‹ Histoire de Charles VII (volume 3)Chapitre 3 sur 367 · Journal d'un bourgeois de Porit, p. 134-13!i · texte numérisé non relu

Journal d'un bourgeois de Porit, p. 134-13!i

4. Voir, sur ces carieiu indices d'oppositioD 1 la dominiitioD anglaise, llntrodiidion placife par M. d'Arboîs de Jiibainville eoUledc sun excellent /ni'enfuii'e dtf Archives ecdéiiastiques dt i'Aube (Trojes, 186t)-73, in 4"), p. vm. — Un lil à œ propos dans HoUnshêd (p. 585) : • And suei'lle Ihe dealli of iMs King Cbarles caused alteralions in France , Tor a great nianie of Uie nantie, whicli lierure, piiher for Tears of Itie Englisli puissance, or Tor Uiis King Cliaries {whose lulhorilie Uiey foUowed) Iwld on tiw English jiart, did now rtuolt lo tbe Dolpliin, with ajl indevour la drive Uie Énglish nation out or the Ti'cncti lerri-

5. Voir Jean CIjarlier, t. 1, p. U, et Kaoulet, dans Oiartier, t. Ill, p. 171-75,

G. ' En ce temps tes A^jlois prcnoient aucunes foys une forteresse sur les Anuimli au nalin, et si ili en pailaieiit aucunes ibys deux au soir; ainsi durait iR guerre de Dieu niaaktite. t Joitmal d'un bourgeois de Paris, p. 190.

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Dèe lors, ceiiendant, des pensées de pacification se firent jour, et il ne dépendit pas du gouvernement royal qu'elles n'aboutissent à un résultat favorable. Mais le moment n'était pas ,veDu; le duc de Bourgogne était encore tout Anglais : à ce moment même (14 janvier), il écrivait aux villes de son obéissance pour les prémunir contre les démarches de Charles VII ' ; il négociait le mariage de sa sœur Anne avec le duc de Bedford, et jetait les bases d'une étroite alliance dans laquelle devaient entrer, avec lui, le duc de Bedford et le duc de Bretagne, définitivement acquiS à la cause anglaise. Le duc Jean VI , cntrajné par son frère le comte de Richemont et malgré l'opposition des États de Bretagne, se rendit à Amiens, où divers traités furent signés entre les trois pi inces. Le comte de Foix et son frère le comte deComminges entrèrent en même temps dans l'alliance anglaise.

Pendant que se formait cette ligue redoutable, le gouvernement royal continuait énergiquement la lutte. Satisbury , qui s'était avancé jusque dans le Vendômoia, fut repoussé et refoulé en NormanHie '. Un coup de main heureux fit tomber de nouveau Meulan au pouvoir de Charles VI! (l" janvier 1423) ; assiégée aussitôt par Salisbury, la place dut capituler le 1*' mars, sans pouvoir être secourue par une armée qui s'était avancée pour la dégager, et que de fâcheuses divisions, survenues entre les chefs, réduisirent à l'impuissance '. Plusieurs places (Mont- Ihéry, Marcoussis, etc.), qui étaient revenues à l'obéissance royale, se rendirent également. A Paris, une conspiration,

1. Moreau, vol. 248 {Charlet et diplâmei), î. 58, d'apris l'oiigiiuil aa\ Archives de Sainl-Qu«otio.

. 2. Cou&inot, p. 190.

