Lettres du 6 décembre 1429. Archives de Grenoble, B
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rhûtçl de la Beinc et de ses enfaats, au moyen dHiQ impât extraordiaaire sur le produit des greniers h sel du; Languedoc '.
L'Mstoire de l'agriculture, du commerce et de riodustrie, durant les treize premières années du règne de Charles VII, n'est guère que l'histoire de la misère publique. Les traits en sont épars daus les chroniqueurs qui euregistrent les cris de détresse des populations, dans les doléances présentées au Boi par les États généraux ou par les villes. La guerre qui se poursuivait sans relâche, les ravages des gens de guerre, l'absence de sécurité dans les communications, la difïïculté des transports, tout se réunissait pour apporter de perpétuelles entraves à la culture des terres et au négoce. Sur beaucoup de points les moissonneurs ne pouvaient rentrer leurs récoltes, ni les voituriers circuler sur les chemins sans avoir une escorte. On hésitait à mener les bestiaux aux p&turages. Les gens d'armes occupant les garnisons, qui auraient dû protéger les populations rurales , empêchaient souvent toute culture et répandaient autour d'eux la terreur. Les pauvres laboureurs en étaient réduits à abandonner leurs maisons et à se réfugier dans les villes, où ils vivaient de la charité des habitants ; parfois ils voyaient ceux-là même qui les avaient dépouillés venir vendre sous leurs yeux le produit des vols et des rapines. Quand les pillards ne trouvaient plus rien, ils mettaient le feu aux villages. Trop souvent les malheyreux paysans qui, fuyant devant l'incendie et la ruine , arrivaient « à grands troupeaux » devant les villes, s'en voyaient refuser l'entrée : on so bornait à leur distribuer aux portes, moyennant ûnance, dit pain et du vin; ils devaient s'estimer heureux si on Leur olfrait un asile dans les hôpitaux, mais pour une nuit seulement : dès le lendemain ils étaient impitoyablement renvoyés'. Il résultait de cette cruelle situation, se prolongeant du-
1. Lettres du i avril U33. Pléctt oriijinales, ÎOSO : Nova». Cf. loUres du S7 ami UM. Chartes royales, XIV, n° 81.
■2, Vmren particulier l'Ilalotre de Trof/ea, par M. BwiliM, 1. Il, p. 553, 535, 538,
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l'administration du roi de bources. 641
rant tant d'années, un renchérissement des vivres qui plusieurs fois alla jusqu'à la disette. Les épidémies, moins fréquentes toutefois qu'avant, 1422, vinrent encore ajouter aux maux dont on soutfrait. Les années 1431 à 1433 furent particulièrement funestes sous ce rapport. A partir du mois de mars 1433 sévit une sorte de peste qui dura près d'une année '. « Le peuple est tant destruit et tant povre, disaient les conseillers du duc de Bourgogne dans un mémoire adressé à leur maître en 1432, que plus ne peut ; ei encore cette fois y survient très grraad faulte et chierté de vivres , par especial de bleds et de vins, par quoy est chose comme impossible d'avoir aide d'eux". »
Tfous avons une ordonnance du Roi, en date de novembre- 1422, réglant le prix des vivres, denrées et marchandises dans la ville et la chàtellenie de Poitiers : le vin, la viande, les cuirs, la volaille, les fruits, la cire, Tacier, le fer, le chanvre, te lin, la laine, le drap, les harnais, le bois, le charbon sont compris dans ce règlement, où l'on fixe également le prix des charrois , des salaires, de la confection des vêtements, etc. Les denrées et marchandises non taxées dans l'ordonnance devaient être mises « à prix raisonnable d par ceux qui seraient commis à cet tSel, > selon la disposicion du temps et nécessité du peuple, en gardant tousjours le bien et proufit de la chose publique, par manière que la marchandise se puisse conduire et que le peuple puisse vivre*. » Une autre ordonnance du mois de janvier 1425 réduisit le prix des vivres dans le Languedoc *.
Le gouvernement royal prit des mesures pour favoriser la sécurité des transactions. Dans ce but, des lettres de sûreté furent délivrées k certains marchands : ordre était donné à tous justiciers, officiers, serviteurs et sujets du Roi de donner aux porteurs de ces lettres un libre passage, et de les laisser circuler « paisiblement et plainement » par les bonnes villes , cités, châteaux ou forteresses, ponts, ports et passages, soit
1. Jaurnal d'un bourgtoUde Parit, p. 362-63 el Î95. â. HUtoIrt dt Baurgognt, t. IV, pretivet, p. cmi.
3. Archiver, X<' 8604 , (. 35. — Ce daeanient a Hé poblié dans le lome I d« ArMvti hiatoriquts du Poitou.