les avant^es mibtaires, n'ipargnait rien pour ractliter un rapprochement.
i. Voir les lettres des !i septembre et 13 novembre 1431, prescrivant des mesures pour la reprise de ces places. Cr. lettres du 17 mai 1133, dans Stevenson, I. n, p. 801.
5. Vers le 18 août. Voir Monstrelet, t. IV, p. 133; Chartier, t. I, p. 118, et Journal «fun bourgeoU de Parii, p. S7S. Cf. VaUel, t. Il, p. 8i&-2i8. Saînlnilles hil étbangt contre Tilbot, prisonnier depuis la btitaiUe de Patay.
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143Î ËVËNSMENTS MILITAIRE DE 1422 A 143S. 43
plus en plus difScUe; que le temps n'étaîl plus oà l'on n'avait point à compter avec les forcée de l'ennemi, où l'on pouvait user de ses alliés sans réserve et sans ménagements. L'Allemagoe, qu'on avait eue pour amie, était devenue hostile; le duc de Bretagne, toujours prêt à se tourner vers le soleil levant, n'attendait qu'une occasion pour revenir à Charles VU ; le duc de Bourgogne se fatiguait d'une fidélité qui ne pouvait plus être assez grassement payée. Plus d'année à attendre d'Angleterre, où les divisions étaient toujours profondes; plus de finances à extorquer de provinces ruinées et dont tes habitants auraient volontiers secoué un joug odieux '. On comprend dès lors que le gouvernemeat anglais, voyant son meilleur auxiliaire lui échapper, dût suivre la pente qui poussait chacun vers la paix et se prêter aux négociations qui allaient s'ouvrir sous les auspices des légats du pape ; le 13 décembre fut signé à Lille un traité de pacification générale, durant six années, qui pennettait de travailler sérieusement à la conclusion d'une paix définitive.
Mais tandis que l'horizou politique semblait ainsi s'éclaircir, des conflits étaient survenus dans l'intérieur du royaume. Le démêlé persistant entre La Trémoilie et le connétable, que la récente condamnation de Louis d'Amboise avait ravivé, fut le signal d'une lutte armée, à laquelle furent mêlés, d'une part, le connétable et le duc, de l'autre, le sire d'Albert, envoyé de La Trémoilie. Cette guerre, où les forces royales étaient mises une fois de plus au service des mesquines passions et des déloyales intrigues du premier ministre, ne dura pas moins d'un an, et ne se termina que le 25 mars 1432 au moyen d'un traité signé à Rennes par l'entremise de la reine de Sicile '.
Gomme si ce n'était point assez de ces divisions intestiues, toujours si funestes à la cause royale, le duc d'Alengon avait également, sous un prétexte plus ou moins fondé *, gravement
l. L«s Anghis qui, in»]ue-là, avalent tté soumis à une sévère disciplioe, coniineiicaieni à i-avager dos provinces. Voir, sur h dépopulation «( la ruine de la Normandie, Chéruel, Rouen ttnu la domination anglaite, p. 116.
i. Original. Archive!, J ta, n* JOt.
3 U prétendait qM 1* duc De foubit pas liù payer le eolde de la dot de sa mère, Marit de Ereli^^.
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indisposé son oncie de Bretagne, en arrêtant son chancelier, qu'il avait enfenné dans son château de Pouancé ; et le gouvernement de Charles VI! avait eu le tort d'épouser la querelle du jeune duc'. Au commencement de janvier 1432, le duc de Bretagne, accompagné de son fils et du connétable de Richemont, vint à la t*te d'une armée où se trouvaient des auxiliaires anglais*, mettre le siège devant Pouancé, que le duc d'Alençon abandonna lâchement, y laissant sa femme alors enceinte, et sa mère. Deux mille Français, commandés par le bâtard d'Orléans et le sire de Gaucourt, vinrent au secours de la place, qui soutint un siège d'un mois*. Enfin l'intervention du connétable, les efforts d'un des plus habiles capitaines du parti royal, Ambroise de Loré, qui était en même temps maréchal du duc d'Alençon, amenèrent un accomodement * : le 28 mars 1432, au moment même où le traité avec le connétable se signait à Bedon [25 mars), le duc d'Alençon faisait à Nantes sa paix avec le duc de Bretagne '.
Malgré la perte de Louviers, les Français continuaient d'in quiéter l'ennemi en Normandie, où une courageuse entreprise tentée par Ricarviile le 3 février 1432, et qui le rendit un moment maître de la grosse tour de Rouen, échoua, faute d'avoir été soutenue*. Dans ie Maine, les Anglais assiégèrent (en avril} Saint-Céleri n, dont Ambroise de Loré les força à lever le siège, et virent tous leurs efforts annihilés par rhabileté entreprenante et les nises hardies de ce capilaine , dont les exploits rappellent les heureux coups de main du connétable Du (îues-
I. L'enlèvement eut lieu le 29 septembre 1431. Voir acle du Î8 nurs U32 <ArcbJve& du marquis de lla]lay-Caeti)uen) et chronique dite de Perceva] de Cagny. Cet épisode osl riconté arec détaiJ par M. Vallét, dans la iVouvrlJe biographU ginÉralt, art. Jea.N, duc d'Alençon, et Hintoire de Ckarte» VII, I. Il, p. ÎS6 et sniv.
3. Pour s'attacher davantage le duc de Bretagne, le gouvernement anglais lui avait donné, par Icilres du 7 janvier U31, le comté de Poitou. Cadeau facile et peu onéreux, puisque le Poitou était tout entier sous la domination du roi de France. Le 7 mars, le duc remercia Henri VI et lui promit de lui restituer dans vingt ans le Poitou, moyennant 200.000 fr.
3. Voir sur ces événements U chronique attribuée i Pereeval de ùgay, Gniel, p. 373; Chartier, t. I. p. 158; Monstrelet, I. V, p. 13; DO. Morice et raillandier, 1. 1, p. 504-505.
I. Traité du 19 féviîer 1133. D. Horice, Preuvta, t. Il, eol. 1348.