3. C'est aloi's qu'appai-ul clairemeat l'anardiie qui repliait dans i'amiée française , où l'inlroduction des aunliaires élraagers D'avnii fait qu'alimenter le désordre «I les rïvstiUs. Le grave auteur de la Geite da nobles ne raënage point ici Tanguy du Clustcl : il nous - b: montre s'arréUnl à Orléans pour faire finaitetê, envoyant en atant les Écossais, puis, sans s'occupci' du paiement des gens de guern, employant l'argent obtenu > en ses usages, tant en acliat d« vaisselle comme de joyaulx et pierrerie. » Son corps d'armée se débanda, tandis que les troupes qni s'étaioit portées sur MeuUn battaient en retraite après des dissensions survenues entre leurs chefs. Cette de* noble», par Cousinot, p. ItW-W; (iichon, p.-291 ; Monslrelet, I.IV, p. W\ Journal d'aubourgeoli de Pari*, ^. 18%.83; Chronique anonyme, Ms. fr. 23018, I. 433. Cet auteur évalue à t4,000 hommes les forces royales, tandis que Monsirelet ne parle que de 6,fi00 hommes. Voir lettres de (partes VII du 1 evrier 1433, aux Piécet juili^ivu.

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i422-23 ÉVÉNEMEMS MILITAIRES DE 1422 A 1433. 13

Douée (décembre 1422} pour remettre la«apitale aux maios de Charles VII, fui découverte ; mais l'importaDce des personnages compromis attestait la gravité du mouvement \ Dans le Maille, l'Angoumois et la Picardie, les hostilités se poursuivirent avec des chances diverses '. En Guyenne, Bazas, que les Français occupaient en plein pays ennemi , fut attaqué sans succès et délivré par une armée commandée par Guillaume d'Albret '. En Cliampagne Prégent de Goëtivy, en Nivernais le maréchal de Séverac continuèrent la lutte avec ardeur. Mais Salisbury, nommé gouverneur général de Champagne et Brie, réduisit bon nombre de places entre Nogent et Troyes, et, aidé de Jean de Luxemboui^, qui, après une rapide expédition en Laonnais *, était venu se joindre à lui, refoula Coêtivy jusqu'à Uoiizoa, aux limites de la frontière des Ârdennes '. Eu Pouthieu, Jacques d'Harcourt, dont les courses incessantes ne laissaient pas à l'ennemi un moment de répit, fut vigoureusement attaqué par les troupes anglaises du pays de Gaux. Forcé d'abandonner Rue et Noyelles, il vit bientôt (24 juin) assiéger Le Crotoy, où il avait planté si courageusement la bannière royale. 'Quelques mois plus tard, d'Harcourt était obligé de capituler, et prenait l'engagement, s'il n'était secouru, de livrer la place le l*"" mars 1424 •• A. la même époque [vers le 24 juin 1423) les Français s'em-

1. Vuir Moiialrrtel, t. IV, p. 135, et Chronique <inonvni<, M^. Tr, iSOtS, t. 341. Au

nombre des boui^eois se trouvait un personnage luriable, Micliel LaJIIet'.qne lleori V aviil compta parmi sas adhji'ents (voir Bréquign)', ^vol. 80, t. S!5 v>). Ceiiaiiu^ Airent décapités; les autres Aireai bsums cl virent ieurs biens cunOsqués.

3. Voir Cousinot, p. 9(1 ; lettres de Charles VU du !0 juin 14i3, poui' la garde de dérense de l'Ai^ouniois. — Rendei-vous avait été assigné aui troupes royales dans le» pivmiers jours de mai. Extrait» dei re^ttre* det Comùux de Tountai, i, U, p. !8,

3. V(Hf tes letties de Cbarles VII du !0 mai 1121, ordamianl de payer 3,000 livres tournois pour les frais de la joumée de Baus. Piâa originales, îl : Albret,

4. Voir Monstrelet, t. IV, p. 136, M. J, Le Fizelier a consacré à cet épisode un ai'licle dans la Rtvue Mtloriqut tt orchiologique dn Maine, t, I (1876), p. 28-43.

