‹ Histoire de Charles VII (volume 3)Chapitre 222 sur 367 · Lettre diléc de ThuDon te SI mars. Id., ibid · texte numérisé non relu

Lettre diléc de ThuDon te SI mars. Id., ibid

G. Lcllre dal^ de Tbonon, le 27 mars. Id. ibid. — Par une autre lettre du mfmv jour, le duc demandait au Roi de donner honnc provision à l'aSàire du Valeotinois.

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^oug avoDS la réponse que fit le Roi, en date du -2-2 avril 1430, X communications du duc de Savoie. 11 lui faisait savoir s, " tant par révéreoce de Dieu, son Créateur, que pour ter l'ctTusioD du saag humaia <-t réunir sou peuple cl le ever des grands maux et oppressions qu'il a souffert et il souffre à l'occasion des guerres et divisions qui trop loDgips ont duré dans le royaume, » il avait toujours le désir de iclure la paix avec son cousin de Boui^ogne, et qu'il conitail à la prorogation de la « journée » d'Auxerre au l"' juin, ijoutait que rien ne lui avait fait apercevoir que les Anglais isent l'intention de traiter de la paix, car ils n'avaient pris ;une mesure pour faire venir en France les ducs d'Orléans ie Bourbon et le comte d'Eu, conformément à la convention ^liminaire qui avait été faite. Il répondait ensuite longuement c plaintes que le duc de Bnui^ogne avait formulées relasiiient aux violations de la trêve et au défaut de la remise ; places de Gompiègne et de Greil entre les mains de Jean Luxembourg, afin que le duc fût bien informé de la vérité'. lais l'espoir que pouvait conserver le duc de Savoie de voir enir la « journée « d'Auxerre, ne fut pas de longue durée. 2y mai, en réponse à une lettre du chancelier Rolin, il hii ivait : n Vous pouvez assez savoir que, pour les causes conues en la copie des lettres de Monseigneur le Roi Dauphin ; nous vous envoyâmes, que mon dit seigneur le Roi n'enra point de ses gens à la dite journée d'Auxerre ; et, pour dites causes, pareillement nous n'y irons point'. » tuelques jours après, le duc reçut une longue lettre de son 'eu de Bourgogne, datée de Venette-les-Compiègne, le 23 mai. li envoyai^ la réponse du cardin.il d'Angleterre à la commuation qu'il avait faite au Conseil de « Monseigneur le Roy, » itivement à la « journée » d'.\uxerrc ; il exprimait la crainte i « l'adversaire » n'eût point un sincère désir de paix, et Elit le duc de bien sonder ses intentions avant d'aller plus 1 ; car, disait-il, « si vous aperceviez qu'il n'eût telle volé, mais voulût bien procéder par fainlise. cmdèle ou dissi-

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mulation en celte matière, ne vous en veuillez travailler davantage ni plus avant donner peine ; car, vu que nous avons notre armée sus et toute prêle , grâce à Dieu bien puissancte el appoinctée de paiements pour grand et long terme, mon dit seigneur ni moi n'y voudrions point perdre de ten à y entendre sans cause. Nous sommes en ce cas, tout recc fortes de la guerre, et nous entendons, en tout événement, c la dite journée se tienne ou non , à l'aide de Notre-Seigm employer et conduire notre armée ainsi que Dieu nous adi nistrera, sans aucunement nous en déporter ni départir jusqi à ce que les besognes aient pris une autre conclusion par l'i ou par l'autre voie. « Philippe terminait en annonçant triomp lement à son oncle que, le 23, vers six heures après midi, assiégés avaient fait une sortie, et que « celle qu'ils appelleni Pucelle, 1) et plusieurs capitaines, chevaliers, écuyers et autr avaient été pris, noyés et tués. « Si ce vous écris, très cher très amé oncle, disait-il, pour ce que ne fais pas doute q bien vous viendra à plaisir. » Dan§ un post-scriptum , il ( mandait an duc, au cas où il jugerait à propos de tenir « journée, » de la transférer à Corbeil '.

Pour mettre le Roi pleinement au courant des dispositions duc de Bourgogne, Amédée VIII plaça sous ses yeux les lett qu'il avait reçues de son neveu. Charles VU répondit à ce communication, dans une lettre du 29 juin, avec beaucoup calme et de dignité. Il a lu les lettres par lesquelles le d l'informe que son cousin de Bourgogne a reçu de « celui qi Z-^ç^We son seigneur » des lettres, témoignant le désir d'« tendre à la paix générale du royaume ; que son cousin Bourgogne est dans les mêmes sentiments, et que si le I l'agrée, il peut s'occuper de la prorogation du jour et du chi du lieu. Le Roi ne peut que répéter, ainsi qu'il l'a écrit p] sieurs fois au duc, qu'il a toujours cherché par tous les moye possibles à assurer le bienfait de la paix à son royaume, e arriver à une réconciliation avec son cousin. Si ce résultat i point encore été obtenu, cela n'a pas tenu & lui, comme le d

t. Lettre dal^ de VeneUfr-les-Compiègne, le 35 mai. M., Mi.

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peut le savoir. Toutefois, puisque de nouveau son cousin el ses adversaires les Anglais se montrent disposés à traiter de la paix générale, et qu'il constate que son cousin ne veut pas conclure une paix particulière, il va prendre l'avis des seigneurs de son sang, sans lesquels il ne veut rien faire, et ensuite il fera connattre au duc ses intentions *.

