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1423 PREMIÈRES ANNËES DE RËGNE. §9
bien, vous envoyons encloux ea ces presenles la coppie de certaines lettres originales qui, le jourdui, nous ont esté apportées, faisans mencion, comme par icelles verrez, de certaine journée que a eue bien nouvellement beau cousin d'Aubmarle à rencontre des Angloys nos ennemis; et ber soir veiËmes autres lettres consonans à cesles. Lesquelles nouvelles pourrez notiffier là et ainsi que verrez à faire, en nous aussi certlfilant de celles de par delà, s'aucunes en y a qui facent k escrire.
Donné à Loicbes, le xxix" jour de septembre.
CHARLES. PiCART'.
Le 9 octobre, écrivant aux habitants de Tournai, le Roi entre dans de plus amples détails. H leur annonce qu'il avait entrepris de recouvrer la Normandie, où le comte d'Autnale avait pénétré fort avant, et qu'au début celui-ci avait livré bataille, le dimanche 26 septembre, près de La Gravelle, aux Anglais, au nombre de plus de deux mille combattants, lesquels étaient tous demeurés morts sur la place, sauf leur chef, qui était prisonnier avec quatre-vingts ou cent hommes. Cent ou cent vingt autres, qui s'étaient enfuis, avaient été si rudement poursuivis que la plupart avaient été pris ou tués. Les pertes des Français n'avaient été que de huit ou dix gentilshommes, et « peu de variez. » Le comte d'Aumaie poursuivait son entreprise, n Et de jour en jour, écrit te Roi, en attendons oïr d'autres bonnes nouvelles, au plaisir de Dieu. » 11 les avise ensuite d'une « grosse destrousse » faite en Boui^ogne, sur la frontière du Maçonnais, par l'amiral de Gulant et d'autres capitaines , où le maréchal de Touldogeon , le bailli de Gharolais et d'autres gentilshommes bourguignons, au nombre d'environ trois cents, avaient été faits prisonniers. « Et c'est bien Qostre entente, ajoute le Roi, Dieu avant, en suivant voslre bon conseil, de nous mettre sus à toute puissance, à l'entrée de la saison nouvelle, et d'aller par delà et jusques à Reims pour nous y faire sacrer et couronner, et pour réduire tous nos diz subgez rebelles, car aussi seront ce pendant venus
1. Édité ç*t M. Va)[cl lie Virivillc d:tns l'article Aimàle de la Xoavelte biographie gênirtile (t. III, col, '38), et dans twn Miiion de CousiDOI, p. 193, noie 4, d'après l'original, scdié du scel de secret, en m possession.
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devers bous beau cousin le conte de Foix, qui, par appointement pris avecques lui, nous doit amener mil chevaliers et escuiers, mil hommes de trait et mil targacH ; et aussi beau cousin le connestable de France, qui est pieça arrivé en Escosse, doit nous amener, od navire que pour ce lui avons fait délivrer, huit mille combatans dudit païs. Et par ainsi, Dieux avant, joint nostre autre puissance, pensons bien estre assez fors pour aller partout nostre dit royaume , et pour oster vous et les autres des dangiers où vous estes '. »
Un heureux événement vint, au milieu des tristesses du présent, faire luire un rayon de joie et d'espérance : le samedi 3 juillet 1423, vers trois heures de l'après-midi, la Reine donna le jour à un fils '. Charles s'empressa d'annoncer cette nouvelle à ses bonnes villes. On a conservé la teneur de ses lettres '.
De par le Boy.
Chiers et bien amez, pour eu que nous savons cerlainemenl * que greigneur joye et consolacion ne povez avoir que de ouir en bien de noslre' prospérité, vous signifions qu'il a pieu à Nostre Seigneur, de sa grâce et clémence, délivrer noslre 1res chère el Irea améc compaigne • d'un ires beau fllz, à sa bonne santé et de son dit entrent ">. De quoy nous avons * regracié et regracions Dieu nostre Créateur.
Donné à Bourges, le iii" • jour de juillet, l'an mil uii' sxiii, environ cinq heures apreS midi.