5. Monslrelet, t. IV, p. 151; Berry. p. 369; Cousinot, p. 214.

Q. Après avoir soutenu cette lutte contre l'inv^ion anglaise de la façon la plus brillante. Jacques d'Harcourt Huit misérablemenl. Voyant qu'il n'avait plus rien à faire en Pontliieu, il réalisa sa fortune, s'embarqua, et alla s'établir en Aqiou, dans le dessem de continuer à y servii' U cause royale. Mais en voulant forcer son oncle, le sire de Partbeuay, à embrasser le parti de Cbaries VII. il se prit au piège qu'il lui avait tendu, et fut mis à mort par les gens du sire de Parihenay, au moment où il allait faire celui-ci prisonnier. Voie M. Villet, t. I, p. 397 et suH.

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14 HISTOIRE DE CHARLES Vil. 1423

parèrent de Gravant ; mais ils furent bientôt forcés de rendre cette vlile aux Boui^uignons. Charles VII fil alors marcher de ce côté l'armée qui devait aller en Champagne porter secours à Goëlivy. Les ennemis, kleurtour, s'avancèrent en armes : une bataille s'engagea le 31 juillet. I-ca l-'pançais y furent battus, et subirent des pertes considérables'. Cette victoire, saluée à Paris par des feux de joie', ne semble pas avoir amené de résultats bien importants. Laguerre se poursuivit en MAconnais, en Champagne et eu Laonnais. Dans le Maine un brillant succès vint même dédommager le parti royal : le comte d'Aumale défit et tailla en pièces, près de La Gravelle (26 septembre], une armée anglaise commandée par Suffolk *. Remontant ensuite jusqu'à Avrancbes , il investit cette place , parcourut toute la contréejusqu'àSaint-Lô,etnese retira qti'avec un riche butin, ramenant comme prisonnier le frère de' Suffolk. En Picardie, Compiègne fut emporté par escalade le 10 janvier 1424, etL'Isle- Adam, venu pour reprendre cette ville, fut forcé de battre en retraite, après avoir subi des pertes considérables *. Établis à Compiègne, les Français purent reprendre l'offensive : ils s'emparèrent de Creil, pillèrent toute la contrée, et poussèrent leurs courses jusque sous les murs de Paris '. Dans l'est, les hostilités, un moment interrompues par les négociations entamées avec le duc Philippe sous les auspices du duc de Savoie, reprirent au mois de février 1424 : l'Auxerrois fut menacé, et Antoine de Vergy, nommé capitaine général à la mort de la duchesse douairière de Bourgogne *, eut à protéger la Bourgogne contre de nouvelles attaques '.

t. Voir sur ces fails MoDstrelet, I. IV, p. 157 et suiv.; Saint-Renï, éiiU MariDd, l. U, |t. 76-19; Berrj, p. 369; Cousinol, p. 21i; Wiïrin. p. !iO, «Tel auiv., Ole. W. le précieux recueil de M. i. Stevenson, ùittra and Papera illiulTative of (fte wars o{ Ike Engliih in France during Ihe reign of lltnry the êixik, King of Engtanil (London, 1863-64, 3 val. gr. mS'), I. Il, p. 385.

2. Journal d'un bourgioia de Paris, p. 187, Il y eut aussi procesaioos sur protestions. Jd., ibid., note 3.

3. Voi)' Cousinot, p. 21i-3t6; CharUer, l. 1, p. 33-37, Bory, p. 370; Gai' dtt noblu, p. 193; Croniequea de Sormendie, p. 7i, etc.

i. MûBSlrelel, I. IV, p. i'I; Fcnin, p. 210; Journal d'un bourgeois de Paris, p- 192 ; Geste des nobles, p. 191; Chronigue anonyme, l. c, f. 415 v; .^s. fr. 1485, p. 396.