Tandis que cel te correspondance était échangée entre Charles VII el le duc de Savoie, un grave incident s'était produit. Le duc de Boni^gne, qui ne songeait qu'à susciter au Roi de nouveaux ennemis, avait vivement pressé le prince d'Orange de faire en Dauphiné un acte d'agression auquel celui-ci s'était préparé de longue main. Le prince d'Orange, après avoir attendu quelque temps pour voir « le branle et la conclusion que prendraient les affaires du royaume ', » avait jugé le moment opportun, et était entré en campagne. Il s'était assuré l'appui des seigneurs Savoisiens, que le duc, suivant sa politique traditionnelle, laissa libres de s'enrôler dans son armée'; on dit même qu'un traité secret fut conclu avec Âmédée pour le partage éventuel du Dauphiné *. Mais l'halnleté et la vigueur du gouverneur Gaucourt firent trouver a» prince d'Orange une honteuse défaite, là où sa jactance se promettait un facile succès. Le duc de Savoie paya cher sa connivence secrète : sa noblesse fut décimée sur le champ de bataille d'ÂuthoQ (11 juin), oii la chevalerie du duc de Boui^ogne fut aussi cruellement éprouvée". Amédée put même craindre

1. Leitre dttée de Jarg«au le 39 juin, Id., Md. — Elle rut mnise an dm; pr i Le Lorrain > le 15 juillet.

3. Eipreseions d'une letlre du |irince d'Orai^ au duc de Savoie, en date du 16 aoAt U36. Choix de documents kiMtoriqva iniditt »ur It Dauphiné, par l'abb# U. Chevalier, p. 308,

3. Voir Souvenir» du régne £ Amédée V/!I, par le marquis Cesla de Beauregan), p. 69. Le chancelier Jean de BeaufTurL avail répondu aux ambassadeurs du gouverneur du Daupfaini Gaucourt, venus pour demander au duc de garder la neutralité, i qu'un des privilèges de It Doblesse de Savoie était de servir IndifTéremmenl ceui qu'il lui plaisait, et que la voie la plus sdre pour l'avoir de son cdié ^Uit de lui faire l'oCrrc la plus avantageuse. ■ Cf. Proeeum tuper inititia guerra Anihottii , publié par l'abbé Chevalier, Choix de docHmentt hittoriqua inèàUt sur le Dauphiné, p. 32i.

4. 1 El fui ain^ que le duc hmé de Savoye et ledit pnnce avoïent conclud vouloir ' avoir ledit pays : c'est assavoir ledit prince le pays de Yiennois, et ledit duc le pays de

Grenoble et les Honlagaes. » Berry, p. 379.

5. Berry, p. 380 ; Monstrelet, t. !V, p, Wl-WB. Cf. Souvenin du régne d^Amédie VIII, p, 75, et Rodrigue de Vitlandrando, par M. Quicheral, p. 48.

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un moment que les armes des vainqueurs ne ae tournassent contre lui.

Le Conseil de Charles VII avait trop longtemps voulu feimer les yeux : il fallait se rendre à l'évidence. Au lieu de négociations illusoires pour la paix, c'étajt la guerre, et une guerre acharnée qu'on allait avoir. On résolut de faire connaître aux bonnes villes cette rupture. A la date du 6 mai, UD manifeste fut rédigé au nom du Roi. On y rappelait la duplicité et la trahison dont, de longue date, s'étaient rendus coupables ceux du parti de I' « adversaire de Bourgogne. » Après l'avoir M amusé et déçu » pendant quelque temps par les trêves, « l'adversaire " levait le masque. Le Roi, qui avait toujours désiré la paix et qui avait fait, pour y parvenir, plus que son devoir, en prenait Dieu à témoin, et mettait ses fidèles sujets eu garde contre les agissements de l'ennemi'.

Au moment où les négociations ouvertes à Reims, en juillet 1429, avaient cette ficheuse issue, des pourparlers étaient engagés avec les princes allemands, et en particulier avec le duc d'Autriche, alors brouillé avec Philippe , et dont Charles VII recherchait l'alliance. Dans cette guerre qui recommençait d'une façon redoutable, la France ne pouvait pas, nous l'avons vu, compter sur laOastilIe, k la veille de conclure une trêve avec l'Angleterre (8 novembre 1430) *. En Ecosse, Jacques I*'' continuait à ménager le roi d'Angleterre. Une nouvelle trêve d'un an fut signée àLondres le Snovembre 1430', et, par un traité conclu à Edimbourg le IS décembre

1. < Et pour ce que Doslre dit idvers»re de Baurgougne, lequel après ce qu'il nous a par aurun temps amusé el deceu par trêves, seubï umbre de Immuw toj, parce qu'il se disait et atTeraioil aïoir looloir de parveuir au bien de paix, laquelle, pour le soutagemeDl de Boslre pouvre peuple, qui, à la desplaisance de noslre cuer, laat a souBerl el souffre chascuD jour pour le l'ail de la guerre, avons fort iesicé cl désirons, ne à dous n'a tenu ne ne tendra qu'elle ne soit, et nous en sommes mis en plus que nostre devoir, appellans de ce Dieu à lesn]0iDg, s'est, en moDsInnt bien cteremenl qu'il n'a eu ne a aucun vouloir d'enleodre ne de parvenir audit bien de pais, mais de loasjours ravori«erno: dix ennemis, mis sus à certaine puissanoï pour Taire guerre k rencontre de nous el de nos païs.el loyauii subgei, > etc. Donné à Compiègne : ■ Par le Roj 1 la relalion de son conseil estant de^a la rivière de Seine, > Archives Je Reims.

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