5. Le Joumat d'un bourgeoit de Paris conilatc (p, 192) qu'à re inomeat les arminaUétaient • hardii > et • enlreprenans. a

B. La duchesse mounitle 23 janvier 1421.

7. Les lettres nommuit Aaloine de Vcrgy câpiuinc général sont du 97 janrlei' 1424.

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14i4 ÉVÉNEMENTS MILITAIRES DK 1422 A \A'i"t. IS

Dans le nord, les Anglais, qui faisaient peser sur la Normandie des chaînes iocessantes et mineuses ', reprirent l'of- ■fensive. Compiègne fut assiégé en mars, et capitula au bout de trois semaines'; de février à mai, La Fère, Montagiiillun, où Salisbury fut retenu pendant de longs mois, Wiège, Oisy, Neale, Sézanuc, Châtillon, tombèrent en leur pouvoir '. Le Lyonnais avait été un instant menacé par Salisbury, et le Roi dut envoyer, pour protéger la contrée et pour rassurer les habitants de Lyon, d'abord le maréchal de la Fayette, puis Charles de Bourbon, avec des forces imposantes*. GaiUon, un moment au pouvoir des Français, fut assiégé au commencement de mai, et repris le 8 juillet, tiuise et Iviy furent investis : la première de ces places tint pendant pliis de cinq mois (6 avril- 18 septembre); la seconde ne tarda pas à capituler*. Le gouvernement royal se décida à secourir Ivry. Un traité conclu avec lo duc de Milan et un nouveau secours d'Ecosse permettaient de disposer de nombreuses recrues étrangères'. Une année, composée d'environ vingt mille combattants, s'avança jusqu'à Nonancourt; mais, au lieu de se porter, comme on l'avait projeté ', sur Ivry, où lé duc de Bedford était établi dans une très forte position, ou marcha vers Verneuil, dont on s'empara par ruse *. Le 17 août, Bedford, qui venait de prendre

Voir sur les boslUilés, Hitloire de Bourgogne, l: iV, p. SS, et preunit, p. Xxivli et soiv. C'.esl 1 (ort que l'auteur de celle Hliloire (et M. de Baranle le suit ici, comme toujours, aveugUmeat) préiend qu'on violait la Irève ; cette trêve n'eiislait pas, cooiine on le verra plus loin dans l'eiposi} des aRâires diplomatiques.

1 . Voir fieaurepaire, La Était de Sonaandie loiu la domination anglaiu, p. 1 9-23.

2. MoDSirelel, I. tV, p. 176; Feuiu, p. 212; Chronique anonyme. I. c., t. iKI.

•i. MoDstrelel, t. IV, p. 151, 179, 181, 186-87; FeDiD,.p. S09, 212, 213; Chronique anonyme, f. 439, iil, M9; Journal d'un bourgeois de Parit, p, 193; Cette des «obUt. p. 195.

4. Lettres de Charles VIE aux habitants de Lyon, en date des 29 mars et b avili 1424.

5. Chronique anonyme, !. 447; Croniequea de Normeadit, p. 70 et 2S9; Pierre Cochon,- p. 293; Monstrelet, t. IV, p. 186; Beaurepaire, Adminitlration de la Normandie, p. 48; Ms. Ir. 4485, p. 280-82. 292-94, 401-403.

(i. Par lettres du 24 avril 1434, Chartes VII avait retenu les comtes de Oou|las el de Buchau pour le sei-vir avec 2,500 hommes el 4,000 archers du pa^s d'Ecosse. Compte de Hemon Ragmer, dans le Ms. fr. 20684, p 541.

7. La n Journ^ d'ïïry » devait se tenir le 14 août. Voir D. Villevieille, Titres oriijinaia-, 23, n- 464. Cf. Cousinol, p. 197.

8. Voh' Cousinot, p. 223; Cette des nobUi. p. 197; CbarUer, t. I, p. 41; Ranulet, 1. III, p. 185-87 ; Beiry, p. 371 ; Chronique iTAlençon, dans Du Qiesoe, 48, etc.

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16 ' HISTOIRE DE CHARLES Vil. ' 1424

possession d'ivry, parut à la lête de quatorze mille hommes, parmi lesquels se trouvaient des milices communales et des nobles normands et picards'. La lutte fut courte, maisf acharnée * : une attaque vigoureuse des archers anglais décida la victoire. Les pertes des ennemis s'élevèrent à environ seize cents hommes; les nôtres à plus de sept mille ^ Au nombre des morts se trouvaient les comtes d'Aumale, de Buchan, de Tonnerre et de Ventadour , le vicomte de Narbonne , le sire de Graville, etc. ; parmi les prisonniers, leducd'Alençon, le maréchal de la Fayette, le sire de Gaucourt : l'armée française était comme décapitée.

Un tel désastre devait entraîner pour la cause royale des conséquences irréparables. Désormais, il n'était plus possible de lutter à forces ouvertes : on devait se borner à défendre pied à pied ses positions. Vemeuil fut occupé le 18 août par les Anglais qui, se croyant déjà maîtres du comté du Maine, s'en partagèrent les terres à l'avance *. En Picardie , une ligue des seigneurs contre la domination bourguignonne, qu'avaient provoquée les procédés altiers et despotiques de Jean de Luxemboui^, fut aussitôt comprimée n*r une vigoureuse répression' ; et le mouvement en faveur de Charles VU, qui, sur divers points , n'attendait pour se produire qu'un succès des armes françaises,

1. La plupart des seigneurs picards rurent emoyéi, suus les ordres de l'Isle-Adani «t de Mml^, au siège de Neste. Wavrin, I, I, p. 961. — lin certain nombre de nubles nurmands et picards refusireol de comluttre les Français , et ■ se rendiienl fugiUfs. u Mimslrelet, I. IV, p. ii'. Cf. Wavrin, p. iU; Fenin, p. 3S3, et Chronique anonyme, t. U9 ï°.

2. ( Je vey Tassamlilée d'Azincourt, ou beaucop avoit plus de princes et de gens, et aussi de Crèvent, qnj fut une très belle besoi^e ; mais pour certain celle de Vcrncul fui du tout plus à redoubler et larniieuk combatue. > Wavrin, 1. 1, p. Î63.

3. Les éialuitians des contemporains varient beaucoup; ainsi, d'après Fenin, les Français auraient perdu 4,000 hommes; d'après Berry, 1,500; d'après le Journal d'un bourgeoi» de Paria, 9,000. M. Vallet évalue les perles des Anglais à 1,000 hommes, et celles des Franrais ù plus de 9,000. J'ai adopté les évaluations de Wavrin, témoin oculaire, caiTabûrdes par un curieux document publié dans ta Chronique anonyme (fol. tâl), savoir une lettre de Eledrord i Jean de Luxembourg, datée du 19 août, a en nostre oost devant Verneuil, > où on lit : k Auquel furent mors, de la partie d'iceuli anemis, \iy Ji° et LXii pei'sonnes. • Bedford ajouUiit : « Et y a demouré bien peu d'Eseochois qui ne soient mors. «

i. Voir Dtclaratio ifominomni, terreriim el tenementontm ifaforuni aoliariit ijenlium Anglica nalionis pro torum bono gtilit apuil l/elluni de Vemejlle eonlra Franeos. Stevenson, Letttn and Poperi, etc., 1. 11, p. [hSO].

5. I]c fut plus encore le désire de Vemeuil que les répressions sanglantes de Ltitembuurt qui arrêta ce mouvement.

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s'arrêta soudain '. Guise capitula eaân le 18 septembre, et le 4 pctobre La Hire signait le traité de redditiou de Vitry '. En même temps, Suffolk était chargé de réduire les villes du pays ChartraiD, de la Be'auce et du Gatinais qui tenaient encore pour le Roi, et le dnc de Bourgogne prenait l'offensive en Maçonnais et en Charolais, où il s'empara de plusieurs places '.

Cette diversion de Philippe fut presque aussitôt arrêtée par une intervention nouvelle du duc de Savoie qui, tandis que son neveu réduisait une à une les forteresses du Roi, avait repris les négociations, et promulgua, le 28 septembre, une trêve de sept mois, conclue de concert avec les ambassadeurs de France et de Bourgogne, d'une part pour le Nivernais, le Donziois, le Charolais et le M&connais, de l'autre pour le Bourbonnais, le Forez, le Beaujolais, le Lyonnais et la partie du Maçonnais appartenant à Charles VU *. Pendant ce temps, le Roi s'avançait vers l'Anjou, où des négociations, préparées de longue main par la reine de Sicile , devaient s'ouvrir avec les envoyés du duc de Bretagne. Le 19 octobre, il était à Angers; le lendemain, le " comte de Richemont faisait sa soumission, et s'engageait à servir Charles VIL

Au milieu de ces négociations, de graves affaires s'agitaient entre le duc de Bourgogne et le régent anglais. Gomme l'a remarqué un judicieux érudit, la France, que les Anglais avaient "mise, à Verneuil, à deux doigts de sa ruine, allait devoir son salut à un Anglais*. Leduc de Glocestèr, le plus jeune des frères de Henri V, marié à Jacqueline de Hainaut, revendiqua hautement les possessions qu'elle lui apportait en dot. Depuis plusieurs mois Bedford s'efforçait en vain de conjurer l'orage;

1. \ Paris, une sédition contre les Anglais éUil au DHuneDl d'éclater (Journal d'un bourgegiM de PaHi, p. 200). En Normandie, OÙ le sentjnteni français «lait encore puissant , on atmit vn se lever res seigneurs qui , ï la veille de la bataille , avaient abandonné Bedfbrd, croyanl i un éctiec de ses armes (Fenin, p. fH ; llonstrelet, t. IV, p. 19).

'2. Voir Uonstrelel, 1. IV, p. i99 et !06. U donne le traité de capitulation de Guise, ipii pori^ûl qoe la viUe devait être rendue le 1" mars UÎS, si elle n'était secourue.

3. Beaurepaire, AdminUtration de la Normmdie, p. 48; //(gloire de Bourgogne, 1. IV, p. 93, eipreuvu, p. xuti. '

i. Hittoire de Bottrgogne. t. IV, preuves, p. xuv. Cf. p. 93-9*. Sauf le Lyonnais er le Maçonnais, tous ces pa'j& formaient l'apanage du duc de Bourbon.

5. Slev«aEOD, Lelttn tmd Papen, etc., Introd., 1. 1, p. xt.vti.

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enfÎD, le 17 octobre', Glocester, qui avait pu impunément enrôler sous sa bannière les troupes destinées à combattre la France, débarquait k Calais avec Jacqueline.

Le due de Bourgogne quitta son duché en toute hâte et ae rendit à Paris. Là, au milieu des fêtes auxquelles donna lieu le mariage d'un de ses familiers, Jean de la Trémoille, et à travers les joutes et les galanteries', furent traitées entre le duc et Bedford les afTaires les plus délicates.. Philippe fiteittendre des plaintes très vives sur l'agression de Glocestcp. Bedford envoya message sur message à son frère, qui, sans tenir compte de ses avis, ou peut-être conformément à un plan concerté entre eux *, marcha sur le Haina'ut, l'occupa presque sans résistance, et reçut le serment des habitants*. A cette nouvelle, Philippe -donna l'ordre de repousser Gfloceeter à main armée.

Au moment où ce conflit éclatait, le duc de Bourgogne venait de célébrer en Bourbonnais son mariage avec sa tante Bonne d'Artois , veuve de Philippe de Bourgogne , comte de Nevers, tué à Azincourt. Du Bourbonnais, le duc s'était rendu à MAcon, où il s'était rencontré avec le duc de Savoie , Charles de Bourbon, le comte de Richemont et les ambassadeurs de France, Rien ne fut conclu à M&con ; mais les bases des négociations qui devaient remplir les années suivantes y furent jetées. Tout ne semblait donc pas désespéré pour la"cause royale : car si les Anglais avaient été victorieux sur les champs de bataille, ils semblaient à la veille de subir de ^'raves échecs sur le terrain diplomatique, et la diversion du HaJnaul laissait à nos

i. Cette daie est éuULB.contrairemenlirassertkiD de M. Valid (qui place le déturqucnienl du l" au 4 octobn;), par un docuni«nl puhlW par M. Slcvpuson, I. c, l. U, o. 397. Cr. ParliculariU» curieiaei «ur Jacqueline de Bavière, comteue de Hahmut. Mode, 1838, 10-8°. p. 71-13; Fr. tos Laher, Jakobaa von Bayent imd thre Ztit. Nardlagen, 1863^,3 vol. in-«*.L II, p.HOetsuiv. elUi; Beilrœge sur Gaehichte der JacobiM vonBastm, dans le Recueil de l'Académie rojale de Bavière, Hisloére, I. X (1865-66).

% Voir sur l'iotrigue du duc avec la comtesse do SalisbuJif , FeniD . f. iH. (^. Mons- Irelel, 1. IV, p. 309.

'i. CctiaiDs ducunieots leadraienl i Taire tixiue que Bedford et Glocesler ti-aniaienl i ce moment un complot contre le duc; nous discuterons plus loin la i-ia\il( de rc complot, que M. Vallet seiiiUe admettre il. 1, p. 133).

i. Us 1 novembre, GIOMsier ^lait devant Mons; le i" décembre, le» Étals de Hainaut s'assembl^enl; le i, ils ddctduent que Glucester serait reçu comme souverain: le 5. le dur. prêtait sennent ranime comte de Hainaut. Voir Parliculanlés c p. 75-78.

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1424-29 ËVÉNEUENTS MILITAIRES DE 142'2 A 1435. 19

armes ud moment de répit. Dès le 30 jaavier 1425, une protongatioa Se trêve élait stipulée par le duc de Savoie, et cette trêve fut renouvelée succeasivement, de façon à faire cesser presque entièrement — en droit, sinon en fait, — les hostilités entre Charles VII et Philippe du côté de la Bourgogne : désormais les forces royales étaient libres de se concentrer sur les points menacés par les Anglais.

.\u commencement de 1425, d'autres négociations, poursuivies depuis plusieurs années avec le comte de Foix, et prolongées ,à dessein par sa déloyauté intéressée, arrivèrent enfin à leur terme. Après avoir semblé se mettre déiibéremment au service des Anglais, lors du traité d'Amiens, le comte, moins d'un an plus tard, chai^eait un juriste d'apprécier la valeur des engagements qu'il avait contractés (5 mars 1424); il Unit par accepter les offres de Charles Vil ; par lettres du 6 janvier 1^5, le Roi l'investit, avec pleins pouvoirs, de la lieulenance générale en Languedoc et en Guyenne au delà de la Dordogne '. Dans le courant de l'année (août), lecomte de Foix amena au Roi un corps d'armée considérable, destiné à combattre les Anglais en Normandie; mais l'indiscipline des soldats gascons rendit ce secours plus nuisible qu'utile à la cause royale '.■

A la tête de ce mouvement qui rassemblait autour du trône toutes les forces du royaume *, se plaça un homme auquel la Providence semblait assigner un grand rôle : le comte de Rîchemont reçut à Chinon, le 7 mars 1425, l'épée de connétable *. Le nouveau connétable prit immédiatement des mesures pour assurer l'exercice de ses hautes fonctions : il convoqua à Selles tous les gens de guerre pour procéder à une refonte complète de

1. Le Koi élail aloi-s ù Espally, à l'assemblée ilcs Étals de Languedoc. Le cnnite i-eful ta taèim temps une peDsion (le i,000 livres par mais; le 13 Tévrier, un traité, conclu à Maiires par l'évAque de Laon, Guillaume de Meulhon, et Thierry le Comte avec Gaston de Fou, râlait tous les points de détails; le 35 février, le comte prêtai! serment